Football : l’équipe d’Israël portera un brassard noir « 7.10 », ce soir, contre l’Irlande

Interrogé sur l'attaque de Flydubai et les accusations de racisme, le sélectionneur irlandais a mis fin à la conférence de presse

Des bougies sont allumées lors d'une cérémonie à Ramat Hasharon pour marquer le mois qui s'est écoulé depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre, le 7 novembre 2023. (Ido Meirovich)

Ce soir, à l’occasion de son match contre l’Irlande, l’équipe israélienne de football portera un brassard noir revêtu de la mention « 7.10 », a annoncé la Fédération israélienne de football (IFA) dans un communiqué.

Cette initiative est une réaction au comportement de l’équipe irlandaise lors de la précédente rencontre entre les deux sélections, le 27 septembre derniers. Les joueurs irlandais avaient porté un brassard noir en hommage à « toutes les vies perdues dans le conflit » à Gaza, refusé de serrer la main de leurs adversaires israéliens et baissé la tête pendant l’hymne israélien, ce qui avait beaucoup choqué mais pas surpris en Israël.

À l’issue du match, Manor Solomon, le capitaine de l’équipe israélienne, avait indiqué que des joueurs irlandais leur avaient tenu des propos désagréables lors de la rencontre : « Je n’ai aucune envie de parler des joueurs irlandais. Si je dis ce que je pense d’eux, je serai probablement suspendu pour plusieurs matchs… De toute évidence, ils nous détestent. Nous ne les aimons pas non plus. »

Sur X, l’IFA a indiqué : « L’UEFA a approuvé la demande de la Fédération israélienne de football : ses joueurs pourront porter des brassards noirs lors du match de ce soir en mémoire des personnes assassinées lors du pogrom du 7-Octobre. Que leur mémoire soit bénie. »

Par ailleurs, la conférence de presse de la République d’Irlande, organisée samedi à la veille de son deuxième match de football en Ligue des nations contre Israël en Serbie, a été brutalement écourtée suite à la prise de parole de son sélectionneur, Heimir Hallgrimsson, en réponse à des journalistes israéliens.

L’Irlande s’est imposée 3-0 contre Israël, en Hongrie, à l’occasion du match aller, mardi dernier, à l’issue d’une préparation houleuse lors de laquelle les joueurs irlandais ont voté pour disputer la rencontre malgré une large opposition en Irlande liée à la guerre à Gaza, déclenchée par le pogrom du groupe terroriste Hamas le 7 octobre 2023.

Les joueurs de football irlandais baissent la tête pendant l’hymne israélien avant le match de Ligue des nations de l’UEFA à Debrecen, en Hongrie, le 27 septembre 2026. (Capture d’écran X, utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Le match retour a lieu ce dimanche à Backa Topola, en Serbie, la Fédération irlandaise de football (FAI) ayant refusé d’accueillir la rencontre à domicile pour des raisons de sécurité.

Les sélectionneurs d’Israël et d’Irlande ont chacun déclaré, lors de leur conférence de presse, qu’ils souhaitaient rester concentrés sur le jeu.

« Sur le plan du football, ce qui importe le plus, c’est de maîtriser notre niveau de concentration et de rester focalisés sur le match de dimanche [contre Israël], sans nous disperser », a déclaré l’entraîneur irlandais lors de la conférence de presse. « Il y a eu beaucoup d’émotions de la part de la population irlandaise à ce sujet, et cela affecte évidemment aussi les joueurs. Nous voulons bien faire, mais c’est difficile dans ce contexte surchauffé. »

Un journaliste avait demandé à Hallgrimsson ce qu’il pensait de l’attentat terroriste survenu mercredi dernier à bord d’un vol Flydubai, au cours duquel un pilote indien a été attaqué par son copilote, lequel a tenté d’écraser l’appareil avec à son bord des Israéliens, avant d’être neutralisé par le pilote et des passagers.

« Que dites-vous des gens que vous soutenez ? Leur idéologie est fondée sur le meurtre », a demandé le journaliste. « Cette semaine encore, l’un d’entre eux a tenté de tuer 170 passagers israéliens, dont 27 enfants innocents, ainsi que des milliers d’autres. »

L’attaché de presse de l’équipe irlandaise est alors intervenu pour dire : « Nous ne prenons pas de question de ce type aujourd’hui. Uniquement des questions sur le football. »

Un autre journaliste s’est alors adressé au sélectionneur irlandais pour lui dire : « Vos joueurs ont traité nos joueurs de singes pendant le match », avant d’être interrompu par un responsable de la FAI disant à plusieurs reprises « C’est totalement faux », et de se voir retirer le micro.

La délégation irlandaise a ensuite mis brutalement fin à la conférence de presse.

Le sélectionneur israélien Ran Ben-Shimon, lors de sa conférence de presse tenue plus tard, a lui aussi refusé de se laisser entraîner sur des sujets extérieurs au terrain.

« Ce match est très important pour nous, les points comptent pour revenir dans le groupe, et je me concentre sur la meilleure façon d’accompagner mon équipe pour qu’elle fasse un bon résultat demain. C’est mon seul et unique objectif ; vous pouvez me faire confiance sur ce point », a-t-il déclaré aux journalistes.

L’entraîneur de l’équipe de football de la République d’Irlande lors d’une conférence de presse avant le match de football de la Ligue des nations entre la République d’Irlande et Israël à Backa Topola, en Serbie, le 3 octobre 2026. (Photo AP/Darko Vojinovic)

Le match Irlande-Autriche interrompu à deux reprises par des actions propalestiniennes

Le match de football de Ligue des Nations opposant l’Irlande à l’Autriche à la Dublin Arena jeudi a été brièvement interrompu à deux reprises par des actions de soutien aux Palestiniens.

Les incidents se sont produits en première mi-temps, lorsque vers la 19e minute, des spectateurs ont jeté sur le terrain des balles de tennis recouvertes d’autocollants aux couleurs du drapeau palestinien, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les joueurs ont quitté le terrain durant quelques minutes avant que le match ne reprenne.

Puis, à la 35e minute, un homme s’est précipité sur la pelouse en brandissant un drapeau palestinien, interrompant une nouvellme brièvement la rencontre.

Le match s’est terminé sur un match nul 2-2.

Jeudi soir, environ 200 manifestants s’étaient rassemblés à l’extérieur de la Dublin Arena dans le cadre d’une campagne baptisée « Stop the Game » contre ces rencontres.

« Je suis totalement contre le fait que ces deux matches contre Israël aient lieu », a témoigné à l’AFP Joanne Doyle, institutrice de 56 ans. « Le sport est politique et c’est arrivé à de nombreuses reprises que les gens boycottent des évènements », a-t-elle ajouté.

« L’Irlande ne devrait pas se rendre complice d’un génocide », a abondé Mark Coomey, ingénieur de 26 ans, reprenant à son compte une accusation largement répandue, qui n’a pourtant jamais été prouvée.

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