Inauguration d’une école pour les jeunes des avant-postes illégaux à Beit El
Le gouvernement présente cette initiative comme une réponse au décrochage scolaire de mineurs vulnérables, mais ses détracteurs y voient un soutien aux avant-postes illégaux
Une nouvelle école destinée aux jeunes vivant dans des avant-postes agricoles illégaux de Cisjordanie a été inaugurée mercredi dans l’implantation de Beit El, en présence du ministre de l’Éducation Yoav Kisch et d’autres dignitaires.
Kisch a déclaré que cet établissement, l’un des quatre créés par le gouvernement, offrirait une « solution éducative » aux jeunes vivant dans les avant-postes agricoles illégaux et les mettrait sur la voie de « l’action et de la contribution à l’État d’Israël ».
Ces écoles ont été créées dans le cadre d’une résolution gouvernementale visant à soutenir les mineurs vivant dans ces avant-postes, dont beaucoup sont en décrochage scolaire ou en situation de vulnérabilité.
Les programmes et le financement prévus par cette résolution sont censés aider ces jeunes à réintégrer le système éducatif, leur garantir une protection sociale, réduire leur implication dans des actes de violence et les préparer au service militaire. Cette politique a toutefois suscité de vives critiques, les jeunes continuant à vivre dans des avant-postes illégaux souvent associés à des violences commises contre les Palestiniens de la région.
On ignore qui, le cas échéant, veillera à ce que ces jeunes, qui vivent dans les avant-postes sans leurs parents, fréquentent effectivement l’école, et comment ils s’y rendront alors qu’ils ne sont pas autorisés à conduire.
« Pendant des années, ce sont surtout les problèmes [liés aux jeunes des collines] qui ont été abordés ; aujourd’hui, nous présentons la solution », a déclaré Shai Alon, maire de Beit El, également présent lors de l’inauguration, qui s’est tenue mardi. « La création de cette école est une excellente nouvelle pour ces jeunes et leurs familles. Au lieu de se limiter à des mesures répressives, l’État investit dans l’éducation, l’accompagnement et la construction de leur avenir. »
Les avant-postes agricoles illégaux sont établis par des militants du mouvement des implantations appartenant à la frange la plus dure, souvent avec la coopération des conseils régionaux et de Tsahal. Ils visent à asseoir leur contrôle sur de vastes étendues de terres en Cisjordanie. Ils ne sont toutefois pas autorisés par le gouvernement, ce qui les rend illégaux au regard du droit israélien.