« Israël, troisième reich » : Le Centre juif d’Auschwitz porte plainte contre un élu polonais

'Il ne s'agit pas seulement d'une offense envers les morts. Ce sont toutes les valeurs défendues par cette institution qui sont directement attaquées', dit le directeur de l'AJCF

Captures d'écran tirées d'une vidéo montrant le député d'extrême droite polonais Konrad Berkowicz brandissant un drapeau israélien en papier orné d'une croix gammée au Parlement polonais, le 14 avril 2026. (Crédit : X ; utilisé conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

La Fondation du Centre juif d’Auschwitz (AJCF) a déposé mercredi une plainte au pénal visant le député polonais d’extrême droite Konrad Berkowicz après que celui-ci, au Parlement, a qualifié Israël de « nouveau troisième reich » et a exhibé un drapeau israélien sur lequel figurait une croix gammée nazie.

Dans une allocution prononcée au Parlement quelques heures avant le défilé annuel de la Marche des vivants à Auschwitz-Birkenau, mardi, Berkowicz a affirmé qu’Israël commettait un « génocide » à Gaza. Il a également relayé des informations non vérifiées concernant le recours à des munitions au phosphore contre des civils. Il a par ailleurs comparé le nombre d’enfants tués à Gaza à celui de la guerre en Ukraine et décrit des scènes d’horreur avant de déployer son drapeau.

Pour l’AJCF, cet acte déforme l’histoire de la Shoah et s’apparente à une incitation à la haine. La loi polonaise proscrit strictement l’usage et la diffusion de symboles nazis. Des juristes ont par ailleurs indiqué que le contexte parlementaire pourrait influencer l’appréciation de l’affaire par les magistrats.

La plainte, qui a été transmise au parquet de Varsovie, fait état de violations des lois polonaises sanctionnant la promotion d’idéologies totalitaires et l’incitation à la haine. La fondation a également déposé une plainte pour atteinte à l’éthique auprès du Parlement, réclamant des mesures disciplinaires.

« Lorsque l’histoire [de la Shoah] est inversée et que ses symboles sont instrumentalisés à des fins d’incitation à une nouvelle haine, il ne s’agit pas seulement d’une offense envers les morts. Ce sont toutes les valeurs défendues par cette institution qui sont directement attaquées », a affirmé Tomasz Kuncewicz, directeur de l’AJCF.


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