Israël tue le chef du renseignement des Gardiens islamiques et bombarde la plus importante usine pétrochimique iranienne
L'armée a également tué le chef de l'unité clandestine 840 de la Force Qods ; Katz assure qu'Israël « traquera » jusqu'au bout les dirigeants iraniens ; des frappes sur les aéroports utilisés par le CGRI
L’armée de l’air israélienne a lancé une vague d’attaques contre l’Iran dans la nuit de dimanche à lundi qui ont causé la mort de deux hauts responsables du Corps des Gardiens de la Révolution islamique à Téhéran, frappé la plus importante usine pétrochimique du pays et fait exploser plusieurs aéroports utilisés par le CGRI alors que les combats se poursuivent malgré les tentatives de parvenir à un cessez-le-feu.
Une première frappe a tué Majid Khademi, qui dirigeait l’Organisation de protection du renseignement du CGRI et l’Organisation du renseignement du CGRI. Il avait pris ce poste il y a de cela plusieurs mois, suite à l’assassinat par Israël, lors de la guerre de juin 2025, de son prédécesseur, Mohammad Kazem.
Une autre frappe à Téhéran a tué un autre haut responsable du CGRI, Yazdan Mir, plus connu sous le nom de Sardar Bagher (parfois orthographié Asghar Bakri), qui dirigeait l’unité clandestine 840 de la Force Qods du CGRI.
L’armée israélienne a déclaré que Khademi était « l’un des commandants les plus hauts placés du CGRI et avait acquis une grande expérience militaire et sécuritaire au fil des années ».
« Il était chargé de recueillir des renseignements et de faire des points de situation pour les hauts dirigeants du régime » pendant la guerre, a précisé Tsahal.
Khademi « a également œuvré pour promouvoir les activités terroristes contre l’État d’Israël et contre des cibles juives partout dans le monde. Il a également participé à des tentatives de frappe contre des ressortissants américains et était chargé de surveiller les civils iraniens dans le cadre de la répression des manifestations internes » a ajouté Tsahal.
Au sujet de Bagheri, l’armée israélienne a déclaré qu’il avait occupé plusieurs postes de haut niveau au sein de la Force Qods « dans lesquels il avait participé à de nombreuses opérations pour faire tuer des cibles israéliennes et américaines partout dans le monde. »
L’Unité 840 a été impliquée dans des enlèvements et des assassinats de personnalités hors d’Iran, dont des Israéliens.
L’armée a déclaré que Bagheri « avait coordonné et promu des activités terroristes contre l’État d’Israël, dont des opérations menées en territoire israélien, syrien et libanais. »
Sous la direction de Bagheri, l’unité 840 avait également « mis en oeuvre des opérations visant à nuire aux soldats israéliens déployés dans la zone tampon en Syrie, en utilisant des agents syriens ayant auparavant servi dans l’armée d’Assad », a indiqué l’armée, avant d’ajouter que Bagheri était par ailleurs impliqué dans la contrebande d’armes d’Iran vers Israël et la Cisjordanie.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui a déclaré avoir été informé de la frappe lors d’un point de situation avec le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a fait ce commentaire : « Les dirigeants iraniens se savent persécutés. Nous les traquerons un à un. »
Sur X, c’est en hébreu que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a félicité l’armée pour l’assassinat de Khademi. Il a également salué l’assassinat de Bagheri, qu’il a traité de « responsable des attaques contre des Juifs et des Israéliens partout dans le monde ».
« Ceux qui tentent d’assassiner nos concitoyens, qui utilisent le terrorisme contre Israël, qui font partie de l’axe du mal iranien verront bientôt leur sang répandu. Nous agissons avec force et détermination ; nous frapperons toux ceux qui nous veulent du mal », a dit le Premier ministre.
« Nous continuerons de toutes nos forces, sur tous les fronts, jusqu’à ce que la menace ait disparu et que tous les objectifs de guerre aient été atteints. »
Israël frappe une usine pétrochimique de South Pars en Iran
L’armée de l’air israélienne a également frappé l’usine pétrochimique iranienne de South Pars, à Asaluyeh.
Katz a déclaré dans un communiqué que l’armée israélienne « venait de frapper avec force la plus grande installation pétrochimique d’Iran, à Asaluyeh, une cible centrale responsable de près de 50 % de la production pétrochimique iranienne, une semaine après une frappe similaire sur la deuxième plus grande installation. »
Il a déclaré que les deux installations, « qui ensemble sont responsables de près de 85 % des exportations pétrochimiques iraniennes, ont été mises hors service et ne fonctionnent plus. »
« C’est un coup économique sévère qui représente une perte de plusieurs dizaines de milliards de dollars pour le régime iranien », a-t-il précisé.
Katz a ajouté que l’industrie pétrochimique était un « des moteurs du financement des activités » du Corps des Gardiens de la Révolution islamique et du renforcement militaire iranien et que Tsahal avait reçu l’ordre de « continuer à frapper avec toute la force les infrastructures nationales du régime terroriste iranien ».
« Le régime terroriste iranien va s’apercevoir qu’à vouloir continuer à s’en prendre à Israël en tirant lâchement sur des civils israéliens, il va subir des dégâts économiques et stratégiques qui vont causer l’effondrement de ses capacités », a affirmé Katz.
Quelques heures plus tard, une seconde installation pétrochimique en Iran a été la cible de frappes aériennes, ont rapporté les médias iraniens.
« Il y a de cela quelques minutes, le complexe pétrochimique de Marvdasht a été bombardé par l’ennemi américano-sioniste », a rapporté l’agence de presse Fars, ajoutant que l’incendie déclenché dams le complexe avait été maîtrisé, et qu’aucune victime n’était à déplorer.
Israël n’a pas encore fait de commentaire sur ce point.
L’armée de l’air israélienne bombarde des aéroports, utilisés selon elle par la Force Qods
L’armée de l’air israélienne a également bombardé trois aéroports à Téhéran pendant la nuit, affirmant qu’ils étaient utilisés par la Force Qods, l’organe extraterritorial du CGRI.
L’Iran continuait alors de tirer des missiles balistiques sur Israël, certains d’entre eux ayant fait des victimes ces tout derniers jours.
L’armée israélienne a déclaré avoir frappé trois aéroports des environs de Téhéran, touchant des pistes et des tours de contrôle, ainsi qu’une usine de drones de la Force Qods.
L’armée israélienne a également déclaré avoir détruit des dizaines d’avions iraniens lors de frappes sur les aéroports. Des dizaines de chasseurs de l’Armée de l’air israélienne ont touché des avions et hélicoptères iraniens, ainsi que des infrastructures « utilisées par les forces armées du régime à des fins militaires », à l’aéroport de Mehrabad de Téhéran, ainsi que deux pistes d’atterrissage plus modestes dans les environs.
Les médias iraniens ont également rapporté qu’une frappe aérienne contre un immeuble résidentiel dans le sud-ouest de la capitale iranienne avait tué au moins 13 personnes. L’agence de presse semi-officielle Fars et Nour News ont fait état de bombardements près d’Eslamshar. On ignore à ce stade pour quelle raison ce bâtiment a été pris pour cible.
Selon la chaîne officielle iranienne, des coupures de gaz ont temporairement affecté Téhéran, suite à des tirs contre une université.
Les bombardements, qui ont eu lieu aux premières heures, lundi, ont touché une station de réduction de la pression du gaz et des installations de comptage de l’Université de technologie Sharif, ce qui a provoqué une fuite. « L’attaque n’a pas provoqué d’incendie, et en moins d’une demi-heure, la fuite de gaz a été complètement réparée », a déclaré la chaîne publique IRIB.
On ignore à ce stade ce qui a été ciblé sur le terrain de l’université, qui n’accueille aucun étudiant en raison de la guerre. Toutefois, des pays ont sanctionné l’université, ces dernières années, en raison de ses liens avec l’armée, notamment dans le cadre du programme de missiles balistiques iranien, principale cible de la campagne américano-israélienne.
L’attaque a également touché le centre de données de l’université, qui abrite une installation d’intelligence artificielle, selon l’agence de presse Fars.
Les médias iraniens ont diffusé des images donnant à voir d’importants dégâts – tôles tordues, gravats et structures endommagées -.
Les forces américaines au Koweït ciblées par des drones
Par ailleurs, l’Iran s’en est pris aux forces américaines situées sur l’île de Bubiyan, au Koweït, a déclaré le porte-parole du siège central iranien Khatam al-Anbiya dans une déclaration vidéo diffusée par les médias officiels.
Ebrahim Zolfaqari a déclaré que l’Iran avait ciblé des équipements satellites et des munitions grâce à des drones, ajoutant que les forces américaines s’y étaient installées depuis le camp d’Arifjan après que cette base a été frappée à plusieurs reprises par l’Iran.
Située au nord-ouest du golfe, l’île de Bubiyan est la plus grande des îles proches des côtes du Koweït.
Six personnes ont été blessées par la chute de débris dans une zone résidentielle du nord du Koweït après une attaque iranienne, a déclaré plus tôt le ministère de la Santé koweïtien.
Pendant la nuit, les Émirats arabes unis ont déclaré que leurs défenses aériennes ripostaient à des tirs de missiles et de drones.
Des drones ont par ailleurs endommagé un bâtiment de télécommunications à Fujairah, aux Émirats arabes unis, a rapporté l’agence de presse d’État WAM. L’attaque visait le bâtiment d’une compagnie de télécommunications subventionnée par l’État.
Personne n’a été blessé, a rapporté WAM, citant des responsables de Fujairah.
Dans la capitale des Émirats arabes unis, Abou Dhabi, les autorités ont indiqué qu’un Ghanéen a été blessé par des éclats d’obus suite à l’interception d’un missile iranien au-dessus du quartier Musaffah, près de la base aérienne d’Al Dhafra, qui abrite les forces américaines et a été à plusieurs reprises ciblée par l’Iran depuis le début de la guerre.
Israël a lancé sa campagne contre l’Iran, aux côtés des États-Unis, pour dégrader les capacités militaires du régime iranien, abaisser le niveau de la menace posée par l’Iran — y compris ses programmes nucléaires et de missiles balistiques — et « créer les conditions » pour que le peuple iranien renverse le régime, ont déclaré l’armée et d’autres dirigeants israéliens.
Dimanche, citant des sources américaines, israéliennes et régionales, Axios a rapporté que les États-Unis, l’Iran et les médiateurs régionaux discutaient d’un possible cessez-le-feu de 45 jours, dans le cadre d’un accord en deux temps susceptible de conduire à un armistice.
Dimanche, dans un article chargé d’insultes publié sur sa plateforme, Truth Social, Trump a agité la menace de nouvelles frappes contre les infrastructures énergétiques et de transport iraniennes si l’Iran ne concluait pas d’accord et ne rouvrait pas le détroit d’ici mardi.
Plus tard dans la journée de dimanche, le président, dans un article de suivi, a donné une date limite plus précise – mercredi 00h GMT.