Incident près d’une base militaire: un sixième suspect arrêté, Israël dit avoir averti Londres
Dans la nuit de samedi à dimanche, la police était intervenue près de la base de Fairford, après un appel passé aux services d'urgence signalant 'trois véhicules suspects'
Un sixième homme, un Britanno-iranien, a été arrêté jeudi dans l’enquête sur l’incident qui s’est produit dimanche près d’une base militaire en Angleterre, en amont duquel Israël dit avoir averti Londres, qui soupçonne une implication iranienne.
La police antiterroriste britannique a indiqué dans un communiqué avoir arrêté cet homme de 25 ans dans le centre de Londres, soupçonné de « préparation d’un acte terroriste ».
Il est la sixième personne arrêtée dans cette enquête aux multiples zones d’ombres, après l’interpellation de cinq Britanniques âgés de de 23 à 25 ans sur les lieux de l’incident, puis relâchés lundi sous caution.
Dans la nuit de samedi à dimanche, la police était intervenue près de la base de Fairford, après un appel passé aux services d’urgence signalant « trois véhicules suspects ».
Outre les interpellation des cinq hommes, un vaste périmètre avait été bouclé et des dizaines de foyers évacués autour de la base, utilisée par l’armée américaine pour des « opérations défensives » dans la guerre que les Etats-Unis mènent contre l’Iran.
Selon le journal britannique The Times, un des cinq suspects a lui-même prévenu la police avant l’arrestation du groupe. Dans les véhicules, une grande quantité d’essence a été retrouvée, mais pas d’explosifs, selon la police.
Très rapidement, l’administration américaine, par la voix du chef de la diplomatie Marco Rubio, évoque l’implication d' »un acteur étranger », et le président Donald Trump se dit « surpris » de la remise en liberté des cinq interpellés.
Les autorités britanniques restent elles prudentes.
Mercredi toutefois, le Premier ministre Andy Burnham a déclaré qu’il existait de « fortes indications » de l’implication de l’Iran dans cet incident.
La police ne l’évoque toujours pas dans son communiqué jeudi, la coordinatrice de la lutte antiterroriste, Vicki Evans, rappelant que l’enquête est « immensément complexe » et que les investigations suivent « tous les angles possibles, y compris celui du rôle d’un Etat étranger ».
« Fausse route »
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré mercredi soir sur la chaîne américaine Fox News, qu’Israël avait prévenu les autorités britanniques que l’Iran planifiait une attaque contre une base britannique.
Il a précisé que cette alerte avait été faite avant l’annonce par le gouvernement d’Andy Burnham de sanctions visant les implantations israéliennes en Cisjordanie.
« Nous avons transmis aux Britanniques des renseignements indiquant qu’une attaque allait avoir lieu, une attaque orchestrée par l’Iran. Et quasiment le lendemain, ils nous ont imposé des sanctions », a indiqué M. Netanyahu, ennemi juré de la République islamique.
En riposte à ces mesures, Israël avait annoncé la fermeture du consulat britannique à Jérusalem, marquant une dégradation spectaculaire des relations entre Israël et le Royaume-Uni.
L’Iran avait « catégoriquement » démenti dès lundi tout lien avec cette affaire.
L’ambassadeur britannique à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, a indiqué jeudi l’agence de presse iranienne Irna.
Et en réponse aux déclarations du Premier ministre britannique, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé sur le réseau social X que les autorités britanniques faisaient « fausse route ».
Le Royaume-Uni accuse régulièrement l’Iran d’espionnage et d’attaques sur son sol, ce que Téhéran dément.
L’utilisation par les États-Unis de la base de Fairford dans leur guerre contre l’Iran avait provoqué la colère de Téhéran, et suscité l’inquiétude de certains habitants vivant à proximité du site.