Golan estime que l’assassinat de Khamenei était une erreur

'Nous nous retrouvons avec des dirigeants encore plus extrêmes', déplore-t-il ; il accuse Netanyahu d'avoir 'vendu des illusions aux États-Unis quant au renversement du régime'

Yair Golan, président du parti HaDemocratim, participe au Sommet mondial Shabtai Shavit sur la lutte contre le terrorisme à l'université Reichman d'Herzliya, le 6 octobre 2026. (Crédit : Tal Gal/Flash90)

Le chef du parti HaDemocratim, Yair Golan, a fait savoir, dans la journée de vendredi, que l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei au début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, au mois de février dernier, avait été une « erreur » dans la mesure où Téhéran était désormais dirigé par « des individus encore plus extrêmes ».

« Je pense, sans équivoque possible, que l’élimination de Khamenei père a été une erreur », a affirmé le dirigeant de ce parti de gauche lors d’une interview donnée à l’occasion d’un événement qui était organisé à Rishon Lezion.

« Non pas parce qu’il ne méritait pas de mourir, mais simplement parce que cela n’a pas servi les intérêts de l’État d’Israël », a ajouté l’homme politique de gauche. « Chaque fois qu’il y a un dirigeant âgé, en poste depuis longtemps, cela présente un certain avantage — et il avait déjà 86 ans ».

Golan a indiqué qu’après le décès de Khamenei, « nous nous retrouvons dorénavant face à des individus plus extrémistes et plus violents ».

L’ancien chef d’état-major adjoint de Tsahal a dit avoir cru comprendre que le successeur de Khamenei, son fils Mojtaba Khamenei, « est sous le contrôle de l’élite stratégique et sécuritaire iranienne, qui est ultra-extrémiste ».

Le nouveau guide suprême de l’Iran avait été grièvement blessé lors de la frappe qui avait tué son père. Il n’a pas été vu en public depuis.

Des manifestants iraniens pro-régime brandissant des affiches du guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei (à droite) et de son père Ali Khamenei, éliminé lors de frappes américaines et israéliennes le 28 février, lors d’un rassemblement festif, à Téhéran, en Iran, à la suite de nouvelles frappes de missiles sur Israël, le 7 juin 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Golan a laissé entendre qu’Israël se trouvait globalement dans une situation plus difficile à l’issue de la guerre, car le Premier ministre Benjamin Netanyahu « s’était fixé un objectif irréaliste qui a échoué et qui n’a jamais été atteint : renverser le régime iranien ».

Le chef de parti a indiqué qu’il avait estimé qu’Israël « était au sommet de ses réalisations contre les Iraniens » à l’issue de l’opération Rising Lion, au mois de juin 2025, et que la situation s’était détériorée depuis l’opération Lion rugissant, lancée au mois de février dernier.

« Netanyahu, avec toute son arrogance, avec pour motivation des considérations de survie politique, a gâché une opportunité stratégique exceptionnelle », a écrit Golan par la suite sur le réseau social X.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant lors d’une cérémonie nationale à la mémoire des civils assassinés lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, marquant le troisième anniversaire des massacres, au mont Herzl, à Jérusalem, le 5 octobre 2026. (Crédit : Olivier Fitoussi/POOL)

« Au lieu de mener des initiatives diplomatiques régionales susceptibles de garantir la sécurité d’Israël, il a vendu aux Américains des illusions sur le renversement du régime iranien, sans stratégie diplomatique pour assurer l’après-conflit », a-t-il ajouté dans son post.

« Sous Netanyahu, l’[opération] Lion rugissant n’a fait qu’aggraver notre situation stratégique au lieu de l’améliorer. La responsabilité de la définition des objectifs, de la gestion de la campagne et de ses résultats incombe à Netanyahu », a-t-il poursuivi.

Au mois de juillet, le New York Times avait rapporté que les services de renseignement américains estimaient que Mojtaba Khamenei était « bien plus » enclin à chercher à développer des armes nucléaires que ne l’était son père. Le Times avait précisé que cette évaluation ne reposait pas sur de nouvelles informations recueillies depuis le début de la guerre, ni depuis l’accession de Mojtaba au pouvoir, mais sur des informations qui avaient été collectées antérieurement.

Les sondages indiquent que le parti HaDemocratim de Golan remporterait huit à neuf sièges lors des élections qui sont prévues à la fin du mois.

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