Élections 2026: Le contrôleur de l’État met en garde contre le risque d’ingérences étrangères
Matanyahu Englman a notamment évoqué les cyber-menaces en provenance de l'Iran et les multiples exemples d'Israéliens qui ont été recrutés par Téhéran
Alors que les prochaines élections auront lieu dans moins d’un an, le contrôleur de l’État Matanyahu Englman a lancé une mise en garde, mardi, affirmant qu’Israël n’est pas préparé à faire face à d’éventuelles ingérences étrangères dans le cadre des élections. Il a expliqué que de telles ingérences étaient susceptibles de porter atteinte à la confiance des Israéliens dans les élections elles-mêmes et dans leurs résultats.
Englman a notamment évoqué les cyber-menaces croissantes en provenance de l’Iran et les multiples exemples d’Israéliens qui ont été recrutés par Téhéran pour mener des missions d’espionnage au sein de l’État juif. Il a appelé le gouvernement à prendre des mesures pour remédier à ces problèmes inquiétants.
« Nous devons reconnaître que des influences étrangères peuvent émerger et affecter notre processus démocratique », a noté Englman dans un discours qui a été prononcé lors de la Cyber Week, un sommet organisé par l’université de Tel Aviv.
« Pendant l’année électorale, les menaces s’intensifieront et elles pourraient compromettre le processus démocratique, entraînant le chaos le jour du scrutin, sapant la confiance du public dans le système électoral, influençant les électeurs et faussant les résultats – avec une perte de confiance, de la part des citoyens, dans le dépouillement et dans les résultats, une aggravation des divisions sociales, etc. », a-t-il averti.
Englman a indiqué que son bureau menait actuellement un examen de la conduite du gouvernement face aux influences étrangères dans le domaine numérique, et il a affirmé que des lacunes « importantes » ont d’ores et déjà été constatées.
« Les instances gouvernementales et la Commission centrale électorale doivent reprendre leurs esprits et améliorer leur état de préparation afin d’empêcher toute influence étrangère dans le processus électoral qui doit avoir lieu en Israël, l’année prochaine », a-t-il poursuivi.
Selon la loi, les élections doivent avoir lieu avant le mois d’octobre 2026 – date à laquelle le gouvernement actuel doit terminer son mandat de quatre ans. S’exprimant lors de la même conférence, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett a promis de faire de la lutte contre les cyberattaques une priorité s’il revenait au pouvoir, évoquant un « Cyber-Dôme de fer », en référence au système de défense antimissile très vanté d’Israël.
« Imaginez que l’Iran infiltre secrètement Israël avec un million d’experts en cyberattaques, qui pénètreront dans tous nos systèmes et qui sèmeront le chaos en Israël », a indiqué Bennett. « Ils sont en mesure de fermer les hôpitaux, d’effacer toute l’épargne des clients dans les banques, de fausser les résultats des élections ».
Si l’Iran devait intervenir au cours du scrutin, cela ne serait pas une première. Au début de l’année 2019, à l’approche d’élections très disputées qui devaient s’avérer être les premières d’une longue série, des pirates informatiques iraniens avaient, semble-t-il, piraté le téléphone mobile de Benny Gantz, qui était alors le principal rival du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Les pirates informatiques n’avaient obtenu aucune information classifiée en piratant le téléphone de Gantz, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne. Mais l’incident s’était produit après que le Shin Bet a mis en garde contre le danger d’ingérences étrangères dans les élections, à la suite de cas similaires qui avaient été signalés aux États-Unis et en Europe.
L’avertissement qui a été lancé par Englman a été l’un des rares messages de mise en garde à avoir été prononcés lors de la conférence de l’université de Tel Aviv. Yossi Karadi, le chef de l’Administration nationale de la cybersécurité, a noté, dans son discours, que les cyberattaques devaient être au cœur de la prochaine guerre d’Israël.
« Nous arrivons rapidement au point où la prochaine guerre commencera et se terminera dans le domaine numérique, sans qu’un seul char ou avion ne décolle », a-t-il affirmé, qualifiant un conflit potentiel de ce type de « première cyberguerre » d’Israël, selon la chaîne d’information N12.
Un tel scénario pourrait impliquer, selon lui, un « siège numérique » – dans lequel des centrales électriques seraient fermées, des systèmes de communication et de transport coupés avec, potentiellement, des systèmes d’approvisionnement en eau qui pourraient être compromis.
Il a confié qu’il y avait eu 1 200 campagnes d’influence visant les citoyens israéliens, des campagnes qui avaient visé à semer la peur et la confusion pendant la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran au mois de juin dernier, a rapporté la chaîne. Il a également évoqué une cyberattaque contre l’hôpital Shamir qui avait eu lieu le jour de Yom Kippour, que les autorités israéliennes avaient attribuée à l’Iran.
comments