Israël dit ne pas avoir été contacté pour le rapport sur la « famine » de l’IPC
De plus, le COGAT affirme que l'aide alimentaire entrant dans la bande de Gaza est 'cinq fois supérieure' à ce qui est nécessaire pour subvenir aux besoins de la population
Un rapport qui devrait être prochainement diffusé par un groupe de veille des crises alimentaires dans le monde soutenu par l’ONU, une étude qui est consacrée à la situation humanitaire dans la bande de Gaza, n’a pas intégré d’éventuelles contributions ou autres réponses qui auraient pu être apportées par l’instance israélienne qui est chargée de coordonner l’entrée des marchandises dans l’enclave, a expliqué mercredi l’unité qui dépend du ministère de la Défense.
Selon le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), l’IPC, qui surveille les crises alimentaires, n’a pas pris contact avec lui ni avec le Centre de coordination civil et militaire (CMCC) qui est dirigé par les États-Unis, pour obtenir des informations pertinentes, alors même que le rapport devrait être publié cette semaine.
Sollicitée au sujet des déclarations du COGAT qui a indiqué que le groupe de veille n’était pas entré en contact avec lui ou avec le CMCC pour obtenir leur avis, et qu’il ne s’était pas coordonné avec le COGAT concernant le calendrier prévu pour l’émission de son rapport – c’est le premier depuis la conclusion du cessez-le-feu à Gaza – l’IPC n’a pas répondu à nos demandes de commentaires.
À la mi-novembre, un représentant de l’IPC avait expliqué au Times of Israel qu’un rapport réactualisé était attendu prochainement. Aucun n’a été diffusé dans l’intervalle.
Un porte-parole du CMCC, basé en Israël – le centre fait appel à des militaires étrangers et il travaille en étroite collaboration avec les organisations humanitaires des Nations unies – n’a pas non plus répondu à une demande de réaction.
Dans un communiqué de presse qui a été rendu public mercredi, le COGAT a fait savoir que le nombre de camions transportant des aides alimentaires qui entrent chaque semaine à Gaza dépassait largement les besoins nutritionnels du territoire, tels qu’ils ont été déterminés par le Programme alimentaire mondial et tells qu’ils ont été précédemment cités par l’IPC lui-même.
Le COGAT a également cité des données de l’Autorité palestinienne qui ont révélé que les prix des denrées alimentaires ont fortement baissé à Gaza, reflétant l’augmentation de l’offre de marchandises, et il a affirmé qu’il assurait la fourniture de provisions suffisantes pour l’hiver – tentes, bâches, vêtements chauds et autres équipements.
L’IPC – ou système de classification intégrée de la sécurité alimentaire – est un département de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Il est considéré faisant autorité en matière de surveillance de la malnutrition et de la famine dans le monde. Il avait prédit, à plusieurs reprises, qu’une famine était imminente à Gaza et il avait déterminé, au mois d’août dernier, qu’une famine avait effectivement éclaté dans le territoire, ce qui avait entraîné l’indignation de la communauté internationale, qui avait condamné l’État juif.
Les données sur la malnutrition à Gaza ont toutefois démontré que, si la malnutrition avait atteint des niveaux élevés au mois de juillet et au mois d’août 2025, elle est restée nettement en dessous des niveaux de famine – et l’IPC a d’ailleurs reconnu que ses prévisions de famine avaient été erronées à au moins une occasion.
La Cour internationale de justice a cité les rapports établis par l’IPC sur Gaza dans le procès pour génocide intenté par l’Afrique du Sud à l’encontre d’Israël, tandis que les accusations laissant entendre qu’Israël affamait délibérément Gaza ont constitué l’essentiel des charges qui ont visé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant devant la Cour pénale internationale.
Dans un communiqué de presse qui a été diffusé par le CMCC, la semaine dernière, l’agence a déclaré avoir facilité le transport de plus de 30 000 camions d’aide humanitaire et de marchandises commerciales en direction de Gaza depuis le début de ses opérations le 17 octobre.
Elle a ajouté que près de 20 « boulangeries soutenues par la communauté internationale » étaient désormais en mesure de produire « plus de 160 000 pains par jour » et que les cuisines collectives fournissaient actuellement « environ 1,6 million de repas par jour, soit une augmentation de 140 % depuis le mois de septembre ».
Le COGAT a noté que 600 à 800 camions transportant des marchandises entraient quotidiennement à Gaza, dont 70 % contenaient des aides alimentaires. Ce niveau d’aide alimentaire représente « plus de cinq fois les besoins nutritionnels de Gaza tels qu’ils ont été définis au niveau international », a fait remarquer mercredi le COGAT, qui s’est appuyé sur une estimation du PAM qui établissait que Gaza avait besoin de 62 000 tonnes de nourriture par mois.
L’IPC a indiqué, dans une mise à jour datant du mois de juillet 2025, que 62 000 tonnes de denrées alimentaires de base permettraient de répondre aux besoins fondamentaux de Gaza.
Le COGAT a également souligné les données de l’indice des prix à la consommation qui ont été transmises par le Bureau central palestinien des statistiques au mois de décembre, des données qui ont montré une baisse de 80 % des prix des denrées alimentaires entre le mois de juillet et le mois de novembre 2025.
L’instance a dit que » 310 000 tentes et bâches » avaient été acheminées à Gaza pour aider les habitants à faire face aux conditions hivernales, et que « plus de 100 000 palettes d’articles liés à l’hiver » avaient été approuvées par le COGAT et attendaient actuellement que les organisations internationales coordonnent leur entrée sur le territoire.
Selon une mise à jour qui a été rendue publique par l’organisation Global Nutrition Cluster, dont les données ont été utilisées par l’IPC, au mois de décembre, le taux de malnutrition a diminué de manière constante dans toute la bande de Gaza depuis qu’il a atteint son pic, en juillet et en août. Il a continué à baisser au mois de novembre.
Le Bureau de Coordination des affaires humanitaires des Nations unies, qui travaille avec le CMCC sur les livraisons d’aide à Gaza, a indiqué dans une mise à jour, le 11 décembre, qu’il y a eu « des améliorations dans le volume des fournitures acheminées à Gaza ».
Mais il a ajouté que « la capacité des acteurs humanitaires à mener des opérations à grande échelle » restait limitée en raison de « l’insécurité, des difficultés de dédouanement, du nombre limité de partenaires autorisés par les autorités israéliennes à acheminer des marchandises à Gaza, des retards et des refus de marchandises aux points de passage opérationnels, et des itinéraires limités disponibles pour le transport de l’assistance humanitaires à l’intérieur de Gaza ».
L’organisation a confié que l’ONU « et ses partenaires » avaient collecté quelque 100 000 tonnes d’aide à distribuer à Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre, dont 80 % sous forme d’aide alimentaire.