Israël envisage de fermer son consulat à Istanbul

La Turquie a été le premier pays musulman à reconnaître l'État d'Israël, en 1949 ; depuis 'Mavi Marmara' en 2010, et plus récemment, le 7-Octobre, les relations sont rompues

Des manifestants brûlant un drapeau d'Israël improvisé lors d'un rassemblement de protestation contre l’élimination du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, devant le consulat d'Israël à Istanbul, le 29 septembre 2024. (Crédit : Yasin Akgul/AFP)

Israël envisage de fermer son consulat à Istanbul, l’un des tout premiers installés en Turquie dès 1949, et qui a été la cible d’une fusillade en avril, a indiqué une source israélienne à l’AFP mercredi.

L’ambassade d’Israël à Ankara restera néanmoins ouverte, mais sans personnel diplomatique israélien évacué en même temps que celui du consulat peu après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

L’ambassade et le consulat, situés dans le quartier d’affaires de la mégapole turque, fonctionnent depuis lors avec du personnel turc.

« Le sujet est en discussion, la décision n’est pas prise », a insisté la source qui a fait valoir des projets de destruction de l’immeuble qui abrite le consulat, dans le cadre de la prévention contre les séismes.

« Certains font valoir que ces locaux vides, qui nous appartiennent, nous coûtent chers », a-t-elle relevé.

Le 7 avril, une fusillade qui n’a pas été revendiquée avait eu lieu aux abords du bâtiment. Un des assaillants avait été tué et deux policiers en faction, légèrement blessés.

Les autorités avaient accusé une « organisation terroriste qui instrumentalise la religion », sans donner plus de détails.

Aucun diplomate israélien « ne se trouve actuellement sur le sol turc », avait alors précisé à l’AFP une source proche du dossier.

Les représentations diplomatiques israéliennes avaient été évacuées « non seulement en Turquie, mais dans toute la région, pour des raisons de sécurité », avait rappelé cette source, peu après les attaques du 7-Octobre.

Depuis le début de la guerre à Gaza, le président turc Recep Tayyip Erdogan, ouvertement pro-Hamas, a multiplié les déclarations offensives contre Israël et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, régulièrement traité de « nazi » et de « génocidaire ».

La Turquie est représentée en Israël par un chargé d’affaires depuis le départ en retraite du dernier ambassadeur turc en poste.

La communauté juive de Turquie compte environ 15 000 personnes, contre 55 000 dans les années 1950.

La Turquie avait été le premier pays musulman à reconnaître l’État d’Israël, en 1949.

Les deux pays avaient rétabli leurs liens diplomatiques en 2016, après six ans de rupture liés à l’assaut de la marine israélienne contre le « Mavi Marmara », un navire turc participant à une « flottille pour Gaza ».

Lors de cette opération, dix militants turcs avaient été tués lors d’un violent affrontement avec des commandos de la marine israélienne qui avaient été attaqués à coups de matraque et de barres de fer lorsqu’ils avaient abordé le navire Mavi Marmara.

Une nouvelle flottille, la troisième depuis le 7-Octobre, a été interceptée lundi par la marine israélienne alors qu’elle avait quitté le sud de la Turquie la semaine dernière.

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