Etiquetage des produits : La Grèce défie l’ordonnance de l’UE
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Etiquetage des produits : La Grèce défie l’ordonnance de l’UE

Un jour après que le Premier ministre grec se soit rendu à Jérusalem, une lettre est envoyée à Netanyahu l'informant de la décision d’Athènes

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec son homologue grec Alexis Tsipras, au bureau de Netanyahu à Jérusalem le 25 novembre 2015 (Crédit : Haim Zach / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec son homologue grec Alexis Tsipras, au bureau de Netanyahu à Jérusalem le 25 novembre 2015 (Crédit : Haim Zach / GPO)

PARIS – Au lendemain de la visite du Premier ministre grec, Alexis Tsipras à Jérusalem, son ministre des Affaires étrangères Nikos Kotzias a envoyé une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’informant qu’Athènes s’oppose aux directives de l’UE, a appris le Times of Israel.

Selon les lignes directrices publiées plus tôt ce mois-ci par la Commission européenne, les produits manufacturés au-delà des lignes d’avant 1967 ne peuvent être étiquetés « Made in Israël ». Au contraire, ils doivent l’être avec une formulation telle que « Produit de Cisjordanie (colonies israéliennes) », a suggéré la Commission.

« La Commission européenne s’attend à ce que tous les Etats membres se conforment à la législation de l’UE », a déclaré un fonctionnaire de la délégation d’Israël de l’Union, au Times of Israel la semaine dernière.

Un autre pays européen, cependant, a déjà déclaré son intention de défier les instructions de Bruxelles quant à l’étiquetage.

Péter Szijjártó (Crédit : Wikipédia)
Péter Szijjártó (Crédit : Wikipédia)

« Nous ne soutenons pas cette décision », a annoncé plus tôt ce mois-ci le ministre des Affaires étrangères hongrois Péter Szijjártó, lors d’un événement du Conseil d’Israël sur les relations étrangères. « C’est un outil inefficace. Il est irrationnel et ne contribue pas à une solution [au conflit israélo-palestinien], au contraire, il cause des dégâts.  »

Plus tôt ce mois-ci, la faction Bundestag du parti CDU de la chancelière allemande Angela Merkel a rejeté l’initiative européenne sur l’étiquetage qu’elle qualifie de « mauvaise », faisant valoir également qu’il serait probablement utilisé à mauvais escient par les ennemis d’Israël et qu’il ne promeut pas la réconciliation israélo-palestinienne. Toutefois, Berlin n’a jusqu’à présent pas annoncé si elle appliquera ou pas les directives de l’Union.

Dimanche, en réponse aux nouvelles lignes directrices sur l’étiquetage, Netanyahu a annoncé que Jérusalem suspendait ses liens avec l’UE concernant les efforts de négociation pour un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que l’interruption des liens sur les pourparlers de paix sera en vigueur « jusqu’à ce que la reconsidération soit terminée ».

Tandis que les relations avec les pays européens individuels continueront, le dialogue avec les organisations de l’Union européenne sur le processus de paix est hors de portée.

Toutefois, en dépit de l’annonce d’Israël, un porte-parole diplomatique de l’UE a soutenu que l’Union « continuera à travailler sur le processus de paix au Moyen-Orient, dans le Quartet, avec ses partenaires arabes, et avec les deux parties, la paix au Moyen-Orient étant une question d’intérêt pour l’ensemble de la communauté internationale et aussi pour tous les Européens ».

Le porte-parole a déclaré que « les relations UE-Israël sont bonnes, immenses et profondes, et cela continuera. »

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