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Portrait

France : Les époux Ackermann, jeunes rabbins orthodoxes et modernes

Emile et Myriam seront bientôt le premier couple de rabbins de la tendance "orthodoxe moderne" à exercer dans l'Hexagone et le couple a déjà créé "Ayeka", une "start-up synagogue"

Les cofondateurs de la première communauté juive orthodoxe moderne de France, Emile Ackermann, et son épouse Myriam Ackermann posent lors d'une séance photo à Paris, le 29 mai 2023. (Crédit : JOEL SAGET / AFP)
Les cofondateurs de la première communauté juive orthodoxe moderne de France, Emile Ackermann, et son épouse Myriam Ackermann posent lors d'une séance photo à Paris, le 29 mai 2023. (Crédit : JOEL SAGET / AFP)

Ils seront bientôt le premier couple de rabbins de la tendance « orthodoxe moderne » du judaïsme en France, après leur ordination en juin à New York. Et Myriam, l’épouse d’Emile, sera la première femme rabbin orthodoxe à exercer dans l’Hexagone.

Leur histoire a commencé par un « pari fou », raconte Emile Ackermann à l’AFP. « Myriam me dit : ‘Quand tu as du temps libre, tu ouvres la Torah, tu étudies le Talmud, peut-être que tu devrais être rabbin' ». A elle, qui montre aussi une forte appétence pour les textes de la tradition juive, il répond : « Toi, tu n’as qu’à être rabbin ! »

Le « deal » est lancé. Les voilà inscrits chacun dans une école rabbinique à New-York. De tendance orthodoxe, puisque c’est le courant (majoritaire en France) dans lequel ils se reconnaissent. Elle, choisit la Yeshivat Maharat, « première institution au monde à nommer des femmes rabbins orthodoxes », explique-t-elle.

Une formation qu’ils suivent d’abord sur place, puis, contraints par le Covid, à distance depuis la France. Tout en élevant leur premier enfant, un an et demi aujourd’hui.

Myriam, 26 ans, enfance et adolescence à Perpignan, racines juives côté maternel, a reçu une « éducation chrétienne, pas très poussée » – sa mère s’était « convertie au christianisme ». A 15 ans, trois ans après la mort de son père, elle renoue avec ses attaches juives. Deux ans plus tard, elle demande qu’on l’appelle « Myriam », la « traduction » de « Marie », son prénom initial.

Sur le CV de cette femme aux yeux clairs et teint pâle, coiffée d’un foulard, béret, voire d’une perruque « pour les grandes occasions » : l’Ecole normale supérieure, l’agrégation d’anglais et une thèse, encore en cours, sur le deuil.

La cofondatrice de la première communauté juive orthodoxe moderne de France, Myriam Ackermann, pose lors d’une séance photo à Paris, le 29 mai 2023. (Crédit : JOEL SAGET / AFP)

« Start-up synagogue »

Son mari, même âge, cheveux châtain-roux, barbe, fines lunettes dorées, porte la kippa à l’extérieur – « pourquoi cacher qui je suis dans l’espace public ? ». Il a grandi à Strasbourg, avec à la fois « les codes de l’ultra-orthodoxie » et le modèle de ses grands-parents, à l’origine de « nombreux projets sociaux » et de « créations d’écoles », et se voyait avocat.

Emile sera ordonné rabbin le 8 juin, Myriam le 13. Pas question pour autant de s’installer aux Etats-Unis. Le couple a déjà créé sa communauté, « Ayeka« , une « start-up synagogue », aiment-ils à l’appeler, à Paris, quartier de la Bastille.

Elle réunissait une trentaine de personnes jeudi dernier pour la fête de Shavouot, compte environ 50 personnes au Shabbat et 3 000 abonnés à une newsletter.

« On est les premiers en France à se réclamer du courant ‘orthodoxe moderne' », souligne Emile Ackermann. Une « grande fidélité » à la halakha, la Loi juive (manger casher, observer trois prières quotidiennes par exemple) et « une ouverture à la modernité, à la connaissance des sciences, de la philosophie, de l’histoire ».

Avec, au premier plan, la volonté « de donner une place aux femmes, les intégrer à tous les aspects de la vie religieuse », y compris par le rabbinat, explique Myriam, qui commente chaque jour en araméen le Talmud sur podcast et a monté un institut de théologie s’adressant aux femmes.

Kol-Elles, l'étude talmudique pour les femmes – CDP#308

Faire émerger des voix féminines et créer des vocations de leadership dans la communauté, c’est l’objectif de Kol-elles, un centre d’études pour femmes à Paris, dont nous parlent Myriam Sommer Ackerman, élève rabbin, et Tali Trèves Fitoussi.Site internet :https://www.kol-elles.com

Posted by Qualita on Monday, February 8, 2021

La « rabbanite » 

En principe, en France, chez les Juifs orthodoxes, confier le rabbinat à une femme est considéré comme non conforme à la Loi juive. La tendance libérale (progressiste, minoritaire), elle, l’autorise et compte désormais cinq femmes rabbins.

« Dans notre synagogue », les femmes ne sont pas reléguées « en hauteur ou dans une autre pièce », comme dans une synagogue orthodoxe classique, affirme Myriam Ackermann. Hommes et femmes sont « au même niveau », seulement temporairement séparées par un paravent au milieu de la pièce « le temps des prières ».

A part ce moment-là, on pourra « voir les femmes lire la Torah », « chanter » ou encore « réciter » telle bénédiction qui dans les usages classiques est prononcée par un homme.

Elle-même va devenir la « rabbanite » de leur communauté : un titre choisi en clin d’œil à celle qui historiquement désigne « l’épouse du rabbin », celle « à l’écoute des fidèles », qui « répond aux questions » ou « donne des cours ».

« C’est une gestion à deux » de la communauté : offices, célébration des mariages ou enterrements, organisation des bar et bat mitzvah, accompagnement des fidèles et enseignement.

« Avant tout une vocation », dit-elle. Même s’il faut réunir des fonds auprès de mécènes et fondations, en France ou aux Etats-Unis, pour que vive la « start-up synagogue ».

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