Jérusalem: Cérémonie en hommage à quatre Juifs qui avaient sauvé d’autres Juifs pendant la Shoah

La distinction du Bnai Brith-KKL-JNF a rendu hommage aux héros qui ont pris des risques pour sauver des membres de la communauté pendant la Seconde Guerre mondiale

(De gauche à droite) Paul Giniewski, Shoshana Jansje Litten Serlui, Simha Kazik Rotem et Ellen-Ellie Waterman (Autorisation des familles)

Mardi, quatre Juifs qui en ont sauvé d’autres pendant la Shoah ont été distingués à l’occasion d’une cérémonie qui a été organisée par le Centre Mondial Bnai Brith de Jérusalem et par le Fonds national juif KKL-JNF.

Cet événement annuel, qui en est à sa 24e édition, est l’occasion toute particulière de rendre hommage à l’héroïsme des Juifs qui ont mis leur vie en danger pour en sauver d’autres pendant la Shoah, a déclaré le Bnai Brith.

La cérémonie s’est tenue à Jérusalem, à l’Institut Van Leer.

« En cette journée du souvenir de la Shoah, nous rendons hommage à l’héroïsme des Juifs qui ont sauvé les leurs en ces heures sombres », a déclaré Eyal Ostrinsky, président du KKL–JNF. « Leur histoire nous rappelle que le sionisme renvoie à la renaissance du peuple juif sur sa terre, et qu’il est de notre devoir de continuer à fortifier l’État d’Israël dans l’intérêt des générations à venir. »

La distinction accordée aux Juifs qui en ont sauvé d’autres a été créée en 2011 dans le cadre d’un programme conjoint du Bnai Brith World Center et du Comité pour reconnaître l’héroïsme des sauveteurs juifs pendant la Shoah, afin de lutter contre l’idée reçue que les Juifs ne seraient pas parvenus ou qu’ils n’auraient pas voulu aider leurs pairs. Elle compte jusque là 667 lauréats.

« Les cas de sauvetage de Juifs par des Juifs et l’histoire de ces centaines de Juifs qui ont pris des risques pour sauver leurs frères d’Europe de la déportation et de la mort n’ont pas encore été étudiés comme il conviendrait, pas plus qu’ils n’ont reçu l’attention qu’ils méritent », a déclaré Bnai Brith par voie de communiqué.

« Avec énormément de courage, les Juifs d’Allemagne et de tous les pays de l’Axe et de l’Europe occupée ont usé de subterfuges et ont usé de la falsification, de la contrebande, de la dissimulation et d’autres méthodes pour faire en sorte que les Juifs survivent à la Shoah ou qu’ils puissent s’échapper et trouver un asile. Ce faisant, ils ont contrecarré l’objectif nazi d’anéantissement total des Juifs. »

Les familles des récipiendaires de la Jewish Rescuers Citation lors de la cérémonie de la Journée du souvenir de l’Holocauste du Fonds national juif de la KKL-JNF, le 14 avril 2026 (photographes d’Amos Luzon, KKL-JNF Photo Archive)

Les lauréats de cette année sont :

Shoshana Jansje Litten Serlui, qui dirigeait un lieu de formation de la jeunesse à l’Aliyah, aux Pays-Bas. À compter de l’occupation nazie, en 1940, elle a travaillé avec des réseaux clandestins pour falsifier des documents, cacher des personnes et organiser leur évasion. Elle a continué à protéger ses élèves alors même que les déportations s’intensifiaient. Capturée par la SS en 1944, elle a succombé à une marche de la mort en 1945. Son mari a été assassiné à Auschwitz.

Ellen-Ellie Waterman,, elle aussi originaire des Pays-Bas, a joué un rôle clé dans la falsification de papiers d’identité et la mise à disposition de cachettes. Une fois passée dans la clandestinité, elle a continué à aider des centaines de Juifs à se cacher malgré l’arrestation de membres de la résistance.

Simha Kazik Rotem, un combattant du soulèvement du ghetto de Varsovie, s’est servi de son physique, qui le faisait prendre pour un non-Juif, pour aller et venir entre le ghetto et le monde extérieur. Il a fait passer des armes en contrebande et il a permis à des dizaines de combattants de s’évader par les égouts, lorsque le soulèvement a été réprimé. Il a immigré en Israël après la guerre.

Paul Giniewski, membre actif de la résistance sioniste française, a risqué sa vie en livrant de faux documents et en recrutant des personnes pour cacher des Juifs. Arrêté à plusieurs reprises, il a survécu à la guerre et est devenu par la suite un journaliste de renom en France.

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