GB : La police a faussement affirmé que les Juifs locaux soutenaient l’interdiction des fans du Maccabi Tel Aviv
Un responsable de la police s'est excusé après avoir faussement assuré aux députés que les Juifs locaux avaient soutenu l'interdiction d'accès au stade des supporters israéliens
La police britannique des West Midlands a admis avoir déclaré aux membres du Parlement de manière mensongère que la communauté juive de Birmingham avait été consultée au sujet du match de football que le Maccabi Tel Aviv, une équipe israélienne, devait disputer et que les Juifs locaux avaient soutenu l’interdiction faite aux supporters israéliens d’assister à la rencontre, selon le journal londonien Sunday Times.
Le chef adjoint de la police – qui a témoigné devant les parlementaires – a envoyé une lettre d’excuses à la communauté juive, affirmant qu’il n’avait pas eu l’intention de donner aux députés l’impression que ses membres avaient soutenu l’interdiction.
Une interdiction controversée qui a donné lieu à une réunion de suivi au sein d’une commission parlementaire, la semaine dernière – réunion au cours de laquelle la police a été mise en cause pour des divergences présumées qui sont apparues dans des informations déterminantes s’agissant d’un match que le Maccabi avait disputé dans un pays européen dans le passé. Les forces de l’ordre ont aussi dû admettre qu’une évaluation des risques qui avait été faite avait reposé sur l’analyse d’un match qui n’avait jamais eu lieu.
« Je tiens à présenter mes excuses et à préciser très clairement que je n’ai pas eu l’intention de laisser entendre que des membres de la communauté juive avaient explicitement exprimé leur soutien à l’exclusion des supporters du Maccabi », aurait ainsi écrit Mike O’Hara, chef adjoint de la police des West Midlands, dans sa lettre.
Il a également fait savoir qu’il informerait les députés de l’évolution de la situation.
Le club de football Aston Villa avait annoncé, au mois d’octobre dernier, qu’aucun supporter du Maccabi ne serait autorisé à assister au match qui devait avoir lieu en novembre, suite à une évaluation faite par la police qui avait considéré que l’événement était « à haut risque », suggérant d’interdire l’accès du stade aux supporters israéliens.
La décision d’interdire l’accès au match aux supporters israéliens avait entraîné des critiques, notamment de la part du Premier ministre Keir Starmer, qui avait tenté de faire annuler cette mesure. Le Maccabi Tel Aviv avait toutefois ensuite annoncé qu’il refuserait de toute façon les billets pour ses supporters, invoquant des raisons de sécurité.
La semaine dernière, une commission spéciale des affaires intérieures avait interrogé le chef de la police Craig Guildford ainsi qu’O’Hara au sujet de cette interdiction.
Les députés avaient posé des questions sur « l’évaluation des impacts communautaires » – évaluation qui avait déterminé le risque que représentait alors la présence des supporters du Maccabi pour certains groupes à Birmingham. O’Hara avait répondu que le rapport avait été rédigé « pour recueillir au mieux les avis de la population locale et les avis des groupes d’intérêt locaux, du côté des Juifs comme des musulmans ».
Lorsqu’il lui avait été demandé si les représentants juifs avaient déclaré ne pas vouloir de supporters du Maccabi dans la ville, O’Hara avait répondu par l’affirmative.
La présidente de la commission, Karen Bradley, avait demandé « s’il y avait des représentants de la communauté juive qui avaient déclaré ne pas vouloir des supporters du Maccabi dans la ville ».
O’Hara avait rétorqué que « diverses confessions, origines et ethnies » avaient été concernées – et quand il lui avait été à nouveau demandé si les Juifs s’étaient exprimés, il avait répondu « oui ».
Des sources issues de la communauté juive ont néanmoins déclaré au Sunday Times qu’il n’y avait pas eu de véritable consultation et que la seule réunion officielle avec les représentants avait eu lieu alors que la police avait déjà décidé d’interdire les supporters du Maccabi.
« Je suis conscient qu’il y a une certaine consternation au sein de la communauté juive locale à propos de ce que j’ai présenté lundi », a écrit O’Hara dans sa lettre.
« Après avoir revu les images, je suis désolé si ma réponse a semé la confusion en laissant entendre que des membres de la communauté juive avaient exprimé leur soutien à l’interdiction. De mon point de vue, ce n’est pas le cas, et je veillerai à ce que cela soit clairement exprimé lorsque je répondrai aux autres questions écrites que nous attendons », a-t-il dit.
Un porte-parole de la police a indiqué au journal : « Nous reconnaissons que cette période a été difficile pour notre communauté juive locale ; c’est pourquoi nous nous sommes engagés et c’est pourquoi nous continuons à nous engager activement. »
Le porte-parole a déclaré que la police prévoyait de contacter les députés et « nous veillerons à ce que cela soit clairement exprimé, comme cela a été le cas avec les représentants de la communauté juive ».
« C’est une autre preuve que les informations fournies par la police à la commission étaient incorrectes, avec de sérieuses questions concernant l’exactitude du rapport des services de renseignement de la police des West Midlands et les intentions qui le sous-tendent qui restent sans réponse », a commenté Nick Timothy, député conservateur de l’opposition, des propos qui ont été repris par le Sunday Times.
Le match s’était déroulé en date du 6 novembre en l’absence des supporters du Maccabi, et l’équipe de Premier League avait battu l’équipe israélienne sur le score de 2 à 0.
Plus de 700 policiers avaient été déployés à Birmingham, alors qu’environ 200 manifestants pro-palestiniens et quelques dizaines de manifestants pro-israéliens avaient organisé des manifestations séparées à l’extérieur du stade Villa Park avant le coup d’envoi.