J Street justifie le co-parrainage d’un événement universitaire incluant Hasan Piker

Le groupe libéral dit avoir financé un stand et n'avoir joué aucun rôle dans le choix des intervenants d'un congrès organisé à Washington, DC ; la présence d'un streamer d'extrême gauche controversé suscite de vives réactions

Le streamer d’extrême-gauche Hasan Piker s’exprimant lors d’un meeting de campagne pour Abdul El-Sayed, candidat à la primaire démocrate pour le Sénat américain dans le Michigan, à l’université du Michigan, à Ann Arbor, le 7 avril 2026. (Crédit : Julia Demaree Nikhinson/AP)

JTA — J Street a justifié sa décision de co-parrainer le congrès du College Democrats of America [la branche étudiante officielle du Comité National Démocrate (DNC) aux États-Unis. Ce mouvement s’appuie sur un réseau de 25 fédérations d’État et plus de 600 antennes locales. Il fédère 100 000 membres autour d’objectifs clés : stimuler le vote des jeunes, enseigner l’action politique et soutenir activement les campagnes électorales démocrates.] après que des critiques ont accusé cette organisation pro-israélienne libérale d’avoir apporté son soutien à Hasan Piker, un streamer anti-sioniste d’extrême gauche et l’un des principaux intervenants de l’événement.

Dans un communiqué publié lundi, J Street a indiqué que sa branche universitaire, J Street U, avait dépensé « quelques milliers de dollars pour un stand » et n’avait « joué aucun rôle dans le choix des intervenants, ni dans l’approbation du programme, ni dans la sélection des personnes invitées à prendre la parole lors du congrès ».

« J Street rejette une grande partie des propos tenus par Hasan Piker, ainsi que la manière dont il les exprime. Nous n’hésiterons pas à le dire », a écrit le groupe sur les réseaux sociaux dans un communiqué initialement rédigé par son président, Jeremy Ben-Ami. « Mais nous dénonçons également l’idée selon laquelle la bonne réponse face à son invitation serait d’abandonner les espaces mêmes dans lesquels la prochaine génération de dirigeants démocrates débat de ces questions. »

Le congrès, qui s’est tenu à Washington, DC, de jeudi à dimanche, a accueilli de nombreux intervenants, notamment le représentant Jamie Raskin, un démocrate juif du Maryland, Randi Weingarten, la présidente juive de l’American Federation of Teachers, et Melat Kiros, candidate démocrate socialiste au Congrès pour le Colorado.

Ce communiqué fait suite aux vives réactions de plusieurs personnalités pro-israéliennes, parmi lesquelles l’auteur et podcasteur Dan Senor, l’ancien entraîneur de basket-ball d’Auburn Bruce Pearl et l’historienne spécialiste d’Israël Sara Yael Hirschhorn ; tous ont estimé qu’il était inapproprié, pour un groupe juif, de partager une tribune avec une figure de proue du mouvement anti-israélien.

« Si J Street était au courant qu’il figurait parmi les principaux intervenants et a tout de même décidé de parrainer cet événement, alors il est tombé très bas », a écrit Nadav Pollak, maître de conférences en questions moyen-orientales à l’université Reichman, dans une publication sur X. « Une organisation qui se dit ‘pro-israélienne’ parraine un événement auquel participe l’un des intervenants les plus anti-israéliens. C’est une honte. »

Jeremy Ben-Ami, président de J Street. (Crédit : Michael Brochstein/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)

Le sénateur John Fetterman, démocrate de Pennsylvanie et fervent défenseur d’Israël, s’en est également pris à J Street dimanche, lors d’une interview sur Fox News.

« Même des groupes juifs comme J Street organisent des événements auxquels participent des individus comme Hasan Piker », a déclaré Fetterman. « Hasan Piker… Comment peut-on accepter des gens comme ça ? »

Cette polémique en ligne s’inscrit dans un contexte de divergence croissante sur la question de savoir si les groupes juifs doivent s’engager dans les milieux progressistes, désormais dominés par des voix anti-sionistes de plus en plus influentes, ou plutôt s’en retirer complètement.

Depuis quelques mois, J Street U, la branche universitaire du groupe, se heurte à des résistances venant des deux camps. Au Sarah Lawrence College, par exemple, le conseil étudiant a rejeté une demande de création d’une section locale en raison de son identité sioniste, alors même que J Street était critiqué par la droite pour avoir récemment apporté son soutien à la fin de l’aide militaire américaine à Israël.

Piker, qui a suscité de vives condamnations pour ses propos sur Israël et qui a fait campagne aux côtés de candidats démocrates dits socialistes au Congrès dans tout le pays, a profité de son intervention lors de ce congrès pour appeler à la fin de l’aide militaire américaine à Israël.

« Finissons-en avec les démocrates qui font des compromis, qui cherchent la conciliation et qui nous trahissent », a lancé Piker à la foule lors de son intervention. « Finissons-en avec les réactionnaires fascistes, mais aussi avec les démocrates qui collaborent et coopèrent avec les fascistes, qui financent l’ICE, qui financent Israël, qui contribuent à empoisonner la planète, qui oppriment les travailleurs et qui servent les patrons. »

J Street a affirmé son engagement à défendre son point de vue dans des espaces idéologiquement diversifiés. L’organisation a présenté sa présence au congrès du College Democrats comme visant à bâtir « un rempart contre l’extrémisme ».

« Notre mission n’est pas de prêcher à des convertis. Notre mission est de veiller à ce qu’une voix pro-israélienne et pro-paix se fasse entendre partout où se dessine l’avenir de la politique américaine », a-t-il ajouté. « Si nous abandonnons ces débats à d’autres, nous nous exposons à ce que les voix les plus bruyantes et les plus clivantes finissent par les dominer. »

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