Iran: exécution de deux hommes pour liens avec un mouvement d’opposition en exil
Mehdi Hasani et Behrouz Ehsani-Eslamloo avaient été reconnus coupables de la fabrication de lanceurs et mortiers artisanaux ainsi que d'attaques ayant visé des civils, des habitations et des institutions publiques ou caritatives
L’Iran a exécuté dimanche deux hommes condamnés pour des opérations armées menées au profit du mouvement d’opposition en exil des Moudjahidines du peuple (MEK), a rapporté le site Mizan Online, organe du pouvoir judiciaire.
« La peine de mort prononcée à l’encontre de deux membres opérationnels du groupe terroriste… a été appliquée ce matin, après les procédures légales et la confirmation de la Cour suprême », a indiqué Mizan Online.
Identifiés comme Mehdi Hasani et Behrouz Ehsani-Eslamloo, les deux hommes avaient été reconnus coupables de la fabrication de lanceurs et mortiers artisanaux ainsi que d’attaques ayant visé des civils, des habitations et des institutions publiques ou caritatives.
Le pouvoir judiciaire a affirmé que leurs actions visaient à « perturber l’ordre public et mettre en danger la sécurité des citoyens innocents. »
Les deux hommes étaient présentés comme des membres de longue date du MEK, considéré comme une organisation terroriste par Téhéran.
Les autorités ont précisé qu’ils menaient, depuis une cachette à Téhéran, des activités de « propagande et de sabotage » et qu’ils les filmaient pour les diffuser sur des chaînes affiliées au MEK.
Aucun détail n’a été communiqué sur la date de leur arrestation.
Ils avaient été condamnés pour baghi (rébellion armée), moharebeh (guerre contre Dieu) et complot contre la sécurité nationale.
Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), vitrine politique du MEK, a dénoncé dimanche un « crime barbare » qui ne peut « qu’attiser la colère » du peuple envers le pouvoir.
« Ce crime ne fait qu’attiser la colère et la haine du peuple iranien contre le fascisme religieux, et renforcer la détermination de la jeunesse vaillante d’Iran à renverser ce régime », a estimé sur X Maryam Radjavi, présidente du CNRI.
Aucun détail n’a été communiqué sur la date de leur arrestation, mais la présidente du CNRI a salué les « trois années de résistance face aux tortures, pressions et menaces » des deux hommes.
« Nous appelons les Nations unies, leurs États membres, et tous les défenseurs des droits humains à prendre des mesures fermes contre ce crime barbare. Les condamnations verbales ne suffisent plus: il est temps de prendre des décisions concrètes et efficaces contre ce régime d’exécutions et de torture. L’inaction ne fait qu’encourager ce régime sanguinaire, plus vulnérable que jamais, à multiplier ses crimes et ses pendaisons », a ajouté Mme Radjavi.
Plusieurs ONG affirment que les autorités iraniennes ont arrêté des centaines de personnes et exécuté des dizaines d’autres dans une nouvelle vague de répression consécutive à la guerre de 12 jours avec Israël courant juin, accusant la République islamique de répandre la peur pour masquer ses faiblesses à l’issue de ce conflit.
L’Iran applique la peine capitale pour plusieurs crimes et procède au plus grand nombre d’exécutions après la Chine, selon des organisations de défense des droits humains telles Amnesty International.
Les exécutions dans la République islamique sont généralement pratiquées à l’aube, par pendaison.
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