Israël progresse dans le classement américain 2026 sur la traite des êtres humains

Le rapport souligne des lacunes persistantes dans la lutte contre l’exploitation par le travail, malgré les efforts déployés par les autorités pour se conformer aux normes américaines

Des maçons indiens travaillant sur un chantier de construction, à Tel Aviv, le 15 décembre 2024. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Le rapport 2026 du gouvernement américain sur la traite des êtres humains (Trafficking in Persons Report) conclut qu’Israël respecte pleinement les normes minimales pour l’élimination de la traite des êtres humains, telles que définies dans la loi de 2000 sur la protection des victimes de la traite et de la violence (TVPA). Cette conclusion représente une amélioration par rapport au rapport de l’année précédente.

Ce rapport, publié jeudi, classe Israël dans la catégorie 1, aux côtés de 32 autres pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Argentine, le Canada et la France.

Les normes minimales de lutte contre la traite, telles que définies par la TVPA, sont les suivantes :

  1. Le gouvernement du pays doit interdire les formes graves de traite des personnes et sanctionner les actes relevant de cette traite.
  2. En cas de commission en connaissance de cause de tout acte de traite à des fins sexuelles impliquant la force, la fraude ou la contrainte, ou lorsque la victime de cette traite est un enfant incapable de donner son consentement éclairé, ou encore de traite comprenant un viol ou un enlèvement, ou entraînant la mort, le gouvernement du pays doit prévoir des sanctions proportionnées à celles applicables aux crimes graves, tels que les agressions sexuelles avec violence.
  3. En cas de commission, en connaissance de cause, de tout acte relevant d’une forme grave de traite des personnes, le gouvernement du pays doit prévoir des sanctions suffisamment sévères pour avoir un effet dissuasif et refléter de manière adéquate la nature odieuse de l’infraction.
  4. Le gouvernement du pays doit déployer des efforts sérieux et soutenus pour éliminer les formes graves de traite des personnes.

Ces résultats marquent une amélioration par rapport au rapport de 2025, qui classait Israël dans la catégorie 2, réservée aux pays qui « ne respectent pas pleinement les normes minimales de la TVPA mais déploient des efforts significatifs pour se mettre en conformité avec ces normes ».

Le rapport 2026 indique que le reclassement d’Israël est dû à des « avancées majeures » réalisées par Jérusalem au cours des douze derniers mois.

« Parmi ces avancées, on peut citer le doublement du nombre d’enquêtes et, notamment, pour la première fois depuis une dizaine d’années, la mise en accusation d’un trafiquant présumé de main-d’œuvre étrangère. Le gouvernement a officialisé les procédures d’identification des victimes palestiniennes de la traite ; il a augmenté le financement des services de protection globaux ainsi que le nombre d’inspecteurs du travail », indique le rapport.

Le rapport note toutefois qu’Israël respecte les normes minimales de la TVPA, mais que des progrès restent à faire, en particulier dans le domaine de la traite à des fins d’exploitation par le travail.

Le gouvernement israélien « n’a pas suffisamment engagé la responsabilité pénale des trafiquants de main-d’œuvre, avec zéro condamnation pour travail forcé », selon le rapport.

« Les efforts du gouvernement visant à augmenter le nombre de travailleurs étrangers ont abouti à des accords avec des pays qui garantissaient la protection des travailleurs, mais ont également entraîné un recours accru à des agences de recrutement privées, lesquelles n’offraient pas de protections adéquates aux travailleurs. »

Le rapport comprend en outre une section consacrée à la Cisjordanie et à Gaza, bien qu’aucun de ces territoires ne se voie attribuer de classement. Il indique que l’Autorité palestinienne « n’a pas collecté de données exhaustives sur les cas de traite » et que les « autorités de facto à Gaza [le Hamas] n’étaient pas opérationnelles pendant la période couverte par le rapport ».

Il précise toutefois que ses conclusions indiquent que les Palestiniens sont exploités par des trafiquants d’êtres humains dans ces deux territoires, et que les femmes et les enfants sont exposés au travail forcé, tout comme les travailleurs palestiniens qui travaillent en Israël mais vivent en Cisjordanie.

Le rapport souligne également que les Palestiniens qui tentent de fuir Gaza sont exposés au trafic d’êtres humains le long de la frontière commune avec l’Égypte, car les frais élevés imposés par des intermédiaires indépendants, par les autorités égyptiennes ou par le groupe terroriste palestinien du Hamas les exposent au risque d’être « victimes de la traite par le biais de la servitude pour dettes et d’autres pratiques d’exploitation ».

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