Italie : routes et ports bloqués par des manifestants anti-Israël voulant paralyser le pays

Les dockers veulent bloquer les transferts d'armes vers l'État juif ; de nombreuses grandes villes accueillent des manifestations en soutien à un peuple en voie d'extermination

Des étudiants anti-Israël participant à la grève générale organisée par l'Unione Sindacale di Base (USB Union) à Turin, dans le nord-ouest de l'Italie, le 22 septembre 2025. (Crédit : Marco Bertorello/AFP)

Lundi, dans plusieurs villes italiennes, des manifestations anti-israéliennes et pro-palestiniennes de grèves et de barrages routiers ont été organisées en réponse à l’appel lancé par les syndicats pour « dénoncer le génocide à Gaza » et réclamer des sanctions diplomatiques et économiques contre l’État juif.

Une mobilisation coïncidant avec les annonces très attendues de plusieurs pays ayant décidé de reconnaître un État palestinien à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, dans le sillage de la reconnaissance par le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada et le Portugal dimanche dernier.

L’Italie a toutefois adopté une position plus prudente. Le pays ne reconnaîtra pas d’État palestinien pour l’instant.

Des dockers en grève ont bloqué les routes d’accès au port de Gênes, au nord de l’Italie. Les services de transport ont connu des perturbations. Plusieurs écoles ont été fermées à la suite des grèves, dans tout le pays.

À Gênes, quelques manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens lors de rassemblements organisés aux premières heures de la journée aux abords du port. Un plus loin sur la côte, dans la ville toscane de Livourne, des travailleurs en grève ont bloqué l’accès au port.

Les dockers italiens s’opposent à ce que l’Italie soit utilisée comme plaque tournante pour le transfert d’armes et d’autres fournitures à Israël, en guerre contre le Hamas à Gaza.

Des manifestants défilent derrière une banderole sur laquelle on peut lire « Contre le génocide, bloquons tout » lors d’une grève nationale en solidarité avec les Palestiniens de Gaza et appelant à l’arrêt des livraisons d’armes à Israël, à Rome, le 22 septembre. (Photo : Andreas SOLARO / AFP)

« Le peuple palestinien nous donne encore une nouvelle leçon de dignité et de résistance », a confié Ricky, un manifestant de Gênes appartenant au « Collectif autonome des travailleurs portuaires ».

« Ils nous inspirent, et nous essayons de faire notre part », a-t-il ajouté.

Si les grèves ont été à l’origine de retards et d’annulations pour les trains régionaux à destination de Rome, le métro a pour sa part fonctionné normalement. La majorité des lignes de métro de Milan, la capitale financière de l’Italie, sont restées ouvertes.

Le trafic aérien n’a pas été affecté.

Par ailleurs, des lycéens se sont réunis par centaines devant la gare Termini, brandissant des drapeaux palestiniens et scandant « Palestine libre ! ».

Michelangelo, 17 ans, a expliqué à l’AFP qu’il était venu apporter son soutien à « un peuple en voie d’extermination ».

Des manifestants pro-palestiniens déploient un drapeau palestinien géant lors d’une manifestation organisée dans le cadre de la grève nationale organisée par l’Unione Sindacale di Base (USB Union) à Turin, dans le nord-ouest de l’Italie, le 22 septembre 2025. (Crédit : MARCO BERTORELLO / AFP)

Francesca Tecchia, 18 ans, qui manifestait « pour la première fois », a indiqué être venue parce que « ce qui se passe [à Gaza] est trop important ».

« Nous devons paralyser l’Italie aujourd’hui », a affirmé Federica Casino, une travailleuse de 52 ans manifestant aux côté des étudiants pour dénoncer « la mort des enfants et la destruction des hôpitaux » de Gaza.

« L’Italie parle, mais elle ne fait rien », a-t-elle constaté.

Des manifestations ont également eu lieu dans les villes du nord, Milan et Turin, dans la ville centrale de Florence, ainsi que dans les villes du sud, Naples, Bari et Palerme.

Le gouvernement italien de droite mené par la Première ministre Giorgia Meloni est traditionnellement un soutien d’Israël en Europe. Mais ces derniers mois, un malaise s’est installé au sein de la coalition au pouvoir à propos de la guerre à Gaza.

Le ministre des Transports Matteo Salvini, pour sa part, a minimisé l’impact des manifestations, des rassemblements organisés, selon lui, par un groupe syndical d’extrême gauche.

Des Palestiniens déplacés se déplacent avec leurs biens vers le sud sur une route dans la zone du camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 20 septembre 2025, alors qu’Israël poursuit son offensive terrestre pour s’emparer de la ville de Gaza. (Crédit : Eyad BABA / AFP)

La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, durant laquelle les terroristes ont assassiné plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et pris 251 otages.

Selon le ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le Hamas, plus de 65 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan est toutefois invérifiable et ne fait pas la distinction entre civils et hommes armés.

Israël déclare avoir tué plus de 22 000 hommes armés au combat jusqu’en août, ainsi que 1 600 autres terroristes sur le sol d’Israël lors du pogrom du 7 octobre. Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les civils de Gaza comme boucliers humains, lançant des attaques depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

Le bilan israélien de l’offensive terrestre contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires le long de la frontière avec l’enclave côtière s’élève à 469 morts. Il comprend deux policiers, ainsi que trois prestataires civils du ministère de la Défense.

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