Grenoble : un concert de Barbara Butch prend fin à cause de LFI et des « pro-Palestiniens »
'Il y avait à peu près 150 militants devant la scène qui avaient des banderoles, qui sifflaient, l'insultaient', a indiqué un responsable de la programmation du festival Cabaret Frappé
Un concert de la DJ juive Barbara Butch a été interrompu samedi soir à Grenoble après que des activistes estimant défendre les Palestiniens et répondant à un appel au boycott soutenu par le parti radical de la France insoumise (LFI), ont grandement perturbé sa performance.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a condamné ces violences « avec la plus grande fermeté ». « L’antisémitisme, les intimidations et les pressions n’ont pas leur place dans notre République. Empêcher une artiste de se produire est une atteinte inacceptable à la liberté d’expression », a-t-il réagi sur X.
« Les événements survenus hier soir sont d’une extrême gravité », a dénoncé dimanche soir la maire de gauche de Grenoble, Laurence Ruffin, dans un communiqué transmis à l’AFP. « La Ville de Grenoble déposera plainte afin que toute la lumière soit faite sur ces faits et que leurs auteurs répondent de leurs actes devant la justice », a-t-elle par ailleurs indiqué.
« L’artiste a été la cible d’une agression intolérable en plein spectacle », avait plus tôt indiqué la mairie de Grenoble à l’AFP, confirmant une information de médias locaux.
Depuis le mois de mai, le concert de Barbara Butch faisait l’objet d’un appel au boycott, notamment de la part de l’antenne grenobloise de LFI qui dénonçait le fait que l’artiste juive avait signé une tribune en soutien à la proposition de loi Yadan visant à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme », depuis remplacée.
La mairie de Grenoble, qui évoque des « jets de bouteilles en verre » et autres projectiles « visant délibérément la scène », « condamne fermement » les faits survenus samedi soir.
L’artiste, figure des nuits parisiennes LGBTQ+ ayant notamment participé à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris en 2024, se produisait vers 22H20 dans le cadre du festival Cabaret Frappé, organisé par la Ville depuis 25 ans.
« Il y avait à peu près 150 militants devant la scène qui avaient des banderoles, qui sifflaient, l’insultaient », a indiqué à l’AFP un responsable de la programmation du festival.
Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des personnes agitant des drapeaux palestiniens, brandissant des doigts d’honneur et faisant retentir des sifflets, alors que l’artiste est sur scène.
Vous êtes une honte pour la République @allanbrunon : une HONTE. La haine des Juifs, alimentée par un palestinisme exacerbé, fonds de commerce de LFI, est une maladie et un poison.
Interdire à l’artiste Barbara Butch de chanter, comme cela a été le cas hier soir au festival… https://t.co/uTRIq2N7tb
— Shannon Seban (@ShannonSeban) July 19, 2026
L’élu LFI à la mairie de Grenoble, Allan Brunon, qui était présent, s’est félicité auprès de l’AFP de la tenue de cette « manifestation pacifique » et de la fin du concert après vingt minutes. Il avait plusieurs fois demandé la déprogrammation de ce concert auprès de la Ville.
Selon lui, « il n’y a pas eu de projectiles qui ont été jetés ». « La France insoumise n’a jamais appelé à la violence contre Mme Butch », a-t-il assuré.
En mars, Allan Brunon avait, entre les deux tours des élections municipales, invectivé un individu dans un commerce : « Viens devant ! De quoi t’as peur ? », avait-il lancé avant de le traiter de « sale tapette », selon une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. L’élu LFI avait ensuite dit « regretter l’utilisation d’une insulte homophobe ».
« Face aux menaces visant l’artiste Barbara Butch, et afin de garantir la sécurité du public, des équipes et de l’ensemble des personnes présentes, la Ville de Grenoble a pris la décision de suspendre le concert », a indiqué la mairie dans un communiqué.
Des installations électriques ont par ailleurs été sabotées, précise-t-on de même source.
Contactée par l’AFP, l’avocate de Barbara Butch n’a pas répondu dans l’immédiat.
« Dans un Etat de droit, la contestation ne saurait jamais prendre la forme de violences visant à faire taire une personne ou à entraver l’exercice de ses libertés fondamentales », a réagi la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme.
La Licra dénonce « un amalgame antisémite consistant à assigner les personnes juives à la politique de l’Etat d’Israël et à leur faire porter collectivement cette responsabilité ».
L’antisémitisme de LFI est tout sauf résiduel.
À Grenoble, Barbara Butch, DJ et artiste reconnue, a été empêchée de jouer en plein concert.
Parce que juive.
Seulement parce que juive.Jets de projectiles, jets de bouteilles en verre, intimidations, sabotage…
Un déchaînement de…— Gabriel Attal (@GabrielAttal) July 20, 2026
Après son apparition dans le spectacle d’ouverture des JO de Paris aux côtés de célèbres drag queens, Barbara Butch, militante féministe et lesbienne, avait été la cible de cyberharcèlement. Dans cette affaire, quatre hommes ont été condamnés à des peines incluant de la prison ferme.
Barbara Butch a ensuite quitté la scène sur « Imagine » de John Lennon.
???? Des militants stoppent le concert de Barbara Butch ➡️ "Elle a décidé de prendre une position politique et je peux comprendre que cette position politique puisse générer une protestation, à partir du moment où cette protestation est pacifique", dit Manuel Bompard. pic.twitter.com/VEmDnEvWMM
— franceinfo (@franceinfo) July 20, 2026