Iran: Amnesty s’insurge de la confirmation d’une peine de coups de fouet contre une chanteuse
La cour d'appel de la province de Qom (sud-ouest de Téhéran) a rejeté les recours déposés par la chanteuse et son équipe, confirmant ainsi la peine infligée en première instance
Amnesty International s’est insurgé jeudi de la confirmation en appel de la peine de coups de fouet infligée en Iran à une chanteuse qui s’était produite sur scène sans voile et en robe à bretelles.
La chanteuse Parastoo Ahmadi avait été condamnée à 74 coups de fouets, comme ses quatre musiciens et quatre membres de son équipe, pour un concert organisé devant une salle vide mais retransmis en direct sur internet en décembre 2024.
Accompagnée d’un pianiste, d’un batteur, d’un guitariste et d’un bassiste, elle était apparue sans voile, portant une longue robe à bretelles et les lèvres maquillées en rouge.
En Iran, les femmes n’ont pas le droit de chanter en public. Elles doivent aussi porter des tenues couvrantes ne révélant pas leurs formes, et porter le voile.
Selon le quotidien Ham Mihan, la cour d’appel de la province de Qom (sud-ouest de Téhéran) a rejeté les recours déposés par la chanteuse et son équipe, confirmant ainsi la peine infligée en première instance le 20 juin.
Outre les coups de fouets, la cour a aussi confirmé « l’interdiction d’exercer des activités audiovisuelles pendant deux ans et à une interdiction de quitter le pays », dans une décision définitive et exécutoire, selon le journal.
L’Iran doit « renoncer à tout projet d’exécution des peines de flagellation », a réagi Amnesty international.
« La flagellation constitue un châtiment cruel, inhumain et dégradant, et enfreint l’interdiction absolue de la torture et des autres mauvais traitements. Ces peines de flagellation mettent en lumière le caractère inhumain et la brutalité du système judiciaire iranien, ainsi que son rôle dans l’offensive en cours contre les droits des femmes », dénonce Amnesty sur Instagram.
« Les autorités iraniennes doivent également abolir l’obligation du port du voile et les châtiments corporels, et mettre fin à la criminalisation de la liberté d’expression », ajoute l’ONG.
Parastoo Ahmadi avait passé deux semaines en détention avant d’être liberée sous caution. Elle et son équipe avaient comparu pour « atteinte à la décence publique » et « complicité dans la production, la transmission, la diffusion et la publication de contenus obscènes et vulgaires ».