Goldknopf critiqué pour avoir comparé les réfractaires haredim aux otages à Gaza
Dans une lettre adressée au Premier ministre, le chef de Yahadout HaTorah a salué la proposition de Trump et demandé la libération des étudiants en yeshiva ; Lapid s'est insurgé
Un député ultra-orthodoxe de premier plan a semblé, dimanche dans la soirée, établir un parallèle entre les otages détenus par les terroristes palestiniens à Gaza et les jeunes haredim placés en détention parce qu’ils tentaient d’échapper au service militaire dans une lettre où il a salué le plan du président américain Donald Trump qui vise à mettre un terme à la guerre à Gaza.
Exprimant son souhait de voir les otages rapidement rapatriés en Israël au cours de la semaine de la fête de Souccot, qui commence lundi soir, le chef du parti Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, a écrit dans un courrier adressé au Premier ministre Benjamin Netanyahu que le gouvernement avait la responsabilité de veiller à ce que les terroristes palestiniens libérés dans le cadre de l’accord « ne constituent à aucun moment et d’aucune manière une menace pour l’État d’Israël ».
Mettant en parallèle la question des otages et celle de la conscription dans l’armée israélienne, Goldknopf a ensuite exhorté le Premier ministre à œuvrer également en faveur de la remise en liberté « immédiate » des réfractaires au service militaire arrêtés « pour avoir étudié la Torah » afin qu’ils puissent eux aussi célébrer la fête à venir avec leurs familles.
La semaine dernière, l’armée israélienne a approuvé la libération anticipée d’un certain nombre de réfractaires ultra-orthodoxes afin de leur permettre de célébrer le jeûne de Yom Kippour chez eux. Il s’agissait de la deuxième libération anticipée de ce type en deux semaines, un autre groupe ayant été renvoyé chez lui avant Rosh HaShana.
Pendant des décennies, les hommes ultra-orthodoxes ont bénéficié d’exemptions généralisées du service militaire leur permettant d’étudier à plein temps dans une yeshiva, jusqu’à ce que la Haute Cour de justice statue l’année dernière que ce système était illégal. Quatre-vingt-mille hommes haredim âgés de 18 à 24 ans sont actuellement éligibles au service militaire, selon les estimations – mais ils ne se sont pas enrôlés.
Tsahal a répété à plusieurs reprises qu’elle avait un besoin urgent de 12 000 recrues, invoquant la pression exercée par la guerre en cours contre le Hamas à Gaza. Les récentes mesures de coercition ont amené l’armée à arrêter des dizaines de réfractaires haredim, ce qui a déclenché des protestations et des appels à « libérer les otages » des cellules des prisons militaires.
Depuis la décision de justice de l’année dernière, le parti Yahadout HaTorah et le parti haredi Shas ont tous les deux exigé l’adoption d’une loi rétablissant les exemptions annulées. Goldknopf a démissionné du cabinet au mois de juin dernier en raison de l’incapacité du gouvernement à adopter un tel projet de loi, et son parti dans son ensemble a quitté la coalition le mois suivant.
Les politiciens sionistes laïques et religieux n’ont pas tardé à condamner Goldknopf pour avoir apparemment comparé les otages aux réfractaires ultra-orthodoxes, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett tweetant que son discours était « tout simplement honteux ».
« Mon problème concerne les partis qui se qualifient de sionistes mais qui soutiennent la honteuse pratique de l’insoumission au service militaire uniquement pour des intérêts politiques et personnels », a écrit Bennett, visant le bloc dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui dépend des partis ultra-orthodoxes pour rester au pouvoir.
« Goldknopf et toute son équipe ont perdu la tête », a posté, de son côté, le chef de l’opposition Yair Lapid. « Les otages sont en train de mourir : lui et ses déserteurs haredim sont une bande de gamins gâtés qui pensent, pour une raison quelconque, qu’ils ont le droit d’échapper à la conscription pendant que l’armée israélienne se bat pour protéger leur vie confortable, financée par les fonds publics ».
La députée Debbie Biton, du parti Yesh Atid, a qualifié la comparaison de Goldknopf de « honte morale » tandis que la députée Efrat Rayten, du parti Les démocrates, a déclaré qu’elle « priait pour qu’il soit pardonné pour tous ses péchés ».
Goldknopf a déjà tenu des propos controversés concernant les jeunes ultra-orthodoxes et la conscription.
Dans une interview accordée au mois de juillet au journal sioniste religieux Makor Rishon, Goldknopf avait indiqué que les Juifs ultra-orthodoxes d’Israël pourraient être placés dans l’obligation de quitter le pays en masse si les autorités commençaient à arrêter les étudiants des yeshivot qui refusent de se présenter au service militaire obligatoire.
Interrogé sur le fait que d’autres personnes devraient payer le prix du refus des Israéliens ultra-orthodoxes de servir, notamment les personnes religieuses qui perdent la vie ou celles qui ne peuvent pas observer les coutumes juives en raison du manque de main-d’œuvre, Goldknopf avait répondu que cette question ne le concernait pas, ni sa communauté.
« Ne me confiez pas vos souffrances et ne me les transmettez pas. Décidons que chacun a son propre fardeau à porter », avait-il dit, suscitant des critiques même au sein de son propre parti.
Au mois de mars, Goldknopf avait provoqué un tollé politique après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de danser sur une chanson antisioniste et anti-conscription lors du mariage de son neveu.
Dans un clip largement diffusé, Goldknopf apparaissait au milieu d’un cercle de jeunes hommes haredim chantant qu’ils « ne croient pas au gouvernement des infidèles » et « ne se présenteront pas à leurs bureaux de recrutement [militaire] ». Les paroles comprenaient également : « Nous mourrons plutôt que de nous enrôler ».