Glucksmann : Mélenchon joue avec « les pires codes de l’extrême droite » et de « l’antisémitisme »

Jean-Luc Mélenchon s'est défendu encore une fois de tout antisémitisme et assuré que son parti combat 'le racisme antijuif'

Raphael Glucksmann, député européen et tête de liste du Parti socialiste pour les élections européennes, s'exprime lors d'une audition des têtes de liste pour les élections européennes au World Impact Summit, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 7 mars 2024. (Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP)

L’eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann a déclaré lundi que Jean-Luc Mélenchon, qui a plaisanté la veille sur la prononciation de son nom de famille, était « devenu le Jean-Marie Le Pen de notre époque » et jouait « avec les pires codes de l’extrême droite » et de « l’antisémitisme ».

Lors d’un meeting à Perpignan, le leader de La France insoumise a dit : « Monsieur Glucksman et je ne sais qui encore, Glucksmann pardon…, après j’en ai pour des heures ».

Dans la première référence au nom de l’eurodéputé, Jean-Luc Mélenchon prononce « Glucksman » et la seconde fois, lorsqu’il se reprend, il prononce « Glucksmane ».

« On ne joue pas (…) sur des noms à consonance juive ou à consonance étrangère. Ce n’est pas la tradition de la République », lui a répondu Raphaël Glucksmann sur franceinfo.

« En faisant cela, il s’exclut lui-même de la gauche et de la République » et « confirme aux yeux de tous qu’il est devenu le Jean-Marie Le Pen de notre époque », a-t-il ajouté.

« Il est devenu ce mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l’extrême droite française et de l’antisémitisme », a déploré l’élu du parti Place Publique.

« Il flatte les pires instincts dans la société », a-t-il insisté, réaffirmant qu’une alliance électorale avec LFI était désormais impossible.

Jean-Luc Mélenchon a été accusé d’antisémitisme ces derniers jours pour avoir ironisé sur le nom à consonance juive aussi de Jeffrey Epstein cette fois, en se demandant si la prononciation « Epstine » ne visait pas à le russifier. Une question qui rappelle celle de sa collègue Rima Hassan. L’eurodéputée controversée avait écrit en commentaire d’un article d’un journaliste du Parisien consacré à la « piste russe » liée au criminel sexuel : il « a signé ce papier. Pour mieux nous faire oublier la piste du Mossad », le service extérieur du renseignement israélien. Le journaliste avait été cyber-harcelé.

Le leader insoumis a ainsi été accusé de s’amuser de la prononciation de noms juifs mais aussi de sous-entendre l’existence d’un complot visant à cacher l’origine juive du pédocriminel américain.

Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national et aujourd’hui décédé, avait suscité l’indignation avec un jeu de mots resté célèbre, « Durafour crématoire », associant en 1988 le nom du ministre Michel Durafour aux camps de la mort nazis. Il avait été condamné par la justice.

Durant son meeting dimanche, Jean-Luc Mélenchon s’est défendu encore une fois de tout antisémitisme et assuré que son parti combat « le racisme antijuif ».

Place publique appelle dans un communiqué lundi qu’il ne forme « aucune alliance, même locale et isolée » avec La France insoumise pour les élections municipales et affirme avoir suspendu ses adhérents qui auraient dérogé à la ligne.

Place publique « n’a jamais conclu d’accord politique ou électoral avec des listes où figurent des adhérents de La France insoumise. Il n’y a pas une liste en France qui soit commune à Place publique et LFI », affirme le parti de Raphaël Glucksmann, alors que certains médias avaient fait état de listes communes dans quelques villes.

Ces rares situations relèvent soit « d’initiatives individuelles d’adhérents ayant rejoint des listes de gauche sur lesquelles figurent également des colistiers LFI », soit de « dynamiques locales initialement engagées par Place publique et auxquelles LFI s’est ensuite associée, ce qui a conduit notre mouvement à retirer son soutien », soit « de soutiens sans participation à des listes d’union qui ne comprenaient pas LFI à l’origine, mais dont la configuration a évolué ultérieurement », précise le parti.

Dans chacune de ces situations, Place publique affirme avoir « rompu toute participation et tout soutien pour n’être associés en rien à ces initiatives ».

Dans les cas où la ligne du parti n’a pas été respectée, « aucune investiture n’a été accordée et, si les adhérents concernés n’ont pas quitté Place publique de leur propre initiative, ils ont été suspendus à titre conservatoire et une procédure d’exclusion sera ouverte », ajoute Place Publique.

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