Israël lance une campagne pour dissuader ses citoyens d’espionner pour l’Iran

La Direction nationale de la diplomatie publique appelle les Israéliens à ne pas céder à l’appât du gain au service de l’ennemi, rappelant que 'l’argent facile coûte cher'

Un Israélien soupçonné d’espionnage pour le compte de l’Iran est arrêté, dans le cadre d’une série d’enquêtes menées par la police et le Shin Bet, à Tibériade, le 30 juin 2025 (Crédit : Capture d’écran/N12)

Au cours des derniers mois, des dizaines d’Israéliens soupçonnés d’avoir espionné pour le compte de l’Iran ont été arrêtés, poussant le gouvernement israélien à lancer une campagne médiatique de dissuasion.

Intitulée Easy Money, Heavy Price [L’argent facile coûte cher], cette campagne, lancée mercredi, comprend des publicités à la radio, sur des sites Internet et sur les réseaux sociaux. Son objectif : convaincre les citoyens israéliens que collaborer avec l’ennemi juré du pays ne vaut pas le risque.

« Cela vaut-il vraiment la peine de détruire votre famille pour 5 000 shekels ? » demande une vidéo. « Fournir des informations à l’ennemi est un crime sécuritaire grave, passible de la réclusion à perpétuité », poursuit le clip, qui invite toute personne approchée à signaler les faits à la police israélienne.

Cette campagne intervient quelques semaines après l’opération militaire israélienne visant des sites nucléaires iraniens, à laquelle la République islamique a répondu en lançant des centaines de missiles sur des villes et des civils en Israël, avant la conclusion d’un cessez-le-feu au bout de 12 jours.

Elle survient aussi dans le sillage d’une série d’arrestations d’Israéliens accusés d’espionner pour Téhéran. Selon les autorités, ces personnes auraient photographié des sites sensibles et militaires, transporté des armes présumées à l’intérieur du pays, ou encore préparé le terrain à des projets d’assassinat.

Au moins l’un des suspects aurait effectué un voyage en Iran pour rencontrer ses supérieurs, qui lui auraient donné l’ordre d’assassiner le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense ou le chef du Shin Bet, afin de mettre en œuvre le projet d’assassinat.

Un Israélien soupçonné d’espionnage pour le compte de l’Iran est détenu sur une photo publiée le 9 décembre 2024. (Crédit : Police israélienne)

Ces projets ciblaient majoritairement des Israéliens en situation de précarité, avec des liens sociaux limités. Dans une affaire très médiatisée, deux hommes ont été arrêtés en juin à Tibériade, à qui l’on avait promis 60 000 dollars chacun pour assassiner une « personnalité haut placée ».

Certains observateurs estiment que les divisions politiques internes en Israël affaiblissent également la résilience du pays face à la trahison.

La campagne est menée par la Direction nationale de la diplomatie publique en coordination avec le Shin Bet, le service israélien de sécurité intérieure. Elle vise à « sensibiliser au phénomène croissant de citoyens israéliens coopérant avec l’Iran, menant des missions sécuritaires pour son compte à l’intérieur du pays, et pactisant ainsi avec l’ennemi en temps de guerre », selon un communiqué diffusé mercredi par le bureau de presse du gouvernement.

Le Shin Bet affirme que ces actes sont « le plus souvent motivés par l’appât du gain ».

Au cours de l’année écoulée, le Shin Bet et la police israélienne ont identifié plus de 25 cas d’Israéliens recrutés par l’Iran pour des missions variées. Plus de 35 Israéliens ont été inculpés pour des faits graves, selon le bureau de presse du gouvernement. D’autres responsables estiment que plusieurs centaines d’Israéliens pourraient être impliqués dans ce vaste effort, que Téhéran aurait intensifié ces deux dernières années.

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