FBI : l’attaque visant une synagogue du Michigan, un acte inspiré par le Hezbollah
Ayman Ghazali disait vouloir 'tuer le plus grand nombre possible' dans une vidéo filmée avant l'attaque ; il avait pris d'assaut le Temple Israel alors que la maternelle était ouverte
L’homme armé qui, le 12 mars, a lancé un pick-up rempli d’explosifs contre une synagogue de la région de Détroit alors que des enfants de maternelle s’y trouvaient, voulait commettre un attentat terroriste « inspiré par le Hezbollah », a affirmé le FBI lundi.
Située dans le West Bloomfield Township, la synagogue Temple Israel fait partie des institutions juives de la diaspora qui ont été prises pour cible depuis le début de la guerre avec l’Iran, le 28 février. Ayman Ghazali, qui s’est suicidé après avoir lancé son véhicule contre la synagogue, comptait parmi ses proches des personnes tuées par l’armée israélienne quelques jours plus tôt au Liban – avec notamment un frère qui était un cadre du Hezbollah, le groupe terroriste soutenu par l’Iran, selon l’armée israélienne et les médias américains.
Dans une vidéo qu’il a réalisée avant d’attaquer le Temple Israel, Ghazali, résident de Dearborn Heights et âgé de 41 ans, a fait part de sa volonté « d’en tuer le plus grand nombre possible », a rapporté Jennifer Runyan, responsable du FBI à Détroit, lundi, en communiquant ces nouvelles informations.
« Cette attaque est un acte terroriste inspiré par le Hezbollah qui a visé délibérément la communauté juive et la plus grande synagogue du Michigan », a affirmé Runyan.
« Nous ne livrons pas cette conclusion à la légère, sans un examen approfondi et une évaluation minutieuse des faits. En l’espèce, les preuves attestent du fait que l’agresseur était motivé et inspiré par l’idéologie militante du Hezbollah », a-t-elle ajouté.
L’agresseur recherchait des contenus iraniens et pro-Hezbollah en ligne, a-t-elle poursuivi. Il « suivait assidûment l’actualité, les déclarations et les reportages en direct concernant l’actuel secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem ».
Jerome Gorgon, procureur fédéral de la région de Détroit, a fait remarquer qu’en 1983, le Hezbollah avait fait exploser un énorme camion piégé, tuant 241 militaires américains dans une caserne des Marines à Beyrouth.
« C’est exactement ce que ce terroriste a fait il y a quelques semaines, dans notre pays », a souligné Gorgon, qui s’exprimait aux côtés de Runyan.
Quelques jours avant l’attaque, avant de choisir le Temple Israel, Ghazali s’était renseigné sur les synagogues et les sites culturels juifs du Michigan, allant même jusqu’à vérifier l’heure du déjeuner, a expliqué Runyan. Rien ne permet néanmoins de savoir si Ghazali avait connaissance de la présence d’enfants à ce moment-là, a-t-elle ajouté.
Le 12 mars, Ghazali est resté dans le parking de la synagogue pendant quelques heures avant de précipiter sa Ford F150 à travers les portes et dans le couloir d’une partie du bâtiment dédiée à la petite enfance, fauchant un agent de sécurité. Le terroriste a ensuite échangé des coups de feu avec un autre agent avant de se donner la mort.
Les premiers secours ont rapidement évacué le bâtiment. Aucun des 150 enfants et membres du personnel n’a été blessé, ont indiqué les autorités.
De feux d’artifice de qualité professionnelle et des bidons contenant plus de 113,5 litres d’essence ont été retrouvés dans le véhicule de Ghazali. Le moteur du pick-up a pris feu, mais n’a pas explosé.
D’après l’enregistrement de l’appel au 911, l’ex-femme de Ghazali avait contacté la police de Dearborn Heights peu avant l’attaque pour signaler que son ex-mari semblait désemparé et en proie à des pensées suicidaires suite à la mort de plusieurs membres de sa famille, tués lors d’une frappe aérienne israélienne survenue quelques jours plus tôt au Liban, son pays natal.
Selon Runyan, Ghazali consultait des contenus pro-Hezbollah avant même que sa famille ne soit tuée.
Ghazali a envoyé une vidéo à sa sœur environ 10 minutes avant l’attaque, a ajouté Runyan, dans laquelle il disait avoir l’intention de « tuer le plus grand nombre possible ».
À ce stade, rien n’indique que d’autres personnes aient participé à l’attaque, a précisé Runyan.
Ghazali n’était pas visé par une enquête fédérale avant l’attaque ni inscrit sur la liste américaine des personnes surveillées pour terrorisme, a poursuivi Runyan.
En 1997, les États-Unis ont ajouté le groupe libanais du Hezbollah à leur liste des organisations étrangères désignées comme terroristes.
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