Eurovision : en Belgique et en Espagne, des élus réclament une enquête sur le score d’Israël
Alors que le jury belge n’a attribué aucun point à la candidate israélienne Yuval Raphael, le public lui a, de son côté, accordé la note maximale de 12 points
Un résultat loin de faire l’unanimité. Après n’avoir récolté qu’une petite soixantaine de points du jury professionnel, la plaçant au milieu du classement, Yuval Raphael, la candidate israélienne, a réussi à se hisser à la seconde place du concours de l’Eurovision. En effet, la jeune chanteuse a été plébiscitée par le public, qui lui a accordé 297 points.
Un soutien populaire qui en interroge beaucoup parmi les pays opposés à Israël.
« Un système où chacun peut voter jusqu’à 20 fois est un système qui encourage la manipulation. La question de savoir si cette manipulation a eu lieu dans notre pays et dans tous les autres pays, participants ou non, doit être examinée. La VRT devrait prendre l’initiative de demander cette enquête et mener le débat sur le système de télévoting au sein de l’UER, ainsi que sur la participation d’Israël », estime la députée flamande de Vooruit, Katia Segers au média l’Avenir.
En Belgique, la prestation israélienne n’avait apparemment pas convaincu les juges professionnels, qui ne lui ont accordé aucun point. À l’inverse, le public belge a, lui, été séduit par « New Day Will Rise » et lui a offert ses douze points.
De son côté, le Parti socialiste a demandé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances du vote. « Et plus largement, il faut interroger la participation israélienne à ce type d’événement, alors qu’on a exclu la Russie après l’invasion de l’Ukraine. La cohérence et le respect du droit international doivent guider nos décisions », insiste la direction du PS qui met sur le même plan Israël attaqué le 7 octobre 2023 et la Russie qui envahit l’Ukraine le 24 février 2022.
En Espagne, où le jury professionnel n’a pas non plus accordé de point à Israël, tandis que le public lui en a attribué 12, la télévision publique RTVE a réclamé une enquête similaire sur le vote. La RTVE évoque des soupçons de manipulation des téléspectateurs.
En réalité, des spécialistes du concours avancent une autre hypothèse : c’est l’histoire personnelle d’Yuval Raphael, rescapée du festival Nova lors du pogrom mené par des milliers de terroristes palestiniens, qui aurait suscité un élan de sympathie auprès du public.
« Je pense qu’il y a eu un vote de soutien à la candidate, qui n’est pas forcément un vote de soutien au gouvernement israélien, mais vraiment un vote de soutien à cette candidate dans un climat extrêmement tendu », décrypte le chroniqueur Julien Baldacchino pour France Info. « Son histoire a pu aussi toucher. »
En parallèle, l’Union européenne de radiotélévision (UER) a menacé RTVE de sanctions après la diffusion d’un bandeau par la chaîne, en amont de la demi-finale du concours, mentionnant la guerre dans la bande de Gaza.
De son côté, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a demandé l’exclusion d’Israël du concours de chant, invoquant la nécessité de « montrer sa solidarité avec le peuple palestinien ».