GB : Une grande école juive privée ferme face à des difficultés financières

La fermeture intervient alors que les frais des écoles privées sont désormais soumis à la TVA et que de plus en plus d’élèves rejoignent des établissements haredim

Une vue de l’Immanuel College en 2010. (Crédit : Wikimedia Commons/JTA)

JTA – L’Immanuel College, une école juive privée de premier plan située dans la banlieue de Londres, a annoncé mardi qu’elle fermerait ses portes à la fin de l’année scolaire actuelle pour cause de difficultés financières et de baisse des inscriptions.

« C’est un moment particulièrement pénible et difficile », a déclaré Daniel Levy, président du conseil d’administration de l’établissement, dans un communiqué. « L’Immanuel College est un pilier de l’éducation et de la vie communautaire depuis plus de 35 ans, et nous savons à quel point cette nouvelle sera ressentie par toutes les personnes qui y sont liées. »

Cet établissement juif orthodoxe moderne, classé meilleure école juive du Royaume-Uni dans le Parent Power Guide du Sunday Times en 2025, fait partie des rares écoles juives indépendantes de la région londonienne.

Fondée en 1990 par Immanuel Jakobovits, ancien grand rabbin du Commonwealth britannique, l’école accueille environ 360 élèves âgés de 10 à 18 ans. L’an dernier, la section préparatoire de l’établissement avait déjà fermé en raison de « pressions financières sans précédent ».

L’école s’inscrit dans un paysage dominé par un réseau bien plus vaste d’établissements juifs financés par l’État, notamment la prestigieuse JFS (anciennement Jews’ Free School) et la Jewish Community Secondary School.

Levy a indiqué que l’établissement s’était « engagé à veiller à ce que chaque élève puisse être orienté vers la prochaine étape adaptée », et qu’il collaborait avec d’autres écoles juives et privées pour trouver des solutions de scolarisation. Au Royaume-Uni, ces établissements sont payants, contrairement aux écoles publiques financées par l’État.

Un communiqué de l’établissement attribue cette fermeture à plusieurs facteurs, notamment « l’introduction de la TVA sur les frais de scolarité des écoles privées, la hausse des coûts de fonctionnement liée à l’inflation et à l’augmentation des cotisations sociales, ainsi que la baisse du nombre d’élèves ».

La TVA, taxe sur la valeur ajoutée au Royaume-Uni, s’applique aux écoles privées depuis l’an dernier. Elles en étaient auparavant exemptées.

L’établissement souligne également que la baisse des inscriptions « reflète une tendance plus large dans le secteur, avec un nombre croissant d’écoles privées qui ferment ces dernières années ».

« Par ailleurs, l’évolution du paysage éducatif juif, notamment la popularité croissante des écoles publiques juives, a contribué à la baisse des inscriptions », ajoute le communiqué, précisant que l’Immanuel College enregistrait des pertes annuelles dépassant 2 millions de livres sterling.


L’ancien grand rabbin du Royaume-Uni, Immanuel Jakobovits (Crédit : Wikipédia)

Oliver Dowden, député britannique et membre du Parti conservateur, a déploré cette fermeture dans une publication publiée sur X, évoquant « une nouvelle victime de la hausse de la TVA imposée par le Parti travailliste aux écoles privées ».

« Je suis très triste d’apprendre la fermeture du remarquable Immanuel College à la fin de l’année scolaire en cours. C’est un coup dur pour Bushey et la communauté juive », a-t-il écrit, en référence à la ville du Hertfordshire où se situe l’établissement.

L’écrivain et analyste politique Arieh Kovler a décrit l’école comme une « anomalie » dans le paysage éducatif juif britannique, estimant dans une publication sur X qu’elle n’était « pas assez religieuse pour certains milieux orthodoxes stricts, ni assez prestigieuse pour les familles recherchant les meilleures écoles privées, tandis que ceux qui souhaitent simplement une école juive disposent désormais de nombreuses options publiques gratuites ».

Selon l’Institute for Jewish Policy Research, 60 % des enfants juifs scolarisés dans des écoles juives fréquentent des établissements orthodoxes haredim, un chiffre qui n’inclut pas les adolescents étudiant dans des yeshivot et séminaires non recensés par les statistiques publiques. Dans les années 1990, cette proportion s’élevait à 46 %.

Pour de nombreux parents et membres de la communauté juive britannique, cette fermeture est un véritable choc.

« À une époque où il est essentiel que nos enfants développent une identité forte, la disparition d’une école qui inculque cette fierté juive est d’autant plus tragique », a écrit Naomi Greenaway, parent d’élève à l’Immanuel College et journaliste, dans une tribune publiée dans The Jewish Chronicle. « Mais cette tragédie est une épreuve que la communauté de l’Immanuel College – parents, élèves, enseignants, administrateurs, membres du conseil d’administration et anciens élèves – devra surmonter ensemble. »

Le rabbin Alex Chapper, à la tête de la Borehamwood & Elstree United Synagogue, a estimé dans une publication sur Facebook que cette fermeture rappelait « l’importance cruciale de l’éducation juive pour notre communauté ».

« Elle ne doit jamais être considérée comme acquise, externalisée ou sous-estimée. Nous devons au contraire redoubler d’efforts pour soutenir l’éducation de la prochaine génération, afin qu’elle puisse bâtir un avenir juif fier, éclairé et confiant », a-t-il écrit.

Les Hertfordshire Friends of Israel ont également réagi sur Facebook, soulignant qu’ « il ne s’agit pas seulement de la fermeture d’une école, mais d’une communauté, d’un héritage et des pressions croissantes qui pèsent sur l’éducation juive au Royaume-Uni ».

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