Israël critique l’enquête de l’ONU sur les manifestations à Gaza
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Israël critique l’enquête de l’ONU sur les manifestations à Gaza

La commission a affirmé que les manifestations étaient essentiellement de "nature civile" et que le Hamas n'était pas intervenu ; Tsahal affirme défendre son territoire

Un Palestinien porte le drapeau national lors d'une manifestation à proximité de la barrière de sécurité avec Israël à l'est de Gaza ville le 8 février 2019. (Photo de MAHMUD HAMS / AFP)
Un Palestinien porte le drapeau national lors d'une manifestation à proximité de la barrière de sécurité avec Israël à l'est de Gaza ville le 8 février 2019. (Photo de MAHMUD HAMS / AFP)

De hauts responsables israéliens ont critiqué point par point mercredi une enquête de l’ONU qui accuse des soldats israéliens de possibles crimes de guerre à Gaza, en reprochant aux enquêteurs d’avoir ignoré des preuves essentielles, comme le rôle du Hamas.

Le mois dernier, la Commission d’enquête indépendante de l’ONU a accusé l’armée d’avoir intentionnellement tiré sur des enfants, des journalistes, du personnel de santé et d’autres civils au cours des manifestations de Palestiniens dans la bande de Gaza entre le 30 mars et le 31 décembre 2018.

Israël a immédiatement dénoncé ce rapport « partial » et rejeté ses conclusions.

Une version plus détaillée du document doit être présentée la semaine prochaine au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève.

En prévision de ce débat, une délégation composée de hauts responsables israéliens a fait le déplacement en Suisse afin de présenter des contre-arguments.

Lors d’une rencontre avec des journalistes, la délégation a accusé les enquêteurs de l’ONU d’avoir minimisé l’ampleur des violences et le fait que ces manifestations étaient, selon elle, orchestrées par le Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza et qui est considéré par les Etats-Unis, l’Union européenne et d’autres Etats comme une organisation terroriste.

La commission de l’ONU a affirmé que les manifestations étaient essentiellement de « nature civile » et que le Hamas n’était pas intervenu.

« Pour la commission, le Hamas est totalement absent du rapport. Ils (les enquêteurs) ne le voient pas et ne l’entendent pas », a déclaré un responsable israélien, qui a réclamé l’anonymat.

La délégation a apporté des « preuves » qui montrent l’implication du Hamas dans ces manifestations, y compris dans la coordination d’actes de violence visant des soldats israéliens.

« Le Hamas a le contrôle total de ces événements », a martelé ce responsable.

« Nous pensons que le rapport manque absolument de professionnalisme », a-t-il ajouté, en reprochant aux enquêteurs de ne pas avoir de connaissances en matière militaire et de « ne pas comprendre le droit humanitaire international ».

Le responsable israélien a par ailleurs rejeté l’accusation de tirs intentionnels contre des civils « innocents », en affirmant que les soldats n’avaient le droit de tirer à balles réelles que contre ceux qui constituaient « une menace réelle et imminente ».

Des civils se trouvant au milieu des troubles peuvent avoir été touchés si un sniper a raté son tir ou par une balle qui a traversé sa cible, a-t-il reconnu.

Mais Israël vérifie chaque décès impliquant ses soldats et a ouvert 11 enquêtes criminelles à la suite des manifestations de Gaza, a-t-il rappelé.

Depuis le 30 mars, des mouvements de protestation hebdomadaires – qui ont compris de nombreux actes de violence – ont eu lieu dans la région de la frontière.

Les responsables israéliens de la sécurité ont appelé de manière répétée les Palestiniens de Gaza à rester à l’écart de la frontière qui sépare l’enclave de l’Etat juif.

L’armée israélienne affirme défendre sa frontière et son territoire. Elle accuse le Hamas d’orchestrer la contestation et de servir de celle-ci pour des agissements hostiles contre Israël.

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