Israël perquisitionne chez d’ex-détenus palestiniens soupçonnés de percevoir le « pay-to-slay »

La police et le ministère de la Défense disent avoir saisi cinq véhicules, des bijoux et plusieurs centaines de milliers de shekels lors d’opérations à Jérusalem-Est

De l'argent liquide saisi par les troupes israéliennes lors d'une perquisition au domicile de Palestiniens libérés dans le cadre d'un accord sur les otages, soupçonnés de continuer à percevoir des allocations « pay-to-slay » de la part de l'Autorité palestinienne, sur une photo publiée le 26 août 2026. (Crédit : Police israélienne)

Les troupes israéliennes ont perquisitionné mercredi les domiciles, à Jérusalem-Est, d’anciens prisonniers sécuritaires palestiniens, libérés par Israël en échange d’otages enlevés par le groupe terroriste du Hamas le 7 octobre 2023 et soupçonnés d’avoir continué à percevoir « des paiements et des aides financières de l’Autorité palestinienne (AP) pour les actes terroristes qu’ils avaient commis », ont indiqué mercredi la police et le ministère de la Défense.

Le communiqué conjoint n’a pas précisé quand ces perquisitions ont eu lieu.

Des agents du Bureau de lutte contre le financement du terrorisme du ministère ont saisi plusieurs centaines de milliers de shekels en espèces, cinq véhicules ainsi que des bijoux d’une valeur de 96 000 shekels, selon le communiqué.

Ces saisies ont été effectuées dans le cadre d’un mandat de saisie signé par le ministre de la Défense, Israel Katz, visant d’anciens prisonniers palestiniens qui continueraient à percevoir des allocations de l’AP désignées par Israël sous le nom de pay-to-slay, ou « payer pour tuer ».

L’AP disposait depuis longtemps d’un système d’allocations versées aux Palestiniens emprisonnés pour des infractions terroristes ou aux familles de ceux tués alors qu’ils perpétraient des attentats. Sous la pression internationale et dans l’espoir de présenter Ramallah comme une alternative au Hamas pour gouverner Gaza, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a mis en place l’an dernier un programme d’aide sociale qui, selon l’Autorité palestinienne, a mis fin à ces versements.

Un audit externe réalisé au début de l’année a conclu que la réforme avait bien été mise en œuvre. Celle-ci lie désormais le montant des allocations à la situation financière des bénéficiaires plutôt qu’à la durée de leur peine ou à leurs actes, une modification qui a provoqué des manifestations en Cisjordanie.

Washington et Jérusalem restent toutefois sceptiques.

Le dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, présidant une réunion du Comité central du Fatah, à Ramallah, le 19 février 2025. (Crédit : Thaer Ghanem/PPO/AFP)

Selon le communiqué conjoint de la police et du ministère de la Défense, Ahed al-Natsheh et Muhammad Abad figurent parmi les anciens détenus dont les domiciles ont été perquisitionnés en lien avec les versements de l’AP.

Le premier, un terroriste du Hamas, a été condamné pour avoir planifié deux attentats à Jérusalem en 2001, dont l’un a fait plus d’une dizaine de blessés. Le second, un terroriste du Fatah, a été condamné pour avoir planifié un attentat-suicide à Jérusalem en 2002.

Tous deux ont été libérés dans le cadre du deuxième accord de cessez-le-feu conclu avec le Hamas en janvier 2025.

Le média palestinien Al-Qastal, basé à Jérusalem, a rapporté que deux autres prisonniers libérés dans le cadre de cet accord avaient été convoqués mercredi pour être interrogés, à la suite de perquisitions menées par les troupes israéliennes à leurs domiciles dans le quartier de Silwan, à Jérusalem-Est.

Il s’agit de Muhammad Farroukh et Amir Farroukh, membres d’un groupe démantelé en 2017 par le Shin Bet. Baptisé « les Fantômes de Silwan », ce groupe terroriste avait perpétré plusieurs attentats à la bombe incendiaire et d’autres attaques dans la capitale et préparait également des fusillades, selon l’agence de sécurité intérieure.

Une liste du ministère de la Justice recensant les prisonniers devant être libérés dans le cadre de l’accord sur les otages prévu au début de l’année 2025 identifie les deux Farroukh comme des membres du Fatah.

Des soldats de l’armée israélienne montent la garde alors que des bus transportant des prisonniers palestiniens libérés dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu avec le groupe terroriste du Hamas quittent la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev, le 25 janvier 2025. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Des terroristes menés par le Hamas ont enlevé 251 otages et les ont emmenés dans la bande de Gaza lors du pogrom du 7-Octobre, massacrant des hommes, des femmes et des enfants dans leurs maisons, lors d’un festival de musique rave et dans des abris. Plus de 1 200 personnes ont été assassinées, pour la plupart des civils.

Tout au long de la guerre à Gaza, Israël a conclu plusieurs accords de cessez-le-feu avec le Hamas et a finalement libéré quelque 4 000 prisonniers sécuritaires palestiniens, parmi lesquels des terroristes condamnés et des Gazaouis soupçonnés d’avoir commis des attentats meurtriers et arrêtés pendant la guerre. Israël a également restitué les dépouilles de terroristes palestiniens.

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