Iran : pourquoi la télévision d’État a écourté l’interview du négociateur iranien

La partie non diffusée portait notamment sur des questions au cœur du mémorandum conclu entre Téhéran et Washington - inspections de l'AIEA, dégel des avoirs et la ligne de crédit de 300 Mds de $

Mohammad Bagher Ghalibaf, sur une image de la télévision officielle iranienne, le 31 mai 2026. (Crédit : Capture d'écran)

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l’influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

« Cette discussion a été remise à l’Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l’heure de diffusion ; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu », a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, « le minimum que l’on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures », a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a, elle, affirmé que l’entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au cœur du protocole d’accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, à savoir les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le dégel des avoirs iraniens et la ligne de crédit de 300 milliards de dollars prévue pour la reconstruction de l’Iran.

De nombreux partisans de l’inflexibilité face aux États-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont, ces dernières semaines, critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu’après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l’entretien diffusée mardi, Ghalibaf a soutenu que l’entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l’accord, du blocus américain sur les ports iraniens.

Depuis, « nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole[…] En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l’impossibilité totale d’exporter ne serait-ce qu’un seul baril de pétrole », a-t-il affirmé.

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