GB : Les travaillistes soutiennent l’étiquetage séparé de la viande casher
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GB : Les travaillistes soutiennent l’étiquetage séparé de la viande casher

Les groupes juifs s'opposent à cette mesure, la jugeant discriminatoire parce qu'elle suggère que les méthodes d'abattage ne sont pas humaines

Un sacrificateur rituel juif abattant un poulet (Crédit :  Miriam Alster/Flash90)
Un sacrificateur rituel juif abattant un poulet (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le parti travailliste britannique a annoncé son soutien à un étiquetage séparé pour la viande issue des animaux abattus sans étourdissement préalable, comme l’exigent les traditions musulmane et juive.

Les groupes juifs au Royaume-Uni et au-delà en Europe se sont opposés à la mesure proposée, apparue dans le plan pour le bien-être animal du parti Travailliste qui a été publié par la formation d’opposition au début de la semaine, la considérant comme discriminatoire.

Mais le manifeste du Labour sur le bien-être animal établit qu’il demandera « l’étiquetage obligatoire de la viande, nationale et importée. Il comprendra des détails sur le pays d’origine, la méthode de production et la méthode d’abattage (étourdi ou non-étourdi) ».

Dans l’islam et dans le judaïsme, les animaux doivent être conscients lors de leur égorgement pour que leur viande soit autorisée à la consommation. Les militants des droits des animaux considèrent cette pratique comme cruelle tandis que les partisans de cette coutume juive, appelée shehita, estiment qu’elle est finalement moins encline à induire des souffrances parce que, contrairement aux méthodes industrielles, elle n’est pas mécanisée et implique davantage de surveillance lors des procédures.

Shechita UK, une organisation représentant les intérêts communautaires dans ce registre, a déjà qualifié dans le passé cet étiquetage de « non étourdi » de discriminatoire parce qu’il « suggère que la viande issue d’un abattage par shehita a subi un processus non-humain et qu’il n’y aura pas d’étiquette sur la manière dont la viande non-casher est abattue ou si les méthodes d’étourdissement ont échoué (comme c’est fréquemment le cas) ».

En France, une commission de conseil du Sénat travaillant sur l’industrie de la viande avait adopté pour la première fois en 2013 une recommandation non contraignante concernant l’étiquetage casher/halal, suscitant les condamnations des responsables religieux juifs et musulmans.

Comme dans le cas de la circoncision non-médicale des garçons, certains opposants de la shehita affirment qu’il s’agit d’une importation étrangère liée à la propagation de l’islam en Europe. D’autres, dans le débat sur la circoncision, citent ce qu’ils considèrent comme les droits de l’enfant, et revendiquent le bien-être animal face à la production de viande.

Le positionnement du parti travailliste sur l’étiquetage survient alors que les relations entre le parti et les institutions représentant la communauté juive du Royaume-Uni n’ont jamais été aussi tendues. Les liens se sont détériorés face à l’inaction perçue dans la lutte contre l’antisémitisme au sein du Labour et dans les discours de haine contre Israël.

En 2016, Jonathan Arkush, président du Board of Deputies des Juifs britanniques, avait estimé que « la majorité de la communauté juive ne peut pas faire confiance au Labour ».

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