Élections anticipées le 9 avril: Netanyahu veut toujours une coalition de droite
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Élections anticipées le 9 avril: Netanyahu veut toujours une coalition de droite

Le gouvernement annonce que "tous les partis" ont décidé d'organiser des élections "au terme d'un mandat plein de quatre ans", sur fond de discorde sur la conscription des haredim

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset le 21 novembre 2018 (Crédit ; Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset le 21 novembre 2018 (Crédit ; Yonatan Sindel/Flash90)

Sur fond d’une série de crises de la coalition et de délibérations sur une éventuelle mise en examen du Premier ministre Benjamin Netanyahu, tous les partis de la coalition au pouvoir en Israël sont tombés d’accord pour la tenue d’élections législatives anticipées début avril 2019, a annoncé lundi le porte-parole du Likud, le parti de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les législatives devaient normalement se tenir en novembre 2019. La décision de dissoudre le Parlement a été prise par esprit « de responsabilité en matière budgétaire et pour l’intérêt de la Nation, les chefs de la coalition ont décidé, à l’unanimité, de dissoudre la Knesset et d’organiser de nouvelles élections au mois d’avril, au terme d’un mandat plein de 4 ans », a ajouté ce porte-parole au nom de tous les partis de la majorité.

Les médias en hébreu annoncent que le scrutin devrait probablement se tenir à la date du 9 avril.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein a déclaré avoir convoqué les chefs de la coalition dans son bureau après l’annonce de dissolution du gouvernement.

Il a ajouté qu’il invitera par la suite les chefs de l’opposition afin de fixer une date pour la dissolution de la Knesset « dans les plus brefs délais ».

Cette décision de convoquer les Israéliens au urnes survient un mois après la démission d’Avigdor Liberman de son poste de ministre de la Knesset. Avec le retrait de parti Yisrael Beytenu, la coalition au pouvoir ne dispose plus que d’une seule voix de majorité (sur 120) au Parlement.

Au pouvoir depuis près de 10 ans, Benjamin Netanyahu éprouve aussi de grandes difficultés à faire voter une loi sur la conscription des ultra-orthodoxes juifs dans l’armée, à laquelle s’opposent deux partis religieux de la majorité. La Cour suprême a fixé au 15 janvier la date limite pour le vote de cette loi dont l’adoption a déjà été reportée à deux reprises.

L’annonce des élections résultera probablement en une nouvelle prolongation.

Le Premier ministre est par ailleurs menacé d’être inculpé pour « corruption » dans trois affaires, à la suite d’une recommandation de la police en ce sens. Le procureur général Avishai Mandeblit a annoncé qu’il prendrait une décision finale sur ces dossiers en 2019.

Réactions

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman a été le premier à réagir à l’annonce des élections.

« Je félicite les chefs de la coalition pour leur décision d’organiser des élections anticipées », a déclaré l’ex-ministre de la Défense, qui a démissionné le mois dernier. « Ce qui est le plus important pour la nation israélienne, c’est un gouvernement nouveau et stable », a-t-il ajouté.

Il a souligné qu’il espérait que le gouvernement adoptera le très controversé projet de loi sur la conscription des haredim avant les élections.

Tamar Zandberg, présidente de Meretz, dirige une réunion de faction à la Knesset le 7 mai 2018. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La chef du Meretz Tamar Zandberg a réagi à l’annonce d’élections anticipées en déclarant qu’il « était temps que cette coalition soit dissoute, et il est temps qu’Israël ait un meilleur avenir ». « Bon débarras », a ajouté la chef du parti d’opposition.

Le député de l’Union sioniste Yoel Hasson a également salué cette annonce, affirmant que « le compte à rebours jusqu’à la fin du mandat de Netanyahu a commencé. Le public jugera du gouvernement qu’il veut – un gouvernement d’espoir ou un gouvernement stagnant ».

Sa consœur de l’Union sioniste Merav Michaeli a réagi en disant que « le pire gouvernement que nous ayons connu plie bagage. Israël doit se remettre rapidement des désastres de ce gouvernement. Un gouvernement corrompu, qui a abîmé la démocratie, vendu notre sécurité et nous a conduit à l’isolement diplomatique et au déficit financier ».

Le chef de l’Union sioniste Gabbay déclare : « Les élections se joueront entre Netanyahu et moi ».

Avi Gabbay, le chef de l’actuel plus grand parti d’opposition, l’Union sioniste, déclare que les prochaines élections à la Knesset se dérouleront « entre moi et [le Premier ministre Benjamin] Netanyahu », malgré tous les récents sondages qui l’ont vu perdre une partie significative de ses 24 sièges actuels au Parlement.

« Tous les acteurs politiques ont annoncé qu’ils siégeraient dans un gouvernement dirigé par Netanyahu, et donc ces élections se joueront entre moi et Netanyahu », a déclaré Gabbay dans un communiqué.

Le chef du parti de l’Union sioniste Avi Gabbay dirige une réunion de faction à la Knesset le 19 novembre 2018. (Miriam Alster/FLASH90)

« Je suis conscient du poids de la responsabilité qui pèse sur le Premier ministre d’Israël, et en tant que Premier ministre, je vais conduire l’État d’Israël vers un avenir meilleur. Un avenir de changement, d’unité, d’espoir et de conviction que nous pouvons apporter le changement », a-t-il ajouté.

« En avril, nous gagnerons, conclut-il. « En avril, nous apporterons le changement en Israël. »

La leader de l’opposition Tzipi Livni, également de l’Union sioniste, a déclaré que « Israël se prépare à faire ses adieux à Netanyahu. C’est l’occasion de faire le ménage de printemps. »

La cheffe de l’opposition Tzipi Livni à la Public Forum Conference, le 15 novembre 2018. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Confirmant la tenue d’élections en avril, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il s’agissait d’une décision prise à l’unanimité par les partis de la coalition. Il a déclaré souhaiter former une coalition semblable à l’actuelle au terme des législatives anticipées qui se tiendront en avril prochain.

« La coalition actuelle constitue le coeur de la prochaine (…). Nous allons demander un mandat clair aux électeurs pour continuer à diriger le pays avec notre politique », a affirmé M. Netanyahu, dans une première réaction après l’annonce de ces élections anticipées.

Lors d’une réunion du Likud, Netanyahu a salué les « accomplissements admirables » du gouvernement actuel durant quatre ans au pouvoir. Il a évoqué les liens entre Israël et les Etats-Unis, en soulignant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Il a promis qu’Israël continuerait à empêcher l’Iran de s’établir en Syrie, s’attaquera aux tunnels du Hezbollah et affrontera le Hamas. L’armée israélienne est « prête à tous les scénarios ».

Il a salué la croissance économique du pays, et souligné que le salaire minimum est « plus élevé que jamais ». Il a également cité la loi sur l’Etat-nation, qui consacre Israël comme foyer national du peuple juif, entre autres accomplissements.

« Nous finirons ce que nous avons commencé », a-t-il promis.

Son parti du Likud, a-t-il prédit « remportera » les élections, et la coalition actuelle sera « au cœur » de la prochaine coalition.

Avec l’aide de Dieu, a-t-il dit, lui et le Likud cherchent à continuer à diriger Israël dans la direction qu’ils ont suivi ces dernières années.

Le ministre de l’Éducation Gideon Saar et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en décembre 2012. (Miriam Alster/ Flash90)

Netanyahu a aussi déclaré que le projet de loi sur la conscription des ultra-orthodoxes ne sera pas voté avant les élections d’avril parce qu’il nécessite le soutien de l’opposition et que Lapid « s’est comporté comme un contorsionniste » en faisant volte-face et en s’opposant à ce projet de loi.

Il a également déclaré que le projet de loi dit de Gideon Saar, qui donnerait au président l’autorité pour nommer uniquement le chef de parti à former une coalition, n’a pas besoin d’être votée puisque le président a fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de changer la tradition.

L’AFP a contribué à cet article.

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