Herzog réclame une enquête sur les échecs du 7-Octobre, « digne » des victimes
Alors que 19 otages morts sont encore à Gaza, le président souligne qu'il est impossible que les divisions, la polarisation et la haine resurgissent 'alors que nous enterrons nos morts'
Lors d’une cérémonie officielle commémorant les victimes civiles du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, le président Isaac Herzog a présenté ses excuses jeudi au nom de l’État d’Israël pour n’avoir pas réussi à protéger ses citoyens ce jour-là. Il a également appelé à une enquête pour « examiner minutieusement cette catastrophe ».
Dans son deuxième discours prononcé au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, à la suite d’une cérémonie matinale organisée en hommage aux soldats tombés pendant la guerre à Gaza, Herzog a déclaré aux familles endeuillées des victimes civiles que « rien ne peut réparer votre monde qui a été détruit ».
« Tout ce qui me reste à faire, c’est de vous étreindre, de demander pardon au nom de l’État d’Israël – pour avoir échoué et ne pas vous avoir défendus en ce jour terrible – et d’espérer, au nom de tout un peuple, que vous trouverez apaisement et consolation, et que nous enquêterons de manière approfondie, large et exhaustive sur cette catastrophe, afin d’être dignes de votre sacrifice », a-t-il déclaré.
Herzog a prononcé ces mots alors que le gouvernement continue de s’opposer à la création d’une commission d’enquête nationale sur le 7-Octobre.
Dans un premier temps, le gouvernement s’y était opposé, arguant qu’une telle enquête ne pouvait être menée alors qu’Israël était en guerre. Cependant, la position du gouvernement a ensuite évolué, plusieurs ministres du cabinet avançant l’argument selon lequel une telle commission serait partiale à l’égard du gouvernement.
Mercredi, la Haute Cour a toutefois indiqué au gouvernement qu’il n’existait « aucun argument valable » à opposer à la nécessité d’une telle enquête.
Poursuivant son discours, Herzog a réitéré son appel à la cohésion nationale : « Au cours des deux dernières années, nous avons bien compris que nous sommes frères et sœurs… Cette fraternité est la force vitale qui nous anime. »
« Nous avons appris que sans elle, nous pourrions être en réel danger existentiel… Il n’est pas possible – tout simplement impossible – que l’esprit de factionnalisme, de polarisation et de haine refasse surface alors que nous enterrons nos morts enlevés, ceux qui nous reviennent [de la captivité du Hamas]. Nous devons nous souvenir que ce peuple et cet État sont plus grands que n’importe lequel d’entre nous. »