Invité par Chikli, l’extrémiste de droite Tommy Robinson est arrivé en Israël
Pour le fondateur de l'English Defense League, un 'voyou' selon les principaux groupes juifs anglais, Israël représente 'tout ce qui nous est cher en tant que Britanniques'
Tommy Robinson, militant britannique d’extrême droite et anti-islam, est arrivé mercredi en Israël pour une visite. Il avait été invité par le ministre des Affaires de la diaspora Amichai Chikli, membre du Likud, une initiative fermement dénoncée par les principaux groupes juifs du Royaume-Uni.
Dans une vidéo publiée sur le réseau X depuis le hall des arrivées de l’aéroport Ben Gurion, Robinson a indiqué être venu « pour montrer sa solidarité avec le peuple juif et le peuple d’Israël » après que le gouvernement britannique a annoncé, le mois dernier, sa décision de reconnaître un État palestinien indépendant, que Robinson a, à plusieurs reprises, appelé « État terroriste ».
Robinson, fondateur du mouvement nationaliste de l’English Defense League, a expliqué soutenir Israël parce qu’il considère l’État juif « comme un allié, un partenaire (…) C’est un phare pour la liberté et la démocratie, pour les droits, pour toutes ces choses qui nous sont chères, en tant que Britanniques, tandis que tous les pays qui l’entourent sont des États qui violent les droits de l’homme [sic], des États terroristes, des États djihadistes ».
Robinson, dans le message accompagnant la vidéo, a fait l’éloge d’Israël, « pays doté d’un leadership fort et patriotique incarné par [le Premier ministre Benjamin Netanyahu] et son parti [le Likud] ».
Selon un tweet partagé par Robinson, celui-ci devrait rencontrer le chef druze Cheikh Muafak Tarif, assister à un déjeuner organisé par le président de la Knesset, Amir Ohana, du Likud, et participer à un événement organisé par la section du parti à Tel Aviv.
L’invitation adressée par Chikli à Robinson a suscité la colère des principaux groupes juifs du Royaume-Uni, le Board of Deputies of British Jews et le Jewish Leadership Council. Dans une déclaration conjointe, ils ont fustige Robinson, « un voyou qui représente le pire de la Grande-Bretagne ».
Le ministre du Likud, qui s’est efforcé de renforcer les relations avec les partis d’extrême droite boycottés de longue date par Israël en raison de leurs liens avec l’antisémitisme et le nazisme, a défendu sa décision d’inviter Robinson, s’en prenant au Board of Deputies et affirmant qu’il était « ouvertement aligné avec les partis de gauche, woke et pro-palestiniens ».
Robinson, de son vrai nom Stephen Christopher Yaxley-Lennon, a, ces vingt dernières années, fait cinq séjours en prison pour différents crimes, notamment fraude, infractions liées aux stupéfiants ou encore, plus récemment, diffamation envers un réfugié syrien âgé de 15 ans.
Robinson a fondé l’EDL en signe de protestation contre les manifestations islamiques qui se tenaient dans sa ville natale de Luton. Son mouvement a rapidement pris une ampleur nationale, attirant de nombreux partisans de l’extrême droite. Robinson milite depuis longtemps contre ce qu’il décrit comme des crimes commis par les migrants musulmans.
Lundi, Robinson a une nouvelle fois comparu devant le tribunal pour avoir, l’an dernier, refusé de divulguer le code PIN de son téléphone à la police antiterroriste, une demande à laquelle il était tenu d’accéder en vertu de la loi britannique sur le terrorisme.
Selon les policiers qui l’avaient interpellé en juillet 2024, Robinson se comportait de manière suspecte, ne donnant que des « réponses courtes et vagues » et « évitant tout contact visuel ».
S’il est reconnu coupable, Robinson encourt une peine pouvant aller jusqu’à trois mois d’emprisonnement, ou une amende de 2 500 £ (11 000 shekels).
L’AFP a contribué à cet article.
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