Élections : le Shin Bet refuserait de traquer les bots d’ingérence israéliens
David Zini estime que les ingérences internes ne relèvent pas de son agence, ce qui lui vaut d'être accusé de se décharger complètement de ses responsabilités
Le chef du Shin Bet, David Zini, a refusé de prendre la responsabilité de la lutte contre les campagnes d’influence en ligne – illégales – menées depuis Israël à l’approche des élections du 27 octobre prochain, laissant la tâche à la police, qui n’a pas les outils technologiques nécessaires et qui a sollicité l’aide d’entreprises privées, a rapporté jeudi le quotidien Haaretz.
Selon le journal, ces dernières semaines, des membres du ministère de la Justice et de la police israélienne ont demandé au Shin Bet de se charger du suivi des campagnes d’ingérence d’origine israélienne qui utilisent de faux comptes sur les réseaux sociaux.
Les représentants du Shin Bet auraient répondu que, selon M. Zini, la gestion de tels « acteurs domestiques » ne relevait pas du périmètre de l’agence de sécurité intérieure, contrairement aux campagnes d’influence menées par des acteurs externes comme l’Iran ou la Russie.
Un haut responsable des forces de l’ordre, cité sous couvert d’anonymat par Haaretz, a reproché à M. Zini et ses adjoints de s’être « complètement déchargés de leur responsabilité, alors qu’il s’agit d’une mission classique du Shin Bet ».
Le quotidien a rappelé que l’une des responsabilités du Shin Bet consiste, de par la loi, à « déjouer et prévenir les activités illicites susceptibles de porter atteinte à la sécurité de l’État, à l’ordre démocratique ou à ses institutions ».
Le Shin Bet n’a pas répondu à une demande de commentaire, a souligné Haaretz.
Selon des chercheurs cités par la chaîne N12 en janvier dernier, près de la moitié des comptes politiquement actifs sur les réseaux sociaux en Israël relèvent en fait de bots et non de personnes – un niveau comparable à celui observé dans d’autres pays.
Selon ces memes chercheurs, nombre de ces comptes soutiennent le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses alliés, ses opposants n’ayant, eux, pas recours à des bots.
Vendredi, le New York Times a rapporté que deux entreprises privées israéliennes avaient utilisé des modèles d’IA open-source pour mener ou simuler des campagnes d’influence sur les réseaux sociaux. Le quotidien américain a précisé au sujet de l’une de ces entreprises que certains de ses bots publiaient des messages en faveur de Netanyahu et que d’autres écrivaient contre lui.