Israël rejette l’enquête menée sous l’égide de l’ONU sur un « génocide » à Gaza
La Commission affirme aussi que des crimes contre l’Humanité ont été commis par les forces israéliennes en Cisjordanie ; Israël a fustigé ce rapport
L’accord de cessez-le-feu qui a été conclu entre Israël et le Hamas, à Gaza, n’a pas mis fin au « génocide » qui, selon un groupe d’experts indépendants mandatés par l’ONU, serait perpétré par les forces israéliennes sur ce territoire. Une affirmation qui figure dans un nouveau rapport qui a été diffusé lundi – un rapport qui accuse également les soldats israéliens d’avoir commis des crimes contre l’Humanité en Cisjordanie, avec notamment des actes de torture et des viols.
En réponse, la mission israélienne à Genève a demandé la dissolution de la Commission incriminée et elle a écrit sur le réseau social X que le document illustrait « la campagne de désinformation menée par cette instance dans son objectif de diabolisation de l’État d’Israël », ajoutant qu’elle cherchait « à présenter son existence même comme criminelle ».
L’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU à Genève, Daniel Meron, a estimé que le panel cherchait « à saper la légitimité d’Israël et à nier son droit fondamental à exister et à se défendre ».
Cette Commission, qui est composée de trois membres, avait été créée par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies en 2021 dans le cadre d’une enquête à durée indéterminée qui était consacrée aux violations présumées des droits humains qui étaient susceptibles d’être commises par les Israéliens et les Palestiniens. Elle devait aussi s’intéresser aux « causes profondes » du conflit.
Elle ne s’exprime pas au nom de l’ONU elle-même.
La Commission avait pour la première fois accusé Israël d’avoir commis un génocide à Gaza au mois de septembre 2025, affirmant qu’elle avait trouvé des preuves de quatre des cinq actes constitutifs de génocide tels qu’ils avaient été définis dans la Convention de 1948. Israël avait rejeté ces conclusions, les qualifiant de « déformées et fausses ».
Israël critique depuis longtemps les travaux de la Commission. L’État juif nie avec vigueur les accusations de génocide à Gaza et d’agressions sexuelles qui seraient commises par ses forces. Le pays accuse également depuis longtemps le Conseil des droits de l’Homme de faire preuve d’une partialité systémique à son encontre.
Les conclusions de la Commission d’enquête – avec un rapport qui a visé à documenter dans les moindres détails les allégations et les preuves de crimes afin de renforcer les responsabilités de leurs auteurs – pourraient être utilisées par les procureurs de la Cour pénale internationale ou par d’autres juridictions pour tenter de rendre justice aux victimes présumées et à leurs proches.
Le rapport qui a été rendu public dans la journée de lundi a indiqué qu’Israël « continue de commettre des actes de génocide avec l’intention génocidaire de détruire, en tout ou en partie, les Palestiniens de Gaza ».
Une grande partie des dommages a résulté des avancées de Tsahal sur le territoire – l’armée s’étant aventurée plus profondément dans Gaza pendant la période de cessez-le-feu, a précisé le rapport. Au mois d’octobre 2025, date de la signature du cessez-le-feu, les forces israéliennes avaient obtenu le contrôle de 53 % du territoire – elles en contrôlent aujourd’hui au moins 60 %.
Au cours de cette période, les tirs israéliens qui sont survenus le long de la ligne de front en progression ont entraîné la mort d’au moins 196 Palestiniens, dont 18 femmes, 32 petits garçons et 11 petites filles, a noté la Commission.
En vertu de l’accord de cessez-le-feu, les soldats israéliens s’étaient initialement retirés jusqu’à la « ligne jaune », conservant ainsi le contrôle d’environ 53 % de la bande de Gaza, principalement en dehors des zones urbaines.
Tsahal a fait savoir que les militaires ouvraient le feu sur les Palestiniens qui franchissaient ou qui s’approchaient de la « ligne jaune », représentant une menace pour les forces israéliennes. L’armée a aussi fait état des tentatives répétées des terroristes de franchir la ligne ou d’attaquer des soldats.
Le rapport accuse également les soldats israéliens et les gardiens des prisons, au sein de l’État juif, de commettre des crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité en Cisjordanie. Il évoque ainsi des actes d’extermination, des persécutions, des actes de torture, des viols et autres formes de violences sexuelles à l’encontre des civils.
Selon la Commission, le nombre de Palestiniens tués lors de frappes aériennes israéliennes en Cisjordanie est passé de six entre 2008 et le 6 octobre 2023 à 254 entre le 7 octobre 2023 et le 30 septembre 2026.
Le rapport indique que les opérations militaires israéliennes qui ont été menées depuis le mois de janvier 2025 ont également provoqué le plus grand déplacement de Palestiniens en Cisjordanie depuis 1967. 34 176 personnes étaient toujours déplacées au mois d’août dernier.
Israël avait lancé l’opération « Mur de fer » dans le nord de la Cisjordanie en janvier 2025, affirmant qu’elle visait les groupes terroristes qui menaient des opérations depuis certains secteurs – notamment à Jénine et à Tulkarem. Cette opération a provoqué le déplacement de dizaines de milliers de Palestiniens. De leur côté, les militaires israéliens ont nié avoir émis des ordres d’évacuation à grande échelle à l’encontre des habitants.
La Commission a également indiqué avoir récemment recensé six cas de violences sexuelles perpétrées à l’encontre de détenus masculins originaires de Gaza, à la prison militaire de Sde Teiman, des violences qui auraient été commises par des gardiens de prison.
Dans l’un de ces cas, elle a précisé que des gardiens avaient violé un détenu palestinien à l’aide d’un bâton avant de le forcer à se mettre ce bâton dans la bouche jusqu’à ce qu’il vomisse. Elle a également raconté que des gardiens avaient, semble-t-il, ordonné à un Palestinien d’uriner alors qu’ils lui attachaient une corde en plastique autour des parties génitales.
Le centre de détention de Sde Teiman avait fait l’objet d’une attention particulière en 2024 après qu’un prisonnier palestinien, incarcéré pour atteinte à la sécurité nationale, a été hospitalisé avec des côtes cassées et une déchirure de la paroi rectale à la suite d’une agression présumée commise par des réservistes de l’armée israélienne.
Neuf soldats avaient d’abord été arrêtés. Ensuite, cinq d’entre eux avaient été mis en examen pour coups et blessures graves et agression dans des circonstances aggravantes au mois de février 2025.
La Commission a également critiqué l’Autorité palestinienne, affirmant qu’elle a pris pour cible des Palestiniens qui exprimaient des opinions dissidentes et que des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme avaient été tués ou blessés.
Le cessez-le-feu avait permis d’apaiser une guerre dévastatrice qui avait été déclenchée par le pogrom qui avait commis par le Hamas au sein de l’État juif, le 7 octobre 2023. En cette matinée de Shabbat, des terroristes avaient Rejoignez notre communauté et contribuez à faire vivre une information indépendante et de qualité. Merci de votre soutien !« >massacré plus de 1 200 personnes et ils avaient kidnappé 251 personnes qui avaient été prises en otage dans la bande de Gaza.
Israël avait riposté en lançant une campagne militaire qui a fait plus de 74 000 morts du côté palestinien, selon le ministère de la Santé de Gaza, qui est placé sous l’autorité du Hamas. Un bilan qui ne fait pas de distinction entre civils et hommes armés.