Greta Thunberg quittera Israël lundi à bord d’un vol à destination d’Athènes

Quelque 70 militants de la flottille vont rejoindre la Grèce, d'où ils s'envoleront vers leurs pays d'origine ; une militante mord un membre du personnel pénitentiaire, retardant son expulsion

Greta Thunberg, détenue par Israël après avoir tenté de briser le blocus de la bande de Gaza, sur une photo publiée le 3 octobre 2025 par le ministère des Affaires étrangères. (Ministère des Affaires étrangères)

L’activiste suédoise Greta Thunberg figurera parmi les plus de 70 personnes de différentes nationalités, arrêtées lors de l’interception de la flottille chargée d’aide humanitaire à destination de Gaza, qui quitteront Israël lundi.

La majorité, voire la totalité, de ces personnes libérées des prisons israéliennes seront expulsées par avion vers la Grèce. Une fois sur place, elles pourront prendre un vol vers leur pays d’origine, ont annoncé dimanche leurs gouvernements respectifs.

Vingt-huit ressortissants français, 27 Grecs, 15 Italiens et 9 Suédois quitteront ainsi Israël lundi.

Dimanche, 21 Espagnols ont en outre regagné leur pays.

Après cette vague de libérations, plusieurs ressortissants étrangers, dont 28 Espagnols, demeurent encore en détention en Israël.

Tous se trouvaient à bord de l’un des 42 navires de la flottille Global Sumud. Militants et personnalités politiques, ils avaient pour objectif de briser le blocus israélien et d’acheminer de l’aide à Gaza, en proie à la famine selon les Nations unies — une accusation toutefois rejetée par Israël.

Des militants vêtus de gilets de sauvetage orange sont assis à bord d’un bateau de la flottille Sumud à destination de Gaza, tandis que des soldats de la marine israélienne le conduisent vers le port d’Ashdod, en Israël, le 2 octobre 2025, après l’avoir intercepté alors qu’il s’approchait de la côte de Gaza. (Crédit : AP Photo/Leo Correa)

Israël a lancé mercredi les opérations d’interception des navires dans les eaux internationales, arrêtant plus de 470 personnes qui se trouvaient à bord.

Les ministères des Affaires étrangères italien et grec ont fait savoir que leurs ressortissants, une fois relâchés,  s’envoleraient lundi d’Israël vers Athènes. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a pour sa part déclaré sur le réseau social X que les 15 Italiens bénéficieraient ensuite d’une assistance en vue leur transfert vers l’Italie.

Le ministère français des Affaires étrangères a quant à lui précisé que les 28 ressortissants français – soit la majorité des 30 Français arrêtés par Israël à bord de la flottille – seraient transportés par avion vers la Grèce.

Le ministère suédois des Affaires étrangères n’a transmis aucune information sur la destination vers laquelle les Suédois seraient évacués. Les médias suédois ont toutefois indiqué qu’ils pourraient également être placés sur le vol à destination de la Grèce.

L’avion transportant les militants expulsés à destination de la Grèce décollera de l’aéroport Ramon, dans le sud d’Israël. Il atterrira à Athènes.

Des militants suisses, qui naviguaient à bord de navires de la flottille Global Sumud, lèvent le poing après avoir atterri à l’aéroport de Genève en provenance d’Istanbul, après qu’Israël a intercepté la flottille à destination de Gaza et arrêté des centaines de personnes, à Genève, le 5 octobre 2025. (Crédit : Photo de Fabrice COFFRINI / AFP)

À ce jour, 170 militants qui se trouvaient à bord de la flottille ont été expulsés. Ceux qui restent sont détenus à la prison de Ketziot, dans des conditions que leurs avocats ont qualifiées d’insalubres.

Dimanche soir, une militante espagnole a mordu un membre du personnel médical, provoquant un tollé dans la prison, ont rapporté des agents pénitentiaires.

C’est alors qu’elle était escortée pour un examen médical de routine, dans le cadre des préparatifs de son expulsion, qu’elle a mordu un membre du personnel. Initialement prévue pour demain matin, son expulsion a depuis été reportée.

Le membre du personnel médical a été soigné sur place pour des blessures légères. La police a été appelée sur les lieux pour prendre en charge la militante.

Selon certaines informations, cet incident a retardé l’expulsion de la militante, qui a été emmenée pour être interrogée et doit comparaître devant un tribunal lundi.

Selon l’organisation d’aide juridique Adalah, les militants détenus sont victimes de mauvais traitements infligés par les services pénitentiaires israéliens. Certains ont expliqué aux avocats de l’organisation arabe israélienne qu’on leur refusait de la nourriture et de l’eau. D’autres ont rapporté avoir été malmenés par les forces de l’ordre israéliennes.

Samedi, Thunberg a fait savoir à l’ambassade de Suède qu’elle souffrait de déshydratation, n’ayant reçu « que des quantités insuffisantes d’eau et de nourriture ».

L’ambassade a relayé des informations selon lesquelles Greta avait « développé des éruptions cutanées, qu’elle soupçonne avoir été causées par des punaises de lit. Elle a évoqué des traitements durs, et avoir dû rester assise pendant de longues périodes sur des surfaces dures ».

Le ministère israélien des Affaires étrangères a pour sa part rejeté les accusations de mauvais traitements, qu’il a qualifiées de « mensonges éhontés ». Le ministre d’extrême droite de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, qui supervise le système pénitentiaire israélien, a quant à lui semblé se réjouir de ces informations, se vantant du fait que les militants soient traités comme des terroristes.

« Tous les droits que la loi accorde aux détenus sont pleinement respectés », a publié le ministère des Affaires étrangères sur le réseau X.

Cette photo fournie par la police montre des militants anti-israéliens de la flottille Global Sumud en train d’être interrogés après avoir été arrêtés alors qu’ils tentaient de briser le blocus maritime israélien sur la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, le 2 octobre 2025. (Crédit : Police israélienne)

En revanche, Ben Gvir, après avoir visité Ketziot, s’est vanté que les « militants de la flottille » soient « traités comme des partisans du terrorisme, car quiconque soutient le terrorisme est un terroriste, et mérite le traitement réservé aux terroristes ».

La flottille Sumud, qui a pris la mer à la fin du mois d’août, marque la dernière tentative en date des militants pour contester le blocus maritime imposé depuis des années par Israël à Gaza.

Des tentatives similaires ont été interceptées en juin et juillet, alors que la communauté internationale exprimait sa colère envers Israël face à la crise humanitaire en cours dans la bande de Gaza. Les autorités israéliennes ont dénoncé la flottille Sumud et d’autres missions, qu’elles disent être des coups médiatiques pro-Hamas.

Un rapport de l’ONU publié en août et rejeté par Israël a déclaré l’état de famine dans certaines parties du nord de Gaza. L’État juif, qui a bloqué l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza pendant près de trois mois, jusqu’en mai, a accusé le Hamas de piller systématiquement l’aide entrant dans la bande de Gaza, et ce depuis le début de la guerre, déclenchée par l’attaque menée par le groupe terroriste palestinien contre Israël le 7 octobre 2023.

Par ailleurs, une autre flottille composée de neuf bateaux, organisée par la Freedom Flotilla Coalition, devrait également approcher Gaza dans les jours à venir, et être interceptée par la marine israélienne. Cette mission, avec une centaine de militants à bord de l’un des bateaux, a quitté l’Italie il y a environ une semaine. Samedi, elle approchait des côtes d’Alexandrie, en Égypte, selon son système de suivi en direct.

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