Erdogan : La Turquie ne rendra jamais l’Inscription de Siloé, artefact convoité par Israël

Datant du 8ᵉ siècle avant notre ère, l'inscription de Siloé a été découverte en 1880 dans un tunnel à Jérusalem sous domination ottomane et a ensuite été transportée à Istanbul

Une réplique de l'inscription de Siloé au Musée d'Israël à Jérusalem, l'original se trouvant au musée d'archéologie d'Istanbul. (Crédit : Yael J. CC BY-SA Wikimedia Commons)

« La Turquie ne rendra jamais l’inscription de Siloé, un artefact archéologique découvert à l’époque ottomane à Jérusalem et convoité depuis des années par Israël », a affirmé vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

« Sans vergogne, il cherche à obtenir l’inscription. Nous ne vous donnerons pas même un seul caillou de Jérusalem, encore moins l’Inscription », a martelé le chef de l’État turc en s’adressant au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Datant du 8ᵉ siècle avant notre ère, l’inscription de Siloé a été découverte en 1880 dans un tunnel de Jérusalem sous domination ottomane, puis transportée à Istanbul, où elle est conservée au musée archéologique de la ville.

Cet artefact a provoqué de nouvelles tensions entre la Turquie et Israël lundi, lorsque Netanyahu a affirmé que ses efforts pour le récupérer en 1998 avaient été repoussés au motif qu’un tel retour « indignerait » l’électorat islamo-conservateur de Erdogan, alors maire d’Istanbul.

Pour Israël, qui souhaite l’obtenir depuis des années, l’inscription constitue une preuve de la présence historique juive à Jérusalem.

Lundi, lors de l’inauguration d’une ancienne route récemment fouillée à Silwan, un quartier majoritairement palestinien et densément peuplé de Jérusalem-Est, la partie occupée et annexée par Israël de la ville, Netanyahu a décrit l’inscription comme l’une des découvertes archéologiques « les plus importantes » d’Israël, après les manuscrits de la mer Morte.

En référence à une conversation avec le Premier ministre turc de l’époque, Mesut Yilmaz, en 1998, Netanyahu a affirmé avoir proposé à Ankara des « milliers d’éléments ottomans » en échange de l’inscription.

« Indignation »

Mais selon Netanyahu, Yilmaz aurait refusé cette offre, évoquant « un électorat islamiste croissant mené par Erdogan » et estimant qu’une telle décision provoquerait « une indignation si la Turquie offrait à Israël une tablette montrant que Jérusalem était une ville juive il y a 2 700 ans ».

« Eh bien, nous sommes là. C’est notre ville. Monsieur Erdogan, ce n’est pas votre ville, c’est la nôtre. Elle le restera toujours », a affirmé Netanyahu en réponse aux propos du président turc qui, en 2020, avait décrit Jérusalem comme « notre ville », en référence au passé ottoman de la ville.

De son côté, le président turc a accusé Netanyahu de « cracher de la haine » contre la Turquie « pour ne pas avoir restitué l’inscription, héritage de nos ancêtres ».

« Jérusalem est l’honneur, la dignité et la gloire de toute l’humanité et de tous les musulmans », a-t-il ajouté.

« En tant que musulmans, nous ne reculerons pas d’un seul pas concernant nos droits sur Jérusalem-Est », avait-il affirmé mercredi.

Jérusalem compte certains des lieux les plus saints du judaïsme, du christianisme et de l’islam.

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