Irlande: La justice ordonne de reconsidérer l’enquête sur Airbnb concernant les implantations de Cisjordanie

Un groupe pro-palestinien avait contesté la décision de la police qui affirmait ne pas avoir de compétence dans ce territoire ; cette décision ne déclenchera pas automatiquement une enquête policière

Une maison dans le nord de la Cisjordanie disponible à la location sur Airbnb. (Crédit : Samaria Tourism)

DUBLIN — En Irlande, la Haute Cour d’Irlande a annulé jeudi la décision prise par la police irlandaise de ne pas enquêter sur la légalité des activités d’Airbnb dans les implantations israéliennes de Cisjordanie, rejetant l’argument qui laissait entendre qu’elle n’avait pas compétence en la matière.

Un jugement qui ne déclenchera pas automatiquement une enquête de la police dans le pays – Airbnb a son siège européen et moyen-oriental en Irlande – mais elle obligera les forces de l’ordre à réexaminer la question.

Le dossier avait été porté en justice par Sadaka, une organisation non gouvernementale palestino-irlandaise, qui avait demandé à la police d’enquêter pour déterminer si Airbnb avait enfreint la loi irlandaise en menant des opérations dans les implantations. Elle avait fait valoir que la décision prise par les forces de l’ordre de ne pas ouvrir d’enquête pour des raisons liées à la compétence était « juridiquement erronée et irrationnelle ».

L’avocat qui a représenté la police irlandaise, Remy Farrell, a concédé jeudi que l’affaire serait « réexaminée » par les défendeurs.

Airbnb n’a pas répondu à une demande de commentaires transmise par courriel.

La société autorise les annonces en provenance de toute la Cisjordanie, mais elle ne tire aucun profit de cette activité dans la région, avait-elle indiqué dans un communiqué publié en 2019, dans lequel elle affirmait n’avoir jamais boycotté Israël ou les entreprises israéliennes.

Le PDG d’Airbnb, Brian Chesky, s’exprime lors d’un événement à San Francisco, le 22 février 2018. (Crédit: AP/Eric Risberg)

Plus de 150 entreprises – parmi lesquelles Airbnb et ses concurrents Booking.com, Expedia et TripAdvisor – mènent des activités dans les implantations israéliennes de Cisjordanie qui sont jugées illégales par l’ONU, selon un rapport publié au mois de septembre par le Bureau des droits de l’Homme de l’organisation.

Les agences de voyage en ligne comme Airbnb et Booking.com subissent depuis longtemps les pressions des responsables palestiniens, des militants anti-israéliens et des groupes de défense des droits de l’Homme, qui les somment de mettre un terme à leurs annonces dans les implantations.

Airbnb avait annoncé, au mois de novembre 2018, qu’environ 200 annonces de location dans les implantations de Cisjordanie seraient supprimées. L’entreprise était toutefois revenue sur sa décision en 2019 après avoir été poursuivie en justice par une douzaine de plaignants aux États-Unis et en Israël.

En 2022, elle avait fait savoir qu’elle avertirait les clients réservant un hébergement dans les implantations israéliennes qu’ils se rendaient dans une zone « contestée, touchée par un conflit ou à haut risque » qui « pouvait présenter des risques accrus ».

La plus grande partie de la communauté internationale considère que les implantations israéliennes en Cisjordanie sont illégales au regard du droit international.

Israël rejette cette affirmation, invoquant ses liens historiques et bibliques avec cette région. L’État juif affirme que les implantations offrent une profondeur stratégique et une sécurité, et que la Cisjordanie est « contestée » et non « occupée ».

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