GB: Un élu condamné après un discours évoquant les « tentacules ensanglantés » de Tsahal
Selon les experts, les pieuvres apparaissent régulièrement dans l'imagerie antisémite et Shockat Adam est soit 'un ignorant grotesque' soit 'un nazi'
JTA — Un député britannique, Shockat Adam, a suscité l’indignation en parlant des « tentacules ensanglantés » de l’armée israélienne lors d’un discours au Parlement, mercredi.
Ce député, qui est un homme d’affaires, opticien indépendant né au Malawi, a tenu ces propos au moment où le Parlement britannique débattait des frappes israéliennes contre la direction du Hamas à Doha, au Qatar, et que le Premier ministre, Keir Starmer, se préparait à accueillir le président israélien.
Adam a expliqué que sa nièce et sa jeune fille se trouvaient, au moment de la frappe, dans une bibliothèque à quelques pâtés de maisons du lieu de l’explosion.
« Après avoir été témoin du massacre par l’armée israélienne de plus de 60 000 personnes à Gaza, dont 19 000 enfants, les tentacules ensanglantés de l’armée israélienne se rapprochent maintenant de nous, enfin dans mon cas surtout », a déclaré Adam, depuis longtemps critique d’Israël depuis cette semaine, de la décision du gouvernement britannique de ne pas qualifier la guerre d’Israël à Gaza de « génocide ».
Ses propos lui ont valu des critiques lui reprochant de se faire l’écho de stéréotypes antisémites éculés sur le pouvoir des Juifs. Les pieuvres font en effet partie de l’imagerie antisémite, reprise par les nazis.
« Si Shockat Adam n’a aucune idée de ce à quoi renvoie historiquement l’expression ‘Tentacules ensanglantés’, c’est qu’il est grotesquement ignorant et qu’il n’est pas qualifié pour participer à ce débat », a écrit sur X Tomos Doran, un commentateur gallois. « S’il en est conscient, alors c’est que c’est un nazi. C’est aussi simple que cela. »
Josh Howie, un commentateur politique juif de droite, a lui écrit sur X : « Je sais que ce pays, à commencer par mes grands-parents, ont fait la guerre pour que les nazis n’arrivent pas au Parlement. »
Adam n’a pas écopé de réprimande de la part du Parlement, où le symbole antisémite a pourtant déjà été au coeur d’une controverse. En 2010, le député britannique Martin Linton avait été critiqué pour avoir mis en garde les électeurs contre les « longs tentacules d’Israël », avant de revenir sur sa déclaration et de présenter des excuses après avoir pris conscience de l’origine antisémite de ses propos.
Adam a immédiatement réagi aux critiques que lui ont valu ses propos, tenus le jour même de la venue à Londres du président israélien, Isaac Herzog, pour s’y entretenir avec le Premier ministre Keir Starmer. Adam avait demandé à Starmer de refuser de rencontrer Herzog.
« Au moment où Israël prépare une invasion terrestre à grande échelle de Gaza-ville, Starmer accueille son président à Downing Street les bras grands ouverts », a-t-il écrit sur X. « L’histoire retiendra ce moment comme le plus honteux de la complicité du Royaume-Uni. »
Starmer a fait savoir que la Grande-Bretagne reconnaîtrait un État palestinien, ce mois-ci, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, si Israël n’acceptait pas de cessez-le-feu avec le Hamas.
Avant la visite du président Herzog, les autorités britanniques avaient déclaré qu’elles ne pensaient pas qu’un génocide avait lieu à Gaza, ce qui avait ravivé les critiques envers Israël.
Herzog et Starmer n’ont pas publié de déclaration publique à l’issue de leur rencontre dont Herzog a pu dire qu’elle avait donné lieu à des échanges « difficiles ».
« Des choses dures et fortes se sont dites et il est clair que nous pouvons nous disputer, parce que lorsque les alliés se rencontrent, ils peuvent se disputer », a-t-il déclaré. « Nos deux pays sont des démocraties. »