Huckabee dit ne pas savoir si l’aide américaine à Israël cessera fin 2026 ou 2028
L’ambassadeur défend le soutien militaire à l’État hébreu et affirme que Vance a tort de prétendre que les Républicains souhaitent modifier leurs relations avec Israël
L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré jeudi, lors d’un entretien accordé à la chaîne N12, ne pas savoir avec certitude si l’aide militaire américaine à Israël prendrait fin dès cette année ou à l’expiration de l’accord actuel, fin 2028, à la suite de l’annonce faite mardi par le président Donald Trump.
« Je ne sais pas vraiment. Je ne pense pas que nous ayons encore la réponse à cette question », a répondu Huckabee. « Nous essayons d’obtenir des éclaircissements à ce sujet. Je suis sûr que les Israéliens font de même. »
Huckabee a défendu l’aide américaine à Israël, soulignant que « ce que les Américains n’ont pas compris, et ne comprennent toujours pas, c’est que ces 3,8 milliards de dollars, une somme vraiment dérisoire à l’échelle du budget américain, sont en réalité intégralement dépensés aux États-Unis pour permettre à Israël d’acheter les équipements qui lui ont notamment servi à développer le Dôme de fer, la Fronde de David et le système antimissile Arrow 3, mais aussi des F-35, des F-15, des F-16, des hélicoptères Apache et bien d’autres équipements qu’Israël utilise pour défendre sa liberté et sa démocratie ».
Lorsqu’on lui a demandé s’il considérait, dans ces conditions, que l’annonce de Trump était une erreur, Huckabee a répondu par la négative. « Nous souhaitons faire évoluer nos relations, pour passer d’un système d’aide à une relation commerciale. »
Il a souligné que le protocole d’accord actuel « a encore quelques années devant lui ».
Il a rappelé que l’accord actuel « court encore pendant deux ans ».
Le président Isaac Herzog a quant à lui déclaré jeudi ne pas avoir connaissance d’un accord prévoyant la fin de l’aide militaire américaine d’ici la fin de l’année, contrairement à ce qu’avait affirmé Trump mardi, lorsqu’il avait assuré avoir conclu un tel accord avec Netanyahu « il y a plusieurs mois ».
« La question de l’aide américaine m’inquiète énormément. Énormément », a déclaré Herzog lors d’une réunion avec des représentants du parti Yashar, à sa résidence de Jérusalem.
« J’ai été complètement pris de court », a-t-il poursuivi, rappelant, comme Huckabee, que l’accord actuel court jusqu’en 2028.
Herzog a déclaré que la préservation des relations avec les États-Unis était l’une des principales raisons pour lesquelles Israël devait parvenir à former un gouvernement et éviter de nouvelles élections.
D’autres hauts responsables israéliens et américains ont également indiqué avoir été pris de court par cette annonce. Netanyahu, qui ne s’est pas encore exprimé à ce sujet, avait toutefois déjà fait part de son souhait de supprimer progressivement l’aide américaine sur une période de dix ans.
« Je ne pense pas que ce soit là où se situent les électeurs »
Au cours de son entretien avec N12, Huckabee a également affirmé que le vice-président JD Vance avait tort d’affirmer mercredi que des électeurs ayant soutenu Trump s’étaient détournés du Parti républicain lors des élections de mi-mandat, notamment en raison de son soutien à Israël. Vance avait également cité la guerre contre la République islamique d’Iran comme une autre raison majeure de la lourde défaite des Républicains face aux Démocrates.
« Je ne suis pas d’accord, car je ne pense pas que ce soit ce qui préoccupe les électeurs », a déclaré Huckabee au sujet du soutien américain à Israël. « En fait, si l’on regarde les sondages, les seuls Américains qui considèrent réellement cette question comme importante sont les Démocrates d’extrême gauche. Seuls 19 % des Républicains partagent ce point de vue. »
La chaîne a également demandé à Huckabee si Trump pourrait intervenir pour faciliter la formation d’un gouvernement de coalition en Israël, à la suite des résultats électoraux indécis de la semaine précédente.
« C’est possible. Il est tout à fait capable de faire quelque chose de ce genre s’il estime que c’est la bonne chose à faire et que le moment est bien choisi », a répondu Huckabee, précisant que le gouvernement américain et l’ambassade ne prenaient officiellement aucune position sur les élections israéliennes, même si Trump avait apporté son soutien à Netanyahu avant le scrutin.
« Ce n’est pas notre responsabilité. Nous ne voulons pas nous en mêler », a-t-il ajouté.
Huckabee a toutefois souligné que Trump « me surprend souvent par ce qu’il dit ou fait », n’excluant pas la possibilité qu’il invite Netanyahu et Eisenkot à la Maison Blanche pour des entretiens.
Les élections en Israël et aux États-Unis étant désormais terminées, Huckabee a également été interrogé sur la possibilité de nouvelles frappes contre l’Iran.
« Je ne pense pas que nous le sachions », a-t-il répondu. « Il y a probablement deux personnes dans le monde entier qui savent si nous allons ou non mener une nouvelle opération militaire contre l’Iran : le président Trump et le Premier ministre. Et je ne pense pas qu’une décision ait encore été prise. »
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