Israël alloue 40 M de shekels à un labo de R&D dédié aux technologies spatiales
Le laboratoire de l'ISA vise à aider les start-ups à accélérer le développement des SpaceTechs locales et à être compétitives sur le marché mondial du secteur spatial en pleine croissance
Israël va investir 40 millions de shekels pour créer un laboratoire national de R&D destiné à soutenir les start-ups développant des technologies spatiales et à les propulser en orbite, selon un programme annoncé lundi par l’Agence spatiale d’Israël (ISA) et l’Autorité de l’innovation israélienne (IIA).
Le programme de financement conjoint du Forum national des infrastructures pour la recherche et le développement (TELEM) est lancé. Israël entend ainsi renforcer la « compétitivité mondiale » du pays dans le secteur spatial en pleine expansion. D’ici 2040, l’économie spatiale mondiale devrait passer de 350 milliards de dollars à plus de 1 000 milliards, selon un rapport de Morgan Stanley.
Le nouveau laboratoire a été créé pour aider les entreprises matures et les start-ups en phase de lancement à tester et à valider leurs technologies dans des conditions réelles en environnement spatial. Les jeunes start-ups, en particulier, ont du mal à développer et à lancer leurs technologies en raison des coûts financiers élevés et des obstacles réglementaires. Le laboratoire devrait permettre de réduire de 35 % les coûts d’entrée sur le marché pour les entreprises éligibles.
« Le lancement de technologies israéliennes dans l’espace propulsera notre industrie spatiale à la pointe de l’innovation mondiale », a déclaré Dror Bin, PDG de l’IIA.
« Nous supprimons les obstacles réglementaires pour les entreprises israéliennes du secteur spatial, leur permettant ainsi de se développer rapidement et de manière significative. »
L’adjudicataire retenu pour gérer le laboratoire recevra jusqu’à 40 millions de shekels de subventions gouvernementales, soit entre 55 % et 66 % du coût total du projet, en fonction du programme d’investissement sélectionné.
Au cours des trois prochaines années, le laboratoire devrait mettre en orbite au moins quinze charges utiles israéliennes, notamment des dispositifs nécessitant une preuve de faisabilité technologique pour fonctionner correctement dans l’espace, comme des capteurs intelligents.
« Le laboratoire que nous allons créer deviendra une vitrine pour la prochaine génération d’innovations israéliennes. Il rendra l’espace accessible non seulement aux grandes entreprises, mais aussi aux entrepreneurs et aux universités, et leur permettra de démontrer la puissance de la technologie israélienne sur le marché mondial », a déclaré Uri Oron, directeur de l’ISA.
Ce centre technologique spatial servira également de tremplin pour soutenir les entreprises en phase de démarrage, faciliter l’orientation en matière de réglementation et d’octroi de licences, promouvoir les partenariats avec les acteurs mondiaux du secteur aérospatial et renforcer la collaboration entre le monde universitaire et l’industrie dans le domaine de la recherche.
« L’objectif est de créer un hub centralisé qui mettra en commun les ressources avant les lancements spatiaux, et qui se chargera de toutes les procédures administratives et des tests préalables au lancement de manière coordonnée, permettant ainsi le lancement simultané de plusieurs appareils », a déclaré Aviv Zeevi, vice-président et directeur de la division Infrastructure d’innovation de l’IIA, au Times of Israel.
Selon les données de Startup Nation Central, Israël compte déjà environ 110 entreprises spécialisées dans les technologies spatiales, qui ont levé plus de 700 millions de dollars de capitaux au cours des cinq dernières années. Parmi les start-ups les plus prometteuses, on compte Helios, qui développe une technologie permettant de produire l’oxygène nécessaire au carburant à partir du sol lunaire, et Ramon.Space, une entreprise qui conçoit des systèmes de super-calcul pour le secteur spatial.
Au cours de la dernière décennie, les Israéliens se sont engagés dans plusieurs projets spatiaux de premier plan dans les domaines des communications par satellite, de la propulsion de fusées et des capteurs. En juillet, le satellite de communication le plus avancé d’Israël, baptisé Dror-1, a été lancé dans l’espace avec succès depuis la base américaine de Cap Canaveral. Développé par Israel Aerospace Industries, ce satellite a été mis en orbite à bord d’une fusée Falcon 9 à deux étages fabriquée par SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk.
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