Israël va tester les psychédéliques pour traiter les stress post-traumatiques résistants

Le ministère de la Santé prévoit un essai clinique national inédit pour évaluer l’intégration de ces substances à la psychothérapie chez les patients souffrant de TSPT chronique réfractaire aux traitements existants

Un soldat israélien souffrant de troubles de stress post-traumatique (TSPT) revendiquant la reconnaissance de ses droits et une meilleure prise en charge devant la Knesset, à Jérusalem, le 23 décembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le ministère de la Santé a annoncé dimanche son intention de mener un essai clinique national, le premier du genre, visant à intégrer des substances psychédéliques à la psychothérapie destinée aux personnes souffrant d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT) chronique et ne répondant pas aux autres traitements.

On estime que des dizaines de milliers de personnes ont développé un TSPT à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et des guerres sur plusieurs fronts qui ont suivi.

Les essais porteront sur la MDMA, principe actif de l’ecstasy, et la psilocybine, substance présente dans les champignons dits « magiques ».

Ces deux substances contribuent à « redémarrer » le cerveau, mais doivent être associées à une psychothérapie et à des changements de mode de vie pour produire un effet à long-terme.

L’essai s’étendra sur plusieurs années et concernera des centaines de patients atteints de troubles chroniques modérés à sévères.

Il comprendra des réunions préparatoires, l’administration des médicaments dans des cliniques agréées en présence de thérapeutes et de médecins, ainsi que des séances permettant d’intérioriser et d’analyser les prises de conscience émotionnelles induites par ces substances.

Ce projet vise à endiguer le nombre croissant de personnes souffrant de TSPT qui se tournent vers des traitements psychédéliques non réglementés et illégaux sur le marché noir.

Les composés seront délivrés par les pharmacies hospitalières directement aux thérapeutes agréés le matin même de chaque traitement, afin d’éviter qu’ils ne soient utilisés à mauvais escient ou transmis à des tiers, comme cela s’est produit avec le cannabis médical.

En Israël, comme dans la plupart des pays occidentaux, la MDMA et la psilocybine sont légales à des fins de recherche clinique, y compris pour les essais cliniques, mais pas pour une utilisation ou une prescription régulières.

Keren Tzarfaty, cofondatrice et directrice générale de MAPS Israël, une organisation dédiée à la recherche et à l’éducation dans le domaine des psychédéliques, salue cette initiative. Elle affirme espérer qu’elle constituera une nouvelle étape vers la réglementation de ce domaine et son ancrage dans la recherche.

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