« Etty », une adaptation du journal intime d’une Juive d’Amsterdam sous l’Occupation

La première de la série de Hagai Levi, une version contemporaine de l'histoire d'Etty Hillesum avant et pendant son internement à Westerbork, puis à Auschwitz, a eu lieu au festival de Venise

Sebastian Koch (à gauche), Hagai Levi et Julia Windischbauer, lors de la première du film « Etty », au festival du film de Venise, le 2 septembre 2025. (Crédit : Sipur)

La première de la nouvelle série dramatique « Etty » du scénariste et réalisateur primé Hagai Levi a eu lieu lundi au festival du film de Venise, avec une projection des six épisodes.

« Etty » est une adaptation contemporaine de l’histoire vraie d’Etty Hillesum, une femme juive originaire d’Amsterdam sous l’Occupation dont le journal intime a été publié après sa mort.

Cette coproduction franco-germano-néerlandaise du lauréat d’un Golden Globe, Levi (« Scènes de la vie conjugale », « En analyse », « The Affair »), entraîne les téléspectateurs dans le voyage intérieur d’Etty entre 1941 et 1943.

Dans un communiqué, Levi explique qu’il a découvert ces journaux intimes il y a environ dix ans, et qu’ils l’ont aidé à trouver une religiosité et une perception de Dieu différentes, après avoir quitté la foi juive orthodoxe une vingtaine d’années plus tôt.

Le journal intime d’Etty a été rédigé sur une période de dix-huit mois, alors qu’elle passait du statut de jeune femme névrosée et égocentrique à celui de personne dotée d’un profond sens de l’autonomie, explique le réalisateur.

Etty présente certaines similitudes avec Anne Frank, l’autre jeune Juive néerlandaise plus célèbre qui a tenu un journal intime pendant l’occupation nazie des Pays-Bas.

Anne Frank a écrit son journal pendant qu’elle se cachait, tandis qu’Etty l’a rédigé avant et pendant son internement dans le camp de transit de Westerbork, puis son transfert final à Auschwitz.

Le parcours spirituel d’Etty s’est accéléré sous la menace croissante qu’elle a subie en tant que juive, et a été influencé par son amant et mentor, le psychichirologue Julius Spier, fondateur de la chiromancie jungienne.

Les rôles principaux sont tenus par Julia Windischbauer dans le rôle d’Etty et Sebastian Koch dans celui du thérapeute Julius Spier.

Levi a expliqué au média Screendaily que la série vise à transmettre des leçons plus universelles, au-delà de la Shoah.

Il a choisi de situer l’action à l’époque contemporaine, car Etty présente des similitudes avec la vie et les problèmes actuels. Elle et le reste de la distribution incarnent des personnes modernes et urbaines vivant dans le présent, mais sous occupation.

Dans l’interview accordée à Screendaily, Levi a souligné qu’Israël était en proie à une haine profonde, en particulier depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Il a ajouté que cette série était sa façon de retrouver l’espoir dans un monde désespéré.

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