« Inacceptable » : Le Royaume-Uni dénonce Netanyahu pour l’avoir qualifié de « République islamique »
Le gouvernement britannique affirme avoir abordé la question avec Jérusalem ; un porte-parole israélien minimise cette remarque, affirmant que le Premier ministre citait JD Vance
Vendredi, le chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, a qualifié le Royaume-Uni de « République islamique » au cours d’une interview dans laquelle il critiquait la position britannique par rapport à Israël. Des « remarques totalement inacceptables », a jugé Londres.
Dans un podcast diffusé à la radio de l’armée israélienne, le Premier ministre le plus à droite de l’histoire d’Israël rappelait que le petit-fils de Winston Churchill avait ouvertement soutenu Israël pendant la Guerre des Six Jours de 1967.
« Est-ce que la même chose pourrait se produire aujourd’hui ? », a-t-il fait mine de s’interroger, ajoutant dans un sourire : « Quelqu’un a dit un jour que la première république islamique dotée d’armes nucléaires serait la République islamique de Grande-Bretagne. Nous veillons à ce qu’il n’y en ait pas une autre ici, en Iran. »
« Ces propos sont totalement inacceptables et nous en avons fait part au gouvernement israélien », a réagi vendredi un porte-parole du gouvernement britannique.
Le discours de Netanyahu fait écho à celui tenu régulièrement par des responsables politiques et des commentateurs d’extrême-droite occidentaux, qui soutiennent, sans fondement, que certaines régions du Royaume-Uni sont soumises à la charia en raison de la présence de populations immigrées, ce qui suscite des accusations de racisme anti-musulman.
Dans un entretien accordé à la BBC, également vendredi, le porte-parole du gouvernement israélien, David Mencer, a semblé relativiser les déclarations de Netanyahu.
Propos de Vance
« Il [M. Netanyahu] reprenait une citation faite par quelqu’un d’autre », a-t-il affirmé, rappelant que le vice-président américain JD Vance avait « tenu ces propos » auparavant.
« Il citait ce que le vice-président avait dit », a poursuivi Mencer.
En 2024, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, Vance avait estimé que le Royaume-Uni pourrait devenir « le premier pays véritablement islamiste à se doter de l’arme nucléaire », des propos qui avaient alors suscité les critiques de hauts responsables politiques britanniques.
Le Royaume-Uni fait partie des pays ayant récemment annoncé qu’ils reconnaissaient l’État palestinien, provoquant la colère d’Israël.
Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, a déclaré que son prédécesseur travailliste, Keir Starmer, n’avait pas suffisamment fait pression sur Israël pour que ce pays mette fin à son offensive dans la bande de Gaza, offensive déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Dans une interview accordée au quotidien The Guardian peu avant de prendre ses fonctions, Burnham avait également fait savoir que le Royaume-Uni envisagerait d’interdire le commerce des produits provenant des implantations de Cisjordanie.
Le Royaume-Uni, qui s’aligne généralement étroitement sur son allié américain, a également pris ses distances par rapport à la guerre américano-israélienne déclenchée en février contre l’Iran.