En attendant Ran Gvili
Pourquoi le ToI ne supprime-t-il pas encore son bandeau 'Israël en guerre' ?... Une citation de Rob Reiner. Et le comportement méprisable des responsables australiens
Depuis plus de 800 jours, The Times of Israel affiche, en haut de sa page, un petit bandeau rouge : « Israël en guerre ». Un bandeau qui souligne notre entrée dans une nouvelle ère, une ère terrible qui a commencé avec la prise d’assaut du territoire israélien par le Hamas, le 7 octobre 2023, avec le carnage et les enlèvement massifs qui avaient été commis par les hommes armés.
Il y a des raisons convaincantes de penser que la guerre est désormais terminée – mais il y a également des raisons convaincantes d’affirmer qu’elle ne l’est pas. Des lecteurs nous ont écrit à ce sujet – la majorité préférant soutenir la première thèse que la seconde. De mon côté, je ne suis pas tout à fait convaincu.
Les guerres se terminent généralement par un cessez-le-feu – et un accord de cessez-le-feu a en effet été signé par les délégués israéliens et du Hamas à Charm el-Cheikh, le 9 octobre dernier, après avoir été approuvé en quelque sorte par le gouvernement israélien. Il est entré en vigueur le lendemain.
Le président américain Donald Trump, qui a joué un rôle déterminant dans les négociations de cet accord, a fait savoir à plusieurs reprises que la guerre était bel et bien terminée et il a clairement fait part de sa détermination à empêcher la reprise d’un conflit militaire intense.
La majorité des soldats israéliens se sont retirés de la bande de Gaza ; la plus grande partie des réservistes ont été renvoyés chez eux et l’armée israélienne s’est largement – mais pas exclusivement – limitée à des opérations défensives sur le terrain.
Et tous les otages enlevés le 7 octobre, sauf un, ont été remis en liberté.
En revanche, les deux principaux objectifs déclarés de la guerre n’ont pas été pleinement atteints.
Le Hamas n’a pas été désarmé et il refuse catégoriquement de déposer les armes, comme l’exige pourtant la deuxième phase du plan de paix en 20 points pour Gaza qui a été négocié par Trump – un plan qui n’a pas encore été finalisé, et encore moins mis en œuvre.
Et le corps sans vie du dernier otage décédé, le sergent-chef Ran Gvili, qui était membre, au sein de la police, de l’unité d’élite antiterroriste Yasam, qui avait été tué en combattant des terroristes au kibboutz Alumim le 7-Octobre, lors de cette journée de terreur, n’a toujours pas été rapatrié. Le retour de tous les otages détenus à Gaza était exigé dans le cadre de la première phase de l’accord de cessez-le-feu.
Il y a également des arguments juridiques et politiques qui entrent en compte pour établir de manière certaine si la guerre est bel et bien finie – et, en conséquence, pour déterminer si un site internet israélien est en droit d’indiquer si, oui ou non, elle appartient dorénavant au passé.
Ainsi, Israël a-t-il légalement déclaré la fin de la guerre lorsque le cabinet au grand complet a voté, aux toutes premières heures de la matinée du 10 octobre, en faveur d’une résolution gouvernementale sur Gaza qui prévoyait la remise en liberté de tous les otages dans un délai de trois à quatre jours en échange de la libération de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale ?… La réponse à cette question reste floue.
Pour n’utiliser qu’un seul exemple illustrant la complexité de la situation : malgré des informations qui avaient affirmé le contraire à l’époque, il s’avère que la résolution qui avait été adoptée par le gouvernement n’avait pas ratifié la fin de la guerre. Toutefois, l’accord de Charm-el-Cheikh figurait dans les annexes de la résolution, accord qui stipule dans ses clauses liminaires : « 1. Le président Trump annonce la fin de la guerre dans la bande de Gaza et il déclare que les parties ont convenu de mettre en œuvre les mesures nécessaires à cette fin. 2. La guerre prendra fin immédiatement après l’approbation du gouvernement israélien ».
Le fait qu’un site israélien indépendant conserve ou supprime la mention « Israël en guerre » aide-t-il ou porte-t-il atteinte à un gouvernement dont le Premier ministre n’a pas explicitement déclaré la fin de la guerre – un Premier ministre qui, d’une part, ne souhaite peut-être pas se lancer dans une campagne électorale alors que le pays est toujours en guerre et que le Hamas est loin d’être détruit, mais dont les partenaires de coalition, d’autre part, ont juré de renverser le gouvernement s’il devait y mettre un terme ? Devons-nous vraiment accorder une quelconque importance à de telles considérations ?
Il va sans dire que, comme la majorité des Israéliens et comme tous ceux qui aiment Israël, je souhaite profondément que cette guerre se termine. Autrement dit, je souhaite que cette période cauchemardesque pendant laquelle ce pays a lutté, combattu et réussi à se maintenir, après que ce pays a été attaqué par le Hamas et après qu’il a été si profondément trahi par ses dirigeants politiques (qui sont toujours au pouvoir) et militaires (qui ont été en grande partie remplacés), je souhaite que cette période, oui, soit enfin terminée. Mais ce n’est pas le cas.
Dans l’état actuel des choses, le Hamas est en train de renaître, Israël s’abstient largement d’ouvrir le feu – et personne d’autre qu’Israël n’est prêt à affronter le groupe terroriste. Difficile de dire combien de temps cette situation pourrait durer.
Plus important encore, le corps sans vie de Ran Gvili n’a toujours pas été restitué. Et depuis plus de 800 jours, Israël, porté par l’élan des familles des otages, répète en chœur que la guerre ne sera pas terminée tant que tous les otages ne seront pas rentrés chez eux. Jusqu’au dernier.
Ran Gvili était en congé maladie lorsque le Hamas a envahi le territoire. Il se préparait à subir une intervention chirurgicale à l’épaule, qu’il s’était cassée dans un accident de moto tout-terrain. Alors même que son père lui demandait comment il allait pouvoir ouvrir le feu avec la douleur, il avait enfilé son uniforme et il était parti en première ligne.
Je pense que nous lui devons, ainsi qu’à ses proches, de prendre la décision symbolique d’attendre encore un peu avant de déclarer que la guerre dans laquelle il avait sciemment risqué sa vie pour son pays, dans laquelle il avait perdu cette vie en tentant de protéger son peuple contre l’armée terroriste en provenance de l’enclave voisine qui avait pris d’assaut le territoire israélien, est désormais terminée.
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Suite au meurtre horrible et bouleversant de Rob Reiner, cinéaste au talent et à la diversité extraordinaires qui a apporté tant de lumière, d’humour, de sagesse et de joie à un si grand nombre d’entre nous, j’ai eu envie d’attirer votre attention sur une petite phrase qui a été extraite d’un article du Guardian, rédigé par un écrivain nommé Tim Jonze, qui avait interviewé Reiner au mois de février 2024.
Dans un article sous forme d’hommage qui a été publié lundi, Jonze a expliqué qu’il avait relu les notes de cet entretien, réalisé près de cinq mois après le 7 octobre 2023 – et qu’il y avait trouvé beaucoup de choses qu’il n’avait pas eu la place d’inclure dans l’article original. Parmi ces choses, il y avait cette citation de Reiner : « À l’heure actuelle, le monde s’éloigne d’Israël, et ça me rend très triste ».
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Il y a deux jours, alors que j’étais submergé par l’émotion dans le sillage du massacre de Bondi Beach et par la colère face à l’incapacité du gouvernement australien à protéger sa communauté juive, j’ai écrit un article dans lequel j’ai tenté de dessiner les contours d’un processus pratique, stratégique et global pour vaincre le terrorisme islamique, ce culte de la mort.
À la parution de chaque nouvelle information, ma colère face à l’indifférence des responsables australiens à l’égard du sort qui était réservé aux Juifs d’Australie ne faisait que monter d’un cran. Ainsi, vous avez autorisé des individus rongés par la haine à défiler, y compris à Sydney, en appelant à gazer les Juifs et à détruire leur patrie renaissante ? Et ensuite, vous avez déployé très exactement deux policiers pour sécuriser un événement public juif dans la même ville, événement qui rassemblait un millier de participants ?…
Quel gouvernement incompétent.
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