En quête de discussions, l’Iran propose d’ouvrir le détroit d’Ormuz si les États-Unis mettent fin au blocus et limitent leur menace militaire
Les États-Unis seraient ouverts à des discussions avec Téhéran, suggère Rubio en marge de l’Assemblée générale de l'ONU ; il n’y a « aucun mal à engager le dialogue », dit-il, mais il avertit que l'Iran est dirigé par des « religieux fous »
L’Iran et les États-Unis ont laissé entendre mardi qu’ils pourraient bientôt reprendre les négociations pour mettre fin à la guerre qui dure depuis plusieurs mois, un haut responsable iranien suggérant que le détroit d’Ormuz pourrait bientôt être rouvert, alors que les présidents des deux pays devaient se rendre à l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Il s’agirait de la première manifestation à laquelle participeraient le président américain Donald Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian depuis qu’Israël et les États-Unis ont lancé une opération conjointe contre la république islamique le 28 février. Trump avait déclaré dimanche être ouvert à une rencontre avec le président iranien.
Un haut responsable iranien a indiqué qu’aucune rencontre directe entre les deux dirigeants n’était prévue, mais que la délégation iranienne était pleinement habilitée à relancer les négociations.
L’Iran pourrait rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation dans le Golfe d’ici sept jours si les États-Unis acceptaient les exigences de Téhéran, à savoir alléger la pression militaire et lever le blocus américain sur les ports iraniens, a ajouté le responsable iranien, précisant que l’Iran avait transmis sa dernière proposition à Washington par l’intermédiaire de médiateurs, la semaine dernière.
« Les États-Unis doivent faire officiellement part de leur volonté de résoudre le problème par la voie diplomatique, puis convenir d’un calendrier pour la suite du processus », a expliqué ce responsable. « L’Assemblée générale des Nations unies est une occasion idéale pour les États-Unis de revenir à la diplomatie. »
Interrogé pour l’émission « Today » de NBC, le secrétaire d’État Marco Rubio a fait savoir que les États-Unis étaient ouverts à un dialogue avec les Iraniens, « surtout si cela peut déboucher sur quelque chose de positif et, à terme, permettre d’atteindre l’objectif qui est au cœur de tout cela ».
Aucune rencontre en face à face entre l’Iran et les États-Unis n’a eu lieu officiellement depuis juillet, date à laquelle un accord provisoire visant à mettre fin à la guerre a échoué, quelques semaines seulement après sa signature par Trump et Pezeshkian.
Le cessez-le-feu conclu en avril reste pour l’essentiel respecté. S’il a permis de mettre un terme aux échanges de tirs entre Israël et l’Iran — à l’exception d’une flambée de violence d’une journée en juin —, des affrontements entre la République islamique et les États-Unis ont éclaté de manière sporadique ces derniers mois.
Questionné dans l’émission « Fox and Friends » sur la perspective d’une rencontre entre les deux présidents, Rubio a déclaré à propos de Trump : « C’est un homme d’affaires qui vient d’un monde pragmatique et animé par le bon sens. Et le bon sens nous dit qu’il n’y a aucun mal à engager le dialogue et à échanger avec quelqu’un. »
Quelques rappels sur des positions radicales
Mais Rubio a également souligné que, dans le système politique iranien, Pezeshkian est subordonné au guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, lequel est « un religieux chiite radical. Nous devons garder cela à l’esprit lorsque nous discutons. »
« La question centrale ici est que l’Iran est dirigé par des religieux fous », a expliqué Rubio à Fox. « Ces gens ne doivent en aucun cas posséder d’armes nucléaires. »
Rappelant la position ferme adoptée jusqu’à présent par l’Iran, le président du Parlement, Mohammed Bagher Ghalibaf, négociateur en chef de la délégation iranienne lors des précédentes discussions, a affirmé mardi que l’Iran ne céderait jamais : « Trump doit comprendre qu’il ne peut pas imposer sa puissance au peuple iranien et à ses forces armées. »
Trump doit par ailleurs rencontrer mardi les dirigeants des six États arabes du Golfe : Bahreïn, le Koweït, le Qatar, Oman, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Tous souhaitent vivement la reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, qui, avant la guerre, traitait environ 20 % de l’approvisionnement quotidien mondial en pétrole brut et en gaz naturel liquéfié. Ils se méfient toutefois de l’idée de donner trop de pouvoir à l’Iran, leur rival de longue date. À l’exception d’Oman, tous ces États abritent également d’importantes bases militaires américaines, qui ont fait l’objet d’attaques iraniennes répétées tout au long de la guerre.
Une proposition qatarie sur la table
Selon des sources régionales, une proposition qatarie visant à établir un cadre permettant d’intégrer l’Iran et les États arabes du Golfe dans une architecture de sécurité commune est à l’ordre du jour de la réunion entre les États du Golfe et Trump. Une source a précisé que l’Iran était en train d’examiner cette proposition.
S’exprimant dimanche lors d’un forum économique qatari à New York, le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, a souligné que tout accord de ce type devrait offrir des garanties de sécurité aux États du Golfe et renforcer l’interdépendance économique avec l’Iran.
« Une sécurité durable ne peut se construire par des cycles répétés d’escalades et de représailles, ni par des accords qui laissent un État durablement exposé à l’insécurité », a précisé Al Thani.