Gisèle Journo, agent d’influenceurs, cyberharcelée après un énième appel au boycott lancé par Rima Hassan

Il est reproché à la jeune femme d’avoir relayé des contenus pro-Israël ; plusieurs de ses amis, dont l'influenceuse Léna Situations, se sont depuis détournés d'elle

La publication Instagram de Rima Hassan qui a provoqué le cyberharcèlement de Gisèle Journo, fondatrice et directrice de l’agence d’influenceurs Gisèle Paris. (Crédit : Capture d’écran Instagram)

Gisèle Journo, 26 ans, fondatrice et directrice de l’agence d’influenceurs Gisèle Paris, fait depuis ces derniers temps l’objet d’une vaste campagne de cyberharcèlement après avoir été publiquement prise pour cible par l’eurodéputée de la gauche radicale controversée Rima Hassan. La représentante de la France insoumise (LFI) a ainsi appelé au boycott de son agence en raison de contenus pro-Israël relayés par Gisèle Journo – et non par son agence – sur les réseaux sociaux (notamment des vidéos publiées par des soldats de l’armée israélienne, ainsi que des contenus liés à Israël, dont une vidéo du concert du chanteur israélien Omer Adam ou une vidéo montrant le drapeau israélien).

Avant la publication de Rima Hassan le 13 août, des internautes avaient entrepris de retrouver et de diffuser d’anciens contenus publiés par Gisèle Journo. Puis, Rima Hassan a à son tour relayé les accusations et appelé au « boycott » de l’agence Gisèle Paris, reprochant à sa dirigeante d’avoir « relayé et soutenu le contenu de l’armée israélienne en plein génocide ».

Gisèle Journo était apparue au début du mois dans les « vlogs d’août » de la créatrice de contenus Léna Situations, lors de vacances passées avec son cercle d’amis sur l’île de Ré. La publication de l’eurodéputée a été « likée » par Léna Situations. Celle-ci a ensuite supprimé de ses réseaux sociaux plusieurs publications et vidéos dans lesquelles apparaissait Gisèle Journo.

D’autres influenceurs du même cercle ont également pris leurs distances. Le youtubeur Sundy Jules a notamment flouté le visage de Gisèle dans une vidéo récente. Le youtubeur Sparkdise, qui avait participé aux vacances sur l’île de Ré, a écrit en story sur Instagram : « Fuck Gisèle, fuck all Zionist qui me suivent », ajoutant : « J’ai jamais été avec vous de près ou de loin. »

Selon les avocats de Gisèle Journo et de son agence, la campagne en ligne lancée par Rima Hassan a rapidement donné lieu à des milliers de messages insultants, antisémites et menaçants. « Vous serez chassés, traqués, tabassés, ce n’est qu’une question de temps saletés de sionistes », a notamment pu lire Gisèle Journo, selon des captures d’écran communiquées par ses conseils. D’autres messages contenaient des insultes sexistes ou des menaces explicites de violence et de mort.

Une plainte a été déposée, notamment pour cyberharcèlement aggravé, provocation publique à la haine, injures et menaces de mort à caractère antisémite, selon Me Karen Noblinski, qui défend Gisèle Journo et son agence, avec les avocats David Smadja et Julie Jacob. Le pôle national de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris a été saisi, et les contenus concernés lui ont été transmis, selon les avocats.

La polémique est également devenue une source d’inquiétude pour certains influenceurs représentés par Gisèle Paris, qui craignent d’être associés à la controverse. Dans un communiqué publié le 14 août sur ses réseaux sociaux, l’agence Gisèle Paris a affirmé n’avoir « jamais soutenu ni cautionné la mort de civils palestiniens » et dit refuser de « prendre des positions politiques ».

 

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« Gisèle rassemble depuis toujours des personnes de cultures, d’origines et de religions différentes », affirme l’agence, qui dit refuser que la guerre entre Israël et le Hamas « importe ici la haine » et « oppose les communautés ».

Les avocats de l’agence dénoncent de leur côté une campagne susceptible d’avoir des conséquences économiques pour leurs clients. Me Julie Jacob a déclaré que « la liberté commerciale n’est pas la liberté de discriminer » et mis en garde contre le risque que les campagnes de boycott sur les réseaux sociaux deviennent un moyen de « mise au ban économique ». L’avocate rappelle que les influenceurs exercent une activité professionnelle encadrée par des contrats et des responsabilités, et estime que les appels à la haine ou à la discrimination ne peuvent constituer un mode de régulation des relations commerciales.

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