Fermeture des points de passage à Gaza : Le COGAT réfute les accusations de « blocus »
« Ouvrir les points de passage sous le feu ennemi met des vies en danger, tant du côté israélien que du côté gazaoui », déclare l'organe de liaison
L’agence COGAT, chargée de coordonner l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, affirme que les allégations selon lesquelles Israël bloquerait « arbitrairement » l’aide à Gaza sont fausses et fondées sur de la désinformation du Hamas.
Les points de passage frontaliers vers Gaza ont été fermés le samedi 28 février, quand Israël et les États-Unis ont commencé à frapper l’Iran, en raison de la menace sécuritaire que représentaient les missiles balistiques iraniens.
« Ouvrir les points de passage sous le feu ennemi met des vies en danger, tant du côté israélien que du côté gazaoui », déclare le COGAT.
L’agence affirme que la fermeture « temporaire » des points de passage n’aura aucune incidence sur la situation humanitaire à Gaza, car « des dizaines de milliers de camions d’aide sont entrés dans la bande de Gaza » depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu avec le Hamas le 10 octobre 2025. Ces camions ont acheminé une aide alimentaire équivalente à « quatre fois les besoins nutritionnels de la population », selon la méthodologie des Nations unies.
« Les stocks existants à Gaza devraient suffire pour un certain temps », indique l’agence, ajoutant que « le COGAT continuera de coordonner ses actions avec la communauté internationale » concernant l’aide humanitaire.
« Les points de passage rouvriront dès que la situation sécuritaire le permettra », précise l’agence.
Des images diffusées ces derniers jours à Gaza montrent des supermarchés et des épiceries bien approvisionnés. Cependant, des files d’attente se sont formées devant les supermarchés en raison de la fermeture des frontières, ce qui aurait entraîné une hausse des prix.
Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU a réclamé lundi la réouverture « aussi vite que possible » des points de passage vers la bande de Gaza.
« Etant donné la faible capacité de stockage et la destruction à travers cette zone de guerre, nos partenaires et nous travaillons dur pour maintenir un flux d’approvisionnement durable et prévisible malgré des restrictions, mais ça ne peut pas continuer avec un blocus total. Il est impératif que tous les points de passage soient rouverts aussi vite que possible », a déclaré Stéphane Dujarric à la presse.
« Les autorités israéliennes ont fermé tous les points de passage, dont Rafah », a insisté lundi Stéphane Dujarric. Elles ont également « suspendu les mouvements humanitaires dans et autour des zones où les troupes israéliennes sont toujours déployées à Gaza », a-t-il noté, évoquant également le report des rotations du personnel humanitaire, des évacuations médicales et des retours de réfugiés vers le territoire.
« Ces derniers jours, nos partenaires ont été forcés de rationner le carburant, de donner la priorité aux opérations sauvant des vies, réduisant nos capacités en même temps que nos stocks se réduisent », a-t-il déploré.
Interrogé sur le nombre de jours pendant lesquels les opérations de distribution d’aide pourraient continuer sans nouvelles arrivées de convois, il a indiqué de « pas vouloir donner de chiffre ».
« Disons le franchement, quand les portes sont fermées, nous devons évidemment faire durer plus longtemps ce que nous avons », a-t-il noté.
« Ce qui est perturbant, c’est que nous avions mis en place (depuis le cessez-le-feu) un flux d’approvisionnement prévisible et régulier vers Gaza qui maintenant est interrompu ».
José Andrés, fondateur de World Central Kitchen, principal fournisseur de repas préparés pour les Gazaouis ces deux dernières années, affirme que l’organisation sera à court de nourriture cette semaine si les frontières ne rouvrent pas.
« Nous avons besoin de livraisons de nourriture tous les jours pour nourrir les familles affamées qui ne sont pas touchées par ce conflit. Toutes les ONG à Gaza ont besoin de plus de nourriture, de médicaments, de matériel médical, de carburant, de tentes et de produits d’hygiène au quotidien. Nous ne pouvons plus attendre… que les camions humanitaires passent aujourd’hui ! », écrit Andrés sur X.
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