Frappe contre une école de filles en Iran : responsabilité encore indéterminée – NYT
Selon une analyse, l'école était située près d'une base du CGRI, aussi été touchée samedi ; Washington assure qu'il ne ciblerait pas 'délibérément' une école ; Tsahal n'a pas connaissance d'attaques israéliennes dans cette région
Quelques jours après que les médias d’État iraniens ont rapporté qu’environ 170 personnes, dont plus de 100 enfants, avaient été tuées lors d’une frappe contre une école de filles le premier jour de la campagne américano-israélienne contre l’Iran, les circonstances de cette attaque meurtrière restent encore à ce jour floues.
La frappe, signalée samedi, a eu lieu sur l’école primaire Shajarah Tayyebeh, dans la ville de Minab. Selon des chiffres non vérifiés publiés par les agences gouvernementales iraniennes, il s’agirait de la frappe la plus meurtrière de la guerre jusqu’à présent.
On ignore pour l’instant pourquoi l’école a été frappée et quelle armée est responsable de l’attaque. L’Iran n’a pas autorisé les journalistes étrangers à se rendre sur les lieux de l’attaque pour vérifier de manière indépendante le nombre de victimes ou d’autres détails.
L’armée américaine a déclaré « enquêter » sur les informations faisant état de « dommages causés à des civils dans le cadre d’opérations militaires en cours », et le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré lundi que les forces américaines « ne viseraient jamais délibérément une école ».
Mardi, un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré au Times of Israel qu’il n’avait pas connaissance de frappes israéliennes menées dans cette zone et que la question faisait l’objet d’un examen plus approfondi.
Selon une analyse de cette attaque publiée par le New York Times, l’école se trouvait à proximité d’une base navale appartenant au Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, qui a également été frappée ce matin-là.
Les images satellites analysées par le New York Times montrent qu’en 2013, le bâtiment scolaire faisait partie du complexe naval du CGRI, mais qu’en 2016, il avait été cloisonné et séparé de la base militaire.
Selon l’article, des images filmées par des témoins et diffusées par les médias iraniens, puis vérifiées par le New York Times, montrent des colonnes de fumée s’élevant de la base navale du CGRI samedi matin, à peu près au moment où l’école de Minab a été frappée.
Si certains, dont l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies Danny Danon, ont suggéré que la frappe pourrait avoir été causée par un missile iranien errant, le fait que la base adjacente du CGRI ait également été touchée lors de la même vague de frappes semble rendre cette hypothèse peu probable.
L’attaque a été condamnée par l’UNESCO, l’agence de l’ONU chargée de la culture et de l’éducation, qui a déclaré que « l’attaque d’un établissement d’enseignement, d’un hôpital ou de toute autre structure civile constitue un crime de guerre au regard du droit international humanitaire ».
Lundi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que « plus de 160 jeunes filles » avaient été tuées dans la frappe, qu’il a imputée aux « bombardements américano-israéliens ».
Il a notamment partagé une photo qui semblait montrer un charnier creusé pour les victimes de l’attaque.
Selon les médias iraniens, les funérailles des enfants tués lors de cette attaque ont eu lieu mardi et des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Minab.
Mardi, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a exhorté les « forces » à l’origine de l’attaque à mener une enquête et à communiquer les résultats de celle-ci concernant cette « horrible » attaque.
« Le Haut-Commissaire [Volker Türk] demande une enquête rapide, impartiale et approfondie sur les circonstances de l’attaque. Il incombe aux forces qui ont mené l’attaque d’enquêter », a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du HCDH, lors d’une conférence de presse à Genève, qualifiant cette attaque « d’horrible »
Mardi matin, le Croissant-Rouge iranien a déclaré que 787 personnes avaient été tuées dans tout le pays depuis le début des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, samedi.
Les responsables américains et israéliens ont salué le succès de cette campagne. Les États-Unis ont déclaré avoir pris le contrôle de l’espace aérien iranien et l’armée israélienne a annoncé lundi avoir détruit quelque 600 cibles iraniennes jusqu’à présent.
Ali Khamenei a été éliminé lors de la première frappe israélienne sur son complexe à Téhéran.
En réponse, l’Iran a intensifié ses attaques dans la région, continuant de viser Israël avec des salves de missiles. Mardi, on déplorait onze morts suite aux attaques de missiles balistiques iraniens sur Israël depuis le début du conflit à grande échelle.
L’Iran a également multiplié les attaques contre ses voisins arabes de l’autre côté du golfe Persique, faisant plusieurs morts lors de frappes contre des bases américaines, des sites énergétiques, des infrastructures civiles et des pétroliers.
Emanuel Fabian a contribué à cet article.
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