Grèce : libération conditionnelle pour le chef du parti néo-nazi Aube dorée

Nikos Michaloliakos, condamné en 2020 à 13,5 ans de prison, aurait été transféré en 2022 dans un centre de réadaptation à l'ouest d'Athènes après une grave crise de Covid-19

L'ancien député et chef du parti Aube dorée, Nikolaos Michaloliakos escorté par la police, à Athènes, le 28 septembre 2013. (Crédit : Angelos Tzortzinis/AFP)

La justice grecque a accordé jeudi une libération conditionnelle au chef du parti néo-nazi Aube dorée, emprisonné pour le meurtre notamment d’un rappeur anti-fasciste il y a dix ans.

Nikos Michaloliakos a été condamné en 2020 à 13,5 ans de prison en tant que chef présumé d’une organisation criminelle qui s’en prenait pendant des années aux immigrés et aux opposants politiques.

Parmi les crimes imputés à ce groupe néo-nazi figurent les meurtres en 2013 d’un rappeur anti-fasciste et d’un migrant pakistanais, ainsi que de graves passages à tabac de pêcheurs égyptiens et de syndicalistes communistes.

Les magistrats de la ville de Lamia ont interdit à ce mathématicien de 66 ans, négationniste de la Shoah, de quitter la grande région d’Athènes et l’obligent à se présenter au poste de police une fois par mois.

Il n’est pas non plus autorisé à entrer en contact avec d’autres personnes condamnées dans cette affaire, ont indiqué les magistrats.

L’agence d’État ANA a déclaré jeudi que Michaloliakos était déjà sorti de prison depuis 2022. Il avait été transféré dans un centre de réadaptation à l’ouest d’Athènes après une grave crise de Covid-19.

Nikos Michaloliakos, président du parti grec d’extrême-droite Aube dorée, à Athènes, le 3 février 2018. (Crédit : Yorgos Karahalis/AP)

Ancien élève-officier en disgrâce et fidèle du dictateur grec Georgios Papadopoulos, il avait déjà passé du temps en prison à la fin des années 1970 en lien avec une série d’attentats à la bombe.

Depuis sa prison, il écrivait régulièrement des articles pour le site internet d’Aube dorée, qualifiant sa condamnation de « persécution politique » et rejetant les preuves retenues contre lui comme étant sans fondement.

Aube Dorée, une organisation xénophobe et antisémite créée par Michaloliakos, a été pendant des décennies un parti marginal jusqu’à la crise de la dette du pays en 2010.

Le parti a alors capitalisé sur la colère du public face à l’immigration et à la politique d’austérité jusqu’à entrer au Parlement pour la première fois en 2012 avec un total de 18 sièges.

Des centaines de protestataires anti-fascistes manifestant à l’ouverture du procès en appel de dizaines de cadres de l’ex-parti néonazi grec Aube Dorée, près de deux ans après leur condamnation à de lourdes peines de prison, à Athènes, le 15 juin 2022. (Crédit : Capture d’écran Twitter)

Au pic de son influence, il était le troisième parti du pays au Parlement.

Le procès en appel du parti, qui a débuté en 2022, est toujours en cours.

Malgré sa chute, Aube dorée continue d’attirer des dizaines de milliers d’électeurs grecs.

L’ancien porte-parole du parti, Ilias Kasidiaris, qui purge également une peine de 13,5 ans de prison, a soutenu l’année dernière un parti jusqu’alors inconnu, les Spartiates, lors des élections nationales.

Cette formation a recueilli plus de 240 000 voix et remporté 12 sièges au Parlement. Son chef a remercié publiquement Kasidiaris d’avoir « favorisé » son ascension.

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