Japon : Victoire du parti d’extrême droite anti-immigration qui dénonce le « capital juif »

Le chef du parti Sanseito, qui dispose désormais de 15 sièges sur 245 à la chambre haute, Sohei Kamiya, nie être antisémite

Le chef du parti d'opposition japonais Sanseito, Sohei Kamiya, s'exprimant au centre de dépouillement des votes, à Tokyo, le 20 juillet 2025. (Crédit : JIJI Press/AFP)

Le parti d’extrême droite japonais Sanseito a gagné du terrain lors des dernières élections législatives qui se sont tenues cette semaine dans le pays, signe de la montée d’un mouvement nationaliste et anti-immigration qui dénonce depuis longtemps le « capital juif ».

Brandissant une bannière « Le Japon d’abord » explicitement inspirée du président américain Donald Trump, le Sanseito a remporté quinze sièges lors des élections à la Chambre des conseillers (chambre haute) dimanche, soit un bond en avant par rapport au seul siège détenu par son leader, Sohei Kamiya. Le Sanseito reste toutefois un petit parti à la Chambre des conseillers, qui compte 248 sièges au total.

La Chambre des conseillers est moins puissante que la Chambre des représentants (chambre basse), où le Sanseito dispose de trois sièges sur 465. Mais les victoires du parti à la Chambre des conseillers ont privé le Parti libéral démocrate (PLD), formation de centre droit au pouvoir depuis sa création en 1955, de sa majorité, déclenchant des appels à la démission du Premier ministre Shigeru Ishiba.

Le Sanseito est né il y a seulement cinq ans, au début de la pandémie de COVID, lorsque Kamiya a créé une chaîne YouTube et s’est constitué une base d’abonnés sur les réseaux sociaux, unis par leur désaffection envers les partis politiques traditionnels. La chaîne s’opposait aux mesures de santé publique, telles que le port obligatoire du masque et la vaccination obligatoire, et colportait des théories du complot selon lesquelles les élites libérales mondiales chercheraient à affaiblir la sécurité et la pureté culturelle du Japon.

En 2022, Kamiya a remporté le premier siège du Sanseito à la Chambre des conseillers. Pendant la campagne, il a publié une brochure dans laquelle il affirmait que les financiers juifs tiraient profit de la peur du Covid, et dans laquelle il déclarait que le parti Sanseito ne « vendrait pas le Japon au capital juif ». Il y a environ 1 000 Juifs au Japon, pour la plupart des immigrants et des expatriés.

Kamyia a nié être antisémite. Selon le journaliste juif Jake Adelstein, il aurait déclaré lors d’une conférence de presse au début du mois : « J’ai des amis juifs et j’ai même été membre de la Société d’amitié Japon-Israël, ce qui a conduit certains commentateurs en ligne à m’accuser d’être une marionnette juive. »

Lors de cette élection, le Sanseito a fait campagne en faveur de la restriction de l’immigration et des capitaux étrangers, du renforcement de la défense et de la limitation des politiques en faveur de l’égalité des sexes et de la diversité. Il a notamment plaidé pour que les femmes quittent le marché du travail et se consacrent à l’éducation de leurs enfants.

Bien que le Japon compte relativement peu d’immigrants (environ 3 % de la population), l’immigration a augmenté depuis les années 1980, lorsque le pays a commencé à accueillir de la main-d’œuvre immigrée en provenance d’Asie et d’Amérique latine. Plus récemment, le gouvernement a assoupli les lois sur l’immigration afin d’accueillir davantage de travailleurs dans un pays confronté au vieillissement et au déclin démographique.

Néanmoins, selon les observateurs locaux, le programme du Sanseito a trouvé un écho auprès des électeurs frustrés par la hausse de l’inflation et la crise du coût de la vie au Japon. Le parti a accusé les immigrants d’accaparer les prestations sociales, de faire baisser les salaires et d’aggraver la criminalité, des allégations relayées par une avalanche de désinformation en ligne.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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